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L?étau se resserre autour d?un réseau de passeurs
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L?étau se resserre autour d?un réseau de passeurs
Un sergent affecté au PIO de Plaisance en cellule policière? Les enquêteurs tentent maintenant de mettre au jour l?organigramme de ce réseau de passeurs et de découvrir le nombre de clandestins qu?ils auraient réussi à faire transiter par Maurice.
Venus tout droit de la République populaire de Chine, ces hommes et ces femmes espéraient prendre un nouveau départ. Dans un des pays d?Europe où, ils en étaient persuadés, une vie meilleure les attendait.
Quitte à y entrer clandestinement.
Mais avant d?atteindre l?Eldorado tant promis, ils ont dû faire une petite escale de quelques heures par Maurice afin de se voir remettre de faux passeports.
Ce petit manège, qui durait depuis des mois, a attiré l?attention des autorités mauriciennes.
Le pot aux roses a finalement été découvert le 8 septembre dernier. Ce jour-là, deux ressortissants chinois, Zunlong Zhou, âgé de 22 ans, et Dibi Wu, âgé de 28 ans, sont arrêtés alors qu?ils sont en possession de deux faux passeports britanniques. Les deux compatriotes étaient sur le point d?embarquer sur le vol MK 851 à destination de Londres.
Au même moment, deux autres personnes, Ping Chiu Chiu, et Chi Tak Wen, tous deux âgés de 42 ans, sont arrêtés par les enquêteurs de l?Adsu. Ce dernier est soupçonné de faciliter l?émigration clandestine de ressortissants chinois vers les pays d?Europe.
Ce sont des officiers du passport and immigration office (PIO), intrigués par les fréquentes « escales » d?individus en provenance de Chine qui s?envolaient aussitôt pour l?Europe, qui ont mis le doigt sur cette affaire . « Ces personnes ne passaient en général que quelques heures sur le sol mauricien, le temps de récupérer leurs faux passeports auprès de leurs contacts locaux, avant de reprendre l?avion pour un autre pays », laisse entendre un enquêteur proche du dossier. Et d?ajouter qu?il a fallu de longues semaines de recoupements d?informations et d?enquête pour arriver à identifier les têtes pensantes de ce réseau. Du moins pour ce qui est de la branche mauricienne.
Les enquêteurs pensent, en effet, que Chi Tak Wen serait un intermédiaire chargé de remettre les faux documents aux candidats à l?émigration. Lorsqu?il a été arrêté en compagnie de son complice, il s?apprêtait à s?envoler pour l?Afrique du Sud, d?où il aurait pris un vol pour Hong-Kong.
<B>Complicité interne</B>
Lors de leur interrogatoire, Zunlong Zhou et Dibi Wu expliqueront pour leur part aux enquêteurs avoir remis à leurs passeurs la somme de Rs 31 500 (1 000 dollars US) pour obtenir ces deux faux passeports britanniques. Les quatre suspects ont été placés en détention policière et devraient être de nouveau interrogés cette semaine.
Chargés de l?enquête, les membres de l?Adsu comprennent vite que ce réseau n?aurait pu opérer sans une complicité interne au PIO. C?est ainsi qu?ils procèdent, mardi à l?arrestation du sergent Dalajee Hoorpah, affecté au PIO de l?aéroport de Plaisance. Les policiers auraient, en effet, appris que le sergent aurait été de service les jours où des ressortissants chinois embarquaient sur des vols à destination de la Grande-Bretagne et d?autres pays d?Europe quelques heures à peine après avoir foulé le sol mauricien.
Toujours selon les enquêteurs, il aurait aidé Dibi Wu à faire tamponner son passeport, alors que celui-ci n?était pas valide. Le sergent Dalajee Hoorpah a été présenté au tribunal de Mahébourg mercredi sous une accusation provisoire de « aiding a person to commit an offence ». Les policiers ayant objecté à sa remise en liberté sous caution, il a été maintenu en cellule policière. Lors de son interrogatoire, le sergent Hoorpah aurait fourni aux enquêteurs les noms de certaines personnes impliquées dans ce réseau.
Les policiers tentent maintenant de mettre au jour l?organigramme de ce réseau et de découvrir le nombre de clandestins qu?ils auraient réussi à faire transiter par Maurice. « Ce trafic durait depuis plusieurs mois déjà. Nous pensons que le nombre de candidats à l?émigration clandestine varierait entre 30 et 50. Mais nous sommes pour le moment dans l?impossibilité de connaître le nombre exact », explique-t-on dans le milieu des Casernes centrales.
<B> « Une logistique impressionnante » </B>
Les passeports remis aux ressortissants chinois, confient les enquêteurs, auraient pu être fabriqués à Maurice. Ce qui laisse à penser que les responsables bénéficiaient de l?aide d?un réseau de faussaire. Ce dernier aurait fourni des faux passeports de différents pays afin de faciliter l?entrée des clandestins sur le sol européen. « La logistique mise en place par ce réseau est impressionnante, sans parler de la complicité interne au sein même du PIO », confie un membre de l?Adsu.
Pour Zunlong Zhou et Dibi Wu, le voyage vers la terre promise s?est brutalement achevé à l?île Maurice. Ils pourraient être renvoyés, à l?issue de l?enquête policière, dans leur pays. Loin, très loin, de la destination voulue.
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