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King à plus forte raison
Une fois qu?on s?y habitue, le succès dit-on, se banalise. Mais King, artiste révélation de l?année 2005, malgré une longue carrière passée sous silence, ne s?habitue toujours pas au succès. Il n?a d?ailleurs pas de définition, n?explique pas son «coup de chance», et explique encore moins le phénomène qu?il est devenu. L?essentiel pour lui, c?est de rester fidèle à lui-même, à ses engagements auprès de celui qui l?a sorti du gouffre : Dieu.
Personne donc, avec la fin d?année qui approche, ne passera à côté des rythmes entraînants, des synthétiseurs et de cette voix métallique, un tantinet électro de Jenkins Keejoo, que tout le monde connaît désormais sous le nom de King. Sur ce disque, c?est une imposante section de rythme cadencé, une sorte de festive escapade teintée des airs d?aujourd?hui.
Mais à y écouter de plus près, King reste fidèle à ses engagements spirituels et évite les pièges des chansons sans âme et faciles à retenir. Chacun de ses textes est travaillé. L?artiste s?aventure avec une bonne dose d?énergie à poursuivre sa mission d?évangélisation, à travers ce ragga et cette musique électronique que l?on affectionne tant aujourd?hui.
L?artiste met ses convictions à profit, se teinte de conscience sociale et se pose encore plus dans ses refrains entêtants, enrobés de charmants montages sonores. On se laisse rapidement gagner par ces chansons faussement simples et cette ambiance d?ensemble très prenante. King a ainsi trouvé la recette du succès, même s?il le nie.
<B>Nouvelle mission</B>
«Mo ena enn vision. Mo ti envi partaz enn cado. Zordi, ce kine sanze, c?est bann la porte kine ouvert plis pou moi.» Celles des radios notamment, mais aussi celles d?un public plus vaste. Depuis le succès de Let me fly, son public s?est élargi au point d?attirer des fans de 7 à 77 ans. «Mone envi reste mo meme, malgre enn public pli nombreux zordi. Le succes permette moi fer passe bann messaz qui habit moi.»
Chacune des chansons de cet album vient du c?ur et chacune d?elle, interpelle à sa manière. Cet album fait maison par King, reste donc un disque très personnel.
« J?y ai mis beaucoup du mien, mais à aucun moment je n?ai voulu que ce disque soit très différent du précédent. C?est une sorte de continuité avec une touche sociale parce que les problèmes sociaux me touchent beaucoup.» Le morceau Stop! qui parle du délicat problème du suicide, en dit long sur la nouvelle mission sociale de King.
La sincérité de sa démarche artistique a de quoi toucher. Reason, l?album qui confirme le talent de King, devrait donc le classer au rayon des chanteurs locaux avec qui il faut désormais compter.
En attendant la sortie de son DVD et du CD live de son dernier spectacle, Reason, I don?t believe, Let me be yours ou encore Stop ! vont devenir les nouveaux favoris des radios locales. En supplément sur ce maxi-four, la version remixée de Let me fly, histoire de boucler la boucle.
<B>Mighty Jah maintient le cap</B>
<B>Curtis, Johnny et Wesley, les trois chanteurs de Mighty Jah, enrichissent leur carrière en sortant leur deuxième opus. Un disque très attendu qui devrait entretenir la ferveur des fans. </B>
Voici venir l?étape la plus importante. Prouver que le talent va au-delà du succès d?un seul morceau. Mighty Jah veut donc que ce deuxième opus succède dignement au précédent. Objectif : maintenir le cap pour poursuivre le changement imposé par le morceau phare du groupe : Sanz twa. Fer enn zéfor succède ainsi à Sanz twa, sur le deuxième album des Mighty Jah. Il ne pouvait en être autrement.
