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Khushiram : “le textile est victime de facteurs externes”

4 novembre 2004, 20:00

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Le gouvernement réagit sur le dossier du textile-habillement face à l’opposition qui attribue les difficultés de ce secteur et les nombreuses pertes d’emplois à l’inaction des autorités. Le ministre de l’Industrie et des Services financiers, Sushil Khushiram, est monté au créneau hier pour, dit-il, “rétablir les faits”.

En gros, l’argument principal du ministre est que l’industrie mondiale du textile est en crise en raison de l’abolition des quotas et de la montée en puissance de la Chine. De plus, Maurice a subi les effets de facteurs externes qui ont aggravé une situation déjà difficile.

Néanmoins, le ministre affiche un optimisme mesuré. Le pire est derrière nous et l’année prochaine serait une bonne année pour le textile.

Sushil Khushiram reconnaît les difficultés du textile et de la confection. Les chiffres parlent d’eux mêmes. L’industrie a connu une contraction de 6% en 2002 et en 2003. Cette année on prévoit une nouvelle réduction de 1%.

Au niveau de l’emploi les chiffres sont encore plus parlants. Entre janvier 2003 et juin 2004 le secteur a perdu 27 000 emplois et en a créé 10 000. Les pertes nettes s’élèvent donc à 17 000 emplois. Néanmoins, Sushil Khushiram explique que parmi les 27 000 emplois perdus, 16 000 l’ont été suite à des fermetures d’usine. De ces 16 000, la majorité, soit 13 000 emplois, est à mettre sur le compte des entreprises hongkongaises qui ont quitté Maurice.

Le départ de ces dernières est directement lié à l’abolition des quotas en janvier prochain. Les entreprises honkongaises sont venues à Maurice à cause des quotas et elles repartent lorsqu’il n’y en a plus, pour s’implanter en Chine.

L’abolition des quotas est le plus grand problème qui menace l’industrie textile à travers le monde. Si l’élimination des quotas était programmée, l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) change drastiquement les données du problème.

Ainsi, selon des études internationales, 25 millions d’employés du textile et de la confection perdront leur job. Tous les pays sont concernés, les pays développés comme les États-Unis aussi bien que les pays pauvres comme le Bangladesh, qui risque de perdre 1 million d’emplois.

Outre les effets de l’abolition des quotas, Sushil Khushiram cite aussi d’autres facteurs qui ont contribué aux difficultés du textile-habillement ces dernières années.

Restructurer le secteur

Les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont entraîné une morosité au niveau de l’économie mondiale et ont affecté nos principaux marchés d’exportation.

En 2002, la crise sociale et politique à Madagascar a également affecté l’industrie textile locale qui avait d’importantes productions dans ce pays. Témoin de l’impact de cette crise les exportations de matières premières de Maurice vers la Grande île sont passées de Rs 1,8 milliard en 2001 à moins de Rs 600 millions en 2002 et 2003.

La faiblesse du dollar sur le plan international n’a également pas aidé. L’appréciation de la roupie par rapport au billet vert a affecté la compétitivité des exportations. “Le problème de l’industrie textile est essentiellement un problème lié à des causes externes”, conclut Sushil Khushiram.

Sur le plan local, le gouvernement fait tout pour aider les entreprises à se restructurer afin de faire face aux défis. “Il est faux de prétendre comme le leader de l’opposition et le député Xavier-Luc Duval que le gouvernement ne fait pas suffisamment pour aider ce secteur”, insiste le ministre. Pour lui l’initiative de la Textile Emergency Support Team (TEST) a donné des résultats positifs et satisfaisants. “La TEST est comme une clinique ouverte pour les entreprises malades. Elles peuvent y trouver la guérison. Mais c’est à elles de voir si elles veulent aller à la clinique ou non”, commente le ministre.

A ce jour de nombreuses entreprises ont eu recours à la TEST, à un niveau ou à un autre. Une cinquantaine se sont soumises à un diagnostic. Cinq d’entre elles ont bénéficié de l’intervention des consultants de Kurt Salomon and Associates pour revoir leur système de production.

Seize entreprises se sont soumises à un audit de leurs forces et faiblesses pour ensuite prendre des mesures correctives tandis que neuf autres ont adopté la méthode Gemba Kaizen pour améliorer leur productivité. La TEST a également permis à cinq entreprises de restructurer leurs dettes. “Globalement la TEST a touché une trentaine d’entreprises qui sont maintenant en meilleure position pour survivre à la compétition”, soutient Sushil Khushiram.

Pour le ministre, l’industrie du textile a déjà vécu l’épisode le plus douloureux de sa restructuration et des effets de l’abolition des quotas. Il en veut pour preuve qu’au cours des six derniers mois la situation s’est stabilisée au niveau de l’emploi. Mieux encore, Grove Industries, entreprise hongkongaise sur le départ a finalement choisi de rester.

“Nous n’avons pas eu de chance avec les facteurs externes mais le cyclone est passé. Je pense que Maurice est en mesure de relever les défis”, dit-il.

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