Publicité
Khalid Nazroo ouvre des arches sur l?infini
Par
Partager cet article
Khalid Nazroo ouvre des arches sur l?infini
Des impressions instantanées. Ce qui reste de la fascination à tête reposée. Khalid Nazroo a couché sur toile et sur papier les deux temps de son Voyage au c?ur de l?Islam. Cheminement de deux ans avec des étapes à Dubayy, Djedda, Médine et la Mecque. Pour culminer chez lui à Mare-Gravier.
Le silence des lieux saints a trouvé écho dans le sanctuaire de l?âme de l?artiste. Parti en juillet 2002, il est revenu en juillet 2004 avec des arches ouvertes sur l?infini.
?L?art islamique, c?est la répétition des motifs.? Derrière ses lunettes rondes, le coloriste a laissé son regard se perdre entre des colonnades démultipliées. Il a rafraîchi ses yeux en les promenant sur les pleins et les déliés de la calligraphie ornant les murs. Créer ses propres lignes de perspective jusqu?à inventer un Jeu graphique pour s?oublier. Car la répétition, dans l?art islamique, n?est-elle pas un conduit vers la méditation ?
Sensible à l?architecture ?liquide sans être neutre? des lieux tombés sous son regard, Khalid Nazroo a croqué ses premières émotions au crayon. L?essentiel est dit dans cette Red Arch Suite (Medina) qui ouvre l?exposition, qui se tient jusqu?au 31 juillet au centre culturel islamique.
Le voyage au c?ur de l?islam commence par un trop-plein. Celui qui assaille le visiteur avide d?exercer tous ses sens. Une faim créative apaisée à coups de traits nerveux sur un carnet de voyage. Des aquarelles arrachées aux pages de l?inspiration pour être livrées en vrac au public.
?Une exposition est aussi didactique?, explique Khalid Nazroo. Mare-Gravier suite. En atelier, le peintre réapprend la lumière. Habitue ses pochoirs et ses pinceaux à la Lumière d?Orient pour mieux suivre le périple quotidien de l?astre du jour pendant les moments de piété. Esha Light. Assr Light. Zohr Light.
Avant de restituer le vertige ressenti face à la loi géométrique des courbures de béton. Fenêtres ouvertes sur l?intérieur, moment de faire silence en soi. Mais aussi lucarnes sur le monde extérieur, une civilisation riche de plusieurs millénaires de ferveur.
Revenu de la Mecque à Mare-Gravier, Khalid Nazroo décrypte les effets de transparence, joue avec l?opacité des vitraux, cette ?invention arabe du 9e siècle, ramenée en Occident par les Croisés.? Ses pinceaux traversent la toile comme les nuées d?oiseaux Abrabil, glissent le long des voiles des boutres. ?C?est probablement avec ces bateaux qu?ils appellent dhow que les Arabes sont venus à Dina Robin.?
Le voyage de l?imaginaire ne connaît pas de frontières. ?C?est à vous de choisir : soit de rester à la surface des choses, soit de plonger vers l?inconnu.? Un ailleurs où rien n?empêche le visiteur d?associer dans une prière, le bleu de la mer d?Arabie, et le bleu des dômes des édifices.
Publicité
Publicité
Les plus récents