Cet album reste dans la même veine que le premier. Il va donc souffler d?autres morceaux de conscience sociale pour avertir autant que distraire. Et même si le temps a paru long, que leur patience a été mise à rude épreuve, et continue à l?être ? ce disque ne devrait pas être disponible avant la fin du mois de novembre. Johnny Lagraveur, Curtis Empeigne et Wesley Cangy ont eu le c?ur à l?ouvrage.
La fièvre Mighty Jah n?est pas retombée depuis décembre 2004, alors que Sanz twa faisait figure de favori dur les ondes des radios. En même temps, la campagne électorale battait son plein. Comme un parti politique pronait le même slogan, les Mighty Jah y ont vu l?occasion de répandre leurs morceaux. Après ce frottement avec la politique qui les a laissés plutôt amer, ces trois garçons de Baie-du-Tombeau veulent faire oublier cette erreur de jeunesse.
Etre associé au changement promis et qui s?est depuis plutôt volatilisé, a quelque peu terni leur élan. Certes, ils auraient eu tort de ne pas saisir l?opportunité de se faire davantage connaître à l?époque, mais ils ont payé cher leur audace. «Noun envi ki nou la mizik reconnaite. Zordi, dimoune deman nou kot sanzman la ete et nou pena reponse. Aster, nou pou reflesi a de foi avan nou remele nou avek politik,» explique Curtis.
Le chemin vers ce deuxième disque a été tortueux. D?abord, ils ont dû se défaire de leur précédent producteur, pour en trouver un de plus fiable. «Dimoune kroir ki zis pirataz ki fer artiste moriscien di tort, me ena aussi bane prodikter ki pirat banne artiste. Au debit zot servi ou briyani apres zot donn ou dipain rassis ! » s?insurge Wesley.
<B>Musique fusionnelle</B>
Ce n?est qu?une fois les mauvaises notes dissipées, et un autre producteur sur qui s?appuyer, que les premiers jours de travail ont pu commencer au studio Lindo Sono Tronic. Il y a deux ans donc, les Mighty Jah étaient inconnus au bataillon.
Aujourd?hui ils figurent parmi les nouveaux groupes locaux qui montent. Malgré leur vingtaine d?années, ils savent la fragilité du succès. «Nou bizin gard nou dan mem hoter. Tou la montan ena so la descente, » explique joliment Johnny. Malgré le succès, ils sont toujours ces trois garçons travailleurs, d?origine modeste de la NHDC de Baie-du-Tombeau.
Le succès aurait pu leur monter à la tête, surtout après avoir chanté leur musique fusionnelle en Angleterre en décembre l?année dernière. « Tou ce kine arrive nou, c?est enn mari lexperians. Zame nou ti pou kroir nou ti pou arriv aussi loin ar nou la mizik,» commente Wesley. Une belle réussite en effet. Porté par le contact avec le public, Mighty Jah veut poursuivre sur la route du succès, avec des textes forts et cette envie d?amener plus loin la musique locale.
<B>Gavin Soodin
Episode II</B>
<B>Voici l?épisode 2 de l?aventure musicale de Gavin Soodin et de son Ragga Indiz . Après Mone envie trouv twa, l?étudiant de l?Université de Maurice devenu artiste par passion, revient avec un disque qui veut tout dire : La Mizik mo passion. </B>
Gavin Soodin est un jeune homme occupé. Son ton pressé au téléphone l?indique, le rendez-vous manqué le confirme. Il a pris moins d?un an pour revenir sur les devants de la scène avec l?épisode 2 de son Ragga Indiz, mélange de ragga et de l?hindi. Ce qui fait de lui forcément, un jeune homme très occupé.
Le succès populaire de Mone envie trouv twa lui a fait pousser des ailes. La Mizik mo passion, titre révélateur, porte ainsi sa démarche artistique vers de nouveaux sommets.
Avec des sonorités fortes et harmonieuses, qui font la gloire de notre culture mixte, Gavin Soodin signe des chansons inspirées de son vécu. Ils s?amusent, donne parfois à réfléchir, et propose sans fard de la musique originale à danser les jours de fête.
