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Kersley Pytambar, l’homme à la contrebasse

30 octobre 2005, 20:00

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En une tournée avec la chanteuse Marie-Luce Faron et quelques prestations dans des concerts de jazz, Kersley Pytambar, jeune contrebassiste de 32 ans, s’impose petit à petit comme l’un des musiciens les plus doués de sa génération. On le compare même aux meilleurs dans sa catégorie, mais lui s’en défend modestement. Pour lui, c’est surtout la passion de la musique qui le pousse. Une passion qui l’anime depuis l’adolescence.

Kersley se met à la guitare classique à l’âge de 16 ans. A Cité Briquetterie, ils ne sont guère nombreux à s’intéresser à la guitare classique. Bien qu’il soit le seul de sa famille à se tourner vers la musique, son père l’encourage dans cette voie. Il lui paie des cours de guitare avec Rubin Roméo, un professeur dont il garde un bon souvenir.

“Il m’a toujours encouragé à approfondir mes connaissances générales en musique”, dit Kersley Pytambar de son prof. Mais pour lui, c’est la basse qui l’inspire. La rondeur du son… Pour expliquer cette fascination, il fredonne l’intro de Broken wings du groupe Mister Mister. La magie passe… Et c’est à nouveau son père qui lui donne l’impulsion : il lui offre une basse à Noël. “Ma famille n’était pas trop sûre de l’importance de la musique pour moi”, reconnaît Kersley. Il va donc tout faire pour convaincre ses parents et joue bientôt dans des groupes d’hôtel, avec un certain succès. Il côtoie des musiciens d’expérience, au Club Méditerranée notamment.

Par la suite, Kersley Pytambar passe à la vitesse supérieure et se tourne vers le jazz. Il fait d’abord la connaissance du pianiste Noël Jean dont il obtient de précieux conseils. Il fréquente également l’Atelier Mo’zar. Il accompagne José Thérèse et sa bande dans le circuit hôtelier pendant trois ans.

Mais le tournant de la carrière de Kersley Pytambar, c’est la rencontre avec Ernest Wiéhé. “C’est une étape importante parce que j’ai découvert une nouvelle façon de penser la musique”, explique-t-il. Il découvre un univers “plus sérieux”. Il ne s’agissait plus pour lui “d’attraper seulement un instrument”. Il commence vraiment à jouer…

“J’ai découvert mes lacunes et ça m’a découragé”, avoue Kersley Pytambar. Mais le jeune musicien bénéficie des conseils éclairés d’Ernest Wiéhé. Le jazzman l’encourage non seulement au niveau musical mais aussi sur le plan humain. Kersley Pytambar finit par intégrer la formation d’Ernest Wiéhé. Il succède à un autre bassiste, Gino Chantoiseau. “C’est un excellent musicien et il n’a pas été facile de le remplacer”, reconnaît Kersley Pytambar.

Entre-temps, le bassiste poursuit son apprentissage. “La musique, c’est un long apprentissage, ce sont des contacts, beaucoup d’écoute et de la pratique.” Mais c’est surtout l’envie. C’est même elle qui est la plus forte.

Il suit des cours au conservatoire dans le but de décrocher un diplôme. “J’estime qu’il est important de prendre des cours de musique classique pour renforcer mon bagage musical”, précise le jeune bassiste. Dans la foulée, il s’achète une contrebasse, instrument classique par excellence. Un instrument qui ne le quitte pratiquement jamais à tel point qu’il rend même sa famille un peu jalouse…

Kersley Pytambar est surtout un forcené du travail. “La musique c’est comme une plante, il faut l’arroser pour l’entretenir”, lâche-t-il, un peu philosophe. Il pratique tous les après-midi, après le boulot (il est employé dans l’industrie sucrière) et avant d’aller se produire sur la scène d’un hôtel. “Le plaisir de jouer élimine la fatigue.”

L’avenir, Kersley Pytambar en a une vision simple. C’est jouer, jouer et jouer. L’apprentissage et la pratique. Mais aussi le partage. Car il vient de décrocher son diplôme de la Royal School of Music et peut désormais enseigner, ce qu’il va d’ailleurs faire avec un plaisir renouvelé.

Entre un concert, une représentation et un cours, Kersley Pytambar ne trouvera pas beaucoup de temps pour se reposer. Qu’importe, car pour lui, il s’agit surtout de ne pas s’endormir sur ses lauriers. La musique, ça tient éveillé…

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