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Kidnappé et roué de coups par erreur
Rajen, (prénom fictif), s?est fait kidnapper, rouer de coups et voler. Tout ça parce que ses agresseurs ont cru qu?il entretenait une liaison amoureuse avec une de leur connaissance. Réalisant bien trop tard qu?il y avait erreur sur la personne, ils l?abandonnent, gisant sur le sol, et prennent la fuite. Deux des quatre agresseurs ont été arrêtés le soir même.
La victime, un homme d?une quarantaine d?années, se remet petit à petit de cette nuit mouvementée. Il est peu avant minuit lundi, lorsque ce père de famille part travailler. Cet habitant des Plaines-Wilhems, propriétaire d?un van, est chauffeur dans une entreprise textile située à Coromandel. Il est, en effet, chargé de transporter les employés sur leur lieu de travail le matin, avant de les récupérer le soir venu pour les ramener chez eux.
« Il n?y a jamais eu de problèmes de ce genre ici. D?après ce que nous avons cru comprendre, ils l?ont pris pour quelqu?un d?autre et ils ont voulu régler leurs comptes », laisse entendre un employé de l?entreprise, qui avait l?habitude d?emprunter le van pour regagner son domicile après le travail.
<B>« To kontan trap fam to kamouad »
Il est peu après minuit lorsque Rajen arrive à Coromandel. Il gare son véhicule non loin du bâtiment principal et décide d?attendre à l?intérieur que les employés finissent leur travail. Ce sera là son erreur. Quelques minutes plus tard, il aperçoit dans l?obscurité quatre silhouettes qui s?approchent. Il n?y prête pas attention et se replonge dans ses pensées.
Mais deux de ces individus cognent à plusieurs reprises sur le véhicule, le forçant à réagir. Pendant ce temps, les deux autres complices ouvrent la porte du côté du conducteur, avant de menacer l?employé. Tous montent à bord du van et se dirigent vers un terrain de football, situé à quelques centaines de mètres de là.
Sur place, les malfaiteurs traînent leur victime de force à l?extérieur, avant de lui porter des coups à la tête. Après l?avoir immobilisée au sol, les malfaiteurs lui auraient dit : « To contan trapp fam to kamouad twa. Ki to pe fer ek Mary-Jane. »
Ne sachant pas très bien ce qui lui arrive, le chauffeur tente de leur faire comprendre qu?ils font erreur et qu?il ne connaît aucune Mary-Jane. Sceptiques, ses assaillants n?en croient pas un traître mot et exigent qu?il mette un terme à cette relation sous peine de représailles. « Mo finn dir zot ki mo pas konn sa madam la mais zot finn dir mwa arret koz menti », expliquera-t-il plus tard dans sa déposition.
Il tente en vain de leur faire comprendre qu?il n?entretient aucune relation avec cette dénommée Mary-Jane. Les coups n?y font rien. Il ne changera pas de version. Les quatre individus comprennent finalement qu?ils ont fait erreur sur la personne. Sans rien dire, ils prennent aussitôt la fuite et abandonnent le chauffeur, non sans avoir fait main basse sur le lecteur CD de son véhicule, son téléphone cellulaire, ainsi que l?argent qu?il avait en sa possession.
Blessée mais consciente, la victime parvient tout de même à regagner son véhicule et à prendre la route. Il ne faut pas longtemps pour qu?elle croise un véhicule de police en patrouille. À bout de souffle, elle leur confie sa mésaventure et donne la description de ses agresseurs.
<B>Armés de barres de fer</B>
Visiblement choqué par les événements de la nuit, Rajen a été conduit d?urgence à l?hôpital Jeetoo où il a été placé en observation pour la nuit. Deux des quatre suspects seront arrêtés peu après par la police, alors qu?ils s?enfuyaient à motocyclette. Tous deux étaient armés de barres de fer. « Ils n?ont pu expliquer la provenance des barres de fer qu?ils avaient en leur possession et comme ils correspondaient à la description faite par la victime, nous les avons interpellés sur place », laisse entendre l?un des enquêteurs proche du dossier. Ils ont immédiatement été amenés au poste de police pour être interrogés, avant d?être placés en détention.
Ce n?est que le lendemain matin que Rajen s?est rendu aux Casernes pour y consigner une déposition. Il a, par la suite, pu regagner son domicile. Du côté de la zone industrielle de Coromandel, nombreuses sont les entreprises à avoir pris des dispositions pour empêcher qu?une telle chose ne se reproduise à l?avenir.
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