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L?État décide de construire une deuxième cybertour
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L?État décide de construire une deuxième cybertour
Le taux d?occupation de la cybertour d?Ebène atteindra 75 % d?ici décembre prochain, balayant du coup toutes les craintes exprimées de part et d?autre. À tel point que Business Parks of Mauritius Co Ltd (BPML) a immédiatement décidé de modifier le projet de construction initial d?un bloc administratif (quartier général, bureaux) en un ?bâtiment intelligent?. Une deuxième tour sera donc construite.
?Nous comptons concrétiser rapidement ce projet et ciblons la fin de l?année prochaine pour compléter les travaux. L?avenir des activités des Tic s?annonce brillant?, dit Chand Bhadain, président de la BPML.
Ce projet sera discuté au board de cet organisme dès cette semaine. Son coût, financé par le BPML, est estimé à Rs 360 millions pour une surface totale de 160 000 pieds carrés sur dix étages - la cybertour actuelle couvre elle 450 000 pieds carrés. Le début des travaux est prévu sous un mois environ.
Le projet du bloc administratif prévu à l?origine n?est pas pour autant abandonné. BMPL y investira Rs 650 millions pour les 250 000 pieds carrés nécessaires. Egalement proche de la cybertour, il pourrait être opérationnel dès le premier semestre 2006.
Optimisme justifié
Pour l?heure, 15 compagnies ont signé leur contrat d?installation dans la cybertour d?Ebène. Sept d?entre elles, venant d?Europe, des États-Unis et de l?Inde, sont déjà en activité et emploient environ 400 personnes. Elles sont engagées dans l?opération de centres d?appels, dans des activités d?externalisation (Business Process Outsourcing - BPO), et dans le développement de logiciels.
Les huit autres ont confirmé le début de leurs activités d?ici la fin de l?année. Le nombre d?emplois dans la cybertour passera alors aisément à 1 500.
L?optimisme de BMPL s?appuie notamment sur l?évolution du personnel de Infinity BPO, une des sept entreprises déjà en opération. Cette compagnie projette d?augmenter son effectif actuel de 250 personnes, à 600 d?ici décembre. Elle a débuté modestement avec une quarantaine d?employés.
Une autre grosse pointure américaine a exprimé son intention de commencer ses opérations dans la cybertour avant la fin de l?année. Elle compte y occuper tout un étage, plus d?autres espaces dans le nouveau bâtiment intelligent prévu. ?Avec les baux signés, la cybertour est opérationnelle à 60 %, taux qui passera à 75 % d?ici décembre, tenant compte des intentions exprimées et confirmées par d?autres compagnies. Nous sommes on target pour les objectifs fixés?, affirme Chand Bhadain, convaincu que la cybertour sera entièrement opérationnelle au cours du premier trimestre de l?année prochaine.
Une situation qui réconforte la BPML sachant qu?en Inde, à Dubayy, et même dans certains pays d?Europe, les cyberparcs ont été entièrement occupés au bout de deux ans au moins.
Autre projet de BPML, le développement d?un cyberparc à Rose-Belle. Avant fin septembre, les contrats pour les travaux d?infrastructures ? eau, électricité, routes et téléphone ? seront alloués. Outre un bâtiment intelligent, le site abritera un espace commercial et une zone industrielle pour des activités liées à l?ingénierie légère, le tout sur une superficie de 60 arpents.
Pour la création de cette ?business zone?, environ 25 lopins de terre d?un arpent chacun seront loués à bail au privé pour une période de 30 ans, renouvelable.
Développant son marketing des espaces pour le secteur des Tics, la BPML participera à la Birmingham Call Centre Expo (BCCO) prévue les 29 et 30 septembre. La présence mauricienne comprendra le National Computer Board, le Mauritius Telecom et la Financial Services Promotion Authority, sous la direction du Board of Investment (BOI). Réunis dans un même stand, ces organismes feront la promotion de Maurice comme destination de choix pour l?investissement dans les Tics.
Pradeep Jeeha, ministre de la Technologie informatique et des télécommunications dirigera la délégation. Il aura la charge de présenter Maurice comme destination pour les différentes activités de Tics. La participation du secteur privé à cette délégation est à l?étude.
Marché diversifié
Jusqu?ici, les centres d?appels se sont concentrés sur le marché français. C?est le cas également pour les activités des BPO. Le BOI souhaite élargir le marché et la présence des organisations mauriciennes à la foire britannique de Birmingham s?inscrit dans cette logique. Déjà certaines compagnies établies à Maurice travaillent sur le marché britannique et le potentiel pour l?exploiter davantage existe.
Cependant, l?exploitation de centres d?appels intéresse toujours les Français. La délégation d?une société française ? un des leaders mondiaux dans ce secteur ? est attendue cette semaine. Elle vient prospecter le marché local et, si les négociations avec les autorités aboutissent, elle pourrait délocaliser vers Maurice son centre de données et installer, en même temps, un centre d?appels sur place.
Son installation dans la cybertour n?est pas exclue. Cette délocalisation représenterait des avantages pour Maurice, tant au niveau de la valeur ajoutée que du transfert de technologies.
Cette visite d?une délégation française de haut niveau fait suite à la participation mauricienne au Salon européen de centres de contacts et de la relation client (SeCA) tenue à Paris en mai dernier. Maurice avait retenu leur attention comme destination pour centres d?appels.
Déjà en juin dernier, un représentant de cette société était venu évaluer sur place les potentiels de Maurice, en vue d?une implantation éventuelle.
Maurice, qui joue désormais dans la cour des grands, offre, selon le BOI, bien plus d?avantages que ses principaux concurrents en Afrique (tels le Sénégal, la Tunisie et le Maroc) : la flexibilité sur le marché du travail, les infrastructures, les incitations fiscales et la qualité de la main-d??uvre.
CHIFFRES DU SECTEUR
Une croissance encourageante.
■ Actuellement 60 compagnies opèrent à Maurice dans le secteur de la technologie informatique et dans celui de l?externa-lisation, contre 20 en 2002. C?est depuis le début de l?année dernière que ce secteur a connu un véritable dynamisme dans la création, avec un taux de croissance de 130 %.
Les compagnies françaises et mauriciennes occupent 41 % et 33 % du marché respectivement. Le reste est partagé entre des firmes indienne, britannique, taiwanaise, américaine, suisse, autrichienne et luxembourgeoise.
De ces opérateurs, 22 pratiquent dans le secteur d?externalisation, 18 dans les centres d?appels et 10 dans le développement des logociels. Elles emploient environ 2 300 personnes, dont 1260 pour les centres d?appels. Avec les investissements prévus, la BOI s?attend à ce que le nombre d?emplois double au cours de la présente année financière.
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