Il offre dans la foulée sa vision du monde, ses aspirations de jeune homme, son envie de meilleur pour tous. L?artiste donne le meilleur de lui-même, et c ?est peut-être là, le secret de son succès.
Ses chansons ont été omniprésentes sur les radios, sans parler de sa présence lors de divers concerts de charité organisés ici et là. Tout cela a scellé son image d?artiste vrai, prêt à s?engager pour une société où il fait bon vivre.
<B>Mêmes complices</B>
Pour se donner les moyens de réussir ce nouveau disque, il s?entoure des mêmes complices que pour le précédent : Patrick Antoine pour les arrangements musicaux, Amit Ramjit, journaliste à la MBC et président du Music Club de l?Université de Maurice et d?Aartee Beekhary, révélation et lauréate du concours de chant Hum Tum. Voici donc un disque frappé de fraîcheur qui rappelle les bons tons de Bollywood, tout en restant très mauricien. Cerise sur le gâteau : I will come back to you, un slow rock inspiré, avec des guitares aux courants électriques.
Plus mûr depuis son Mone envie trouv twa, Gavin Soodin ne se contente pas seulement de distraire. Il ne joue pas les va-t-en guerre non plus, mais propose, au bout de quelques accords, quelques notes philosophiques, comme sur Vive to lavie, ou encore sur Combate pou l?initer. «Lamizik mo passion», abrite de jolies trouvailles, et indique que le Ragga Indiz de Gavin Soodin est devenu le nouveau phénomène de mode. Les radios du pays ont de quoi alimenter leur grille de programmation.
<B>Quintette Dzahri
Des musiciens dans le vent</B>
Les cinq jeunes musiciens du Quintette Dzahri donneront trois concerts à Maurice. Ce soir, Eglise St Augustin, Rivière Noire à 20h, le vendredi 10 novembre au Conservatoire François Mitterrand, Quatre-Bornes et samedi 11 novembre, à l?Eglise de la Salette, Grand-Baie.
Formé en 2003, ce quintette à vent est composé d?étudiants du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon et dirigé par la clarinettiste Emmanuelle Brunat, qui vient d?obtenir son diplôme d?Etat de professeur.
A ses côtés, Aurélie Bécuve, flûtiste, qui a reçu le prix de flûte et de musique de chambre. Diplomée cette année du Conservatoire, elle a joué dans plusieurs orchestre, dont l?Orchestre de Paris, l?Orchestre National de Lyon, avant de rejoindre le Quintette Dzahri.Jérémy Tinlot, corniste, né à La Réunion, a commencé ses classes au conservatoire de la Réunion avant de rejoindre Lyon.
Au hautbois, Céline Heurtier, qui a notamment participé à l?Orchestre Français des jeunes et à plusieurs orchestres au sein de l?Orchestre National du Capitole de Toulouse.
Et enfin, Etienne Buet, bassoniste, 1er prix du concours «Jeunes talents de l?Ouest » qui lui a permis de tourner au sein de l?Orchestre National de Bretagne. Leur répertoire fera la part belle aux compositeurs ayant écrit pour quintette à vent (Hindemith, Berio, Ligeti?), sans oublier des pièces diverses et retranscrites pour leur formation (Dvorak, Mozart, Haydn?).
Les jeunes musiciens ont décidé de venir à Maurice, non seulement pour se produire en concert, mais également pour apporter leur soutien au projet initié par le père Laslande d?une école de musique destiné aux enfants défavorisés de la région de Tamarin. Ecole pour l?instant tenue par Zanzak Arjoon.
Les recettes des différents concerts aideront l?école à se développer, notamment pour l?achat d?instruments de musique. Le Quintette Dzahri fera aussi une donation d?une clarinette et d?un cor, durant leur séjour à Maurice. Renseignements et réservations chez Otayo. Tél : 466 99 99
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