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Khemraj Reetun, Président du Mauritius Institute of Professional Accountants
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Khemraj Reetun, Président du Mauritius Institute of Professional Accountants
● <B> Quels sont le rôle et les objectifs du Mauritius Institute of Professional Accountants (MIPA) ? </B>
Le MIPA est une structure mise sur pied dans le sillage du Financial Reporting Act, adopté par le Parlement en novembre 2004. Cette loi fait provision pour la création de plusieurs organismes, à savoir le Financial Reporting Council, le Mauritius Institute of Directors, le National Committee on Corporate Governance et le MIPA. Le nouvel encadrement légal et institutionnel a pour but de contribuer à l?assainissement du monde des affaires à Maurice.
Le MIPA fait fonction de l?ordre des comptables à Maurice. Le pays compte quelque 1 500 experts-comptables. Selon le Financial Reporting Act, tous les comptables qui sont reçus par les corps suivants, à savoir l?Institute of Chartered Accountants in England and Wales, l?Institute of Chartered Accountants of Scotland, l?Institute of Chartered Accountants of Ireland, l?Association of Chartered Certified Accountants, l?Institute of Chartered Accountants of India, le Chartered Institute of Management Accountants et le South African Institute of Chartered Accountants devront se faire enregistrer auprès du MIPA. Au cas échéant, ils ne seront pas considérés comme des comptables professionnels (experts-comptables) au terme de la loi. Tous ceux qui exercent au sein de notre profession devront être membres de l?ordre des comptables. Ceux qui ne l?ont pas encore fait doivent le faire le plus tôt possible.
● <B>Pourquoi est-il important de mettre de l?ordre au sein de ce corps de métier ? </B>
Un des objectifs du MIPA est de promouvoir les meilleures pratiques au sein de la profession. Nous comptons publier un code de bonne conduite pour nos membres, basé sur les modèles qui ont fait leurs preuves ailleurs. Nous avons la responsabilité de mettre en place les règles touchant à la profession et de prendre les sanctions qui s?imposent lorsque les membres les enfreignent.
Le MIPA a le pouvoir de réguler la profession. Nous sommes en train de mettre en place un système d?autorégulation solide et crédible. Notre organisme peut instituer des comités disciplinaires pour enquêter dans des cas de comportement douteux. Nous prévoyons aussi des instances d?appel. Ces structures comprendront des experts-comptables et des légistes.
Nous voulons améliorer le niveau de professionnalisme au sein de notre métier. Nous constatons que beaucoup de personnes se présentent comme des comptables professionnels sans qu?elles aient les qualifications nécessaires.
Il est grand temps de clarifier l?appellation du terme comptable puisqu?il y en a une utilisation abusive. Certaines personnes qui ne font que du book-keeping se font appeler comptables. Le MIPA entend aussi accorder une attention particulière à la formation continue de ses membres.
● <B>Quels sont les perspectives d?avenir pour les professionnels de la comptabilité ? </B>
Nous encourageons nos membres à devenir plus mobiles sur le plan global. Nos compétences peuvent être exportées ailleurs. D?abord au niveau de la région. La Réunion compte seulement 120 experts comptables et Madagascar une soixantaine. Nos professionnels peuvent exercer dans ces marchés, moyennant un programme de reconversion au système français. D?autre part, l?adhésion aux International Financial Reporting Standards permet aux praticiens de travailler dans d?autres marchés plus sophistiqués.
L?emphase nationale sur le développement des services financiers ouvre d?autres possibilités à la profession. Le MIPA a été partie prenante de la préparation du nouvel accord de partenariat Inde-Maurice. Les échanges et les investissements au niveau des services entre nos deux pays, devraient pouvoir profiter aux comptables locaux. Il y a également des opportunités dans l?offshoring des services financiers.
● <B>Disposez-vous suffisamment de ressources pour mener à bien vos projets ? </B>
Nous bénéficions d?une subvention de l?Etat et nous comptons aussi sur la cotisation de nos membres. Nous aurions souhaité que le gouvernement fasse un effort supplémentaire pour nous aider. Nous avons un rôle important à jouer dans la création de la richesse et nous avons beaucoup d?ambitions par rapport au développement du service financier à Maurice. Et tout cela coûte.
Propos recueillis par
<B>Akilesh ROOPUN</B>
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