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Kenny-Kyle
Un chanteur de quatorze ans, qui écrit ses textes, c?est inédit. Sans concours, sans passage télé, Kenny-Kyle s?est donné les moyens de réaliser son premier album intitulé « Youngsters. » Après avoir frappé à la porte de Jean-Claude Théanne, producteur, voilà «Youngsters », un album de six titres déjà dans les bacs.
Ses chansons ont l?âge qu?il a. Elles éveillent d?abord votre curiosité. A quatorze ans, à l?âge des préoccupations adolescentes, Kenny-Kyle s?en inquiète, mais uniquement à travers des paroles qu?il a lui même griffonné sur un cahier d?écolier. Le pari semble pourtant risqué.
A l?heure où l?industrie locale tique pour des raisons économiques, Kenny-Kyle lui, malgré une timidité qu?il a du mal à cacher, décide de sortir son premier CD. Culotté l?adolescent ? Pas tant que ça ! Il veut simplement donner corps à son rêve.
Jean-Claude Théanne qui produit en règle générale, des artistes de la trempe d?Eric Triton se laisse convaincre. Faut dire que l?audace du jeune Kenny-Kyle l?émeut. «En sus d?être jeune et d?avoir du talent, il avait vraiment envie de faire ce CD. Alors je lui ai apporté l?aide dont il avait besoin, » explique celui-ci.
Un an de va-et-vient en studio, entre deux classes de mathématique au Bocage High School en ménageant sa passion pour le ballon, Kenny-Kyle prend plaisir à voir naître son CD. Ses mots simples et ses mélodies douces, prennent forme, aidés principalement par Lansley Sholay, son cousin. C?est ce dernier qui compose et écrit les musiques de ce premier opus.
Kenny-Kyle y égrène des tranches de vies bien mauriciennes et des considérations un peu mélancoliques pour un jeune de son âge. La drogue l?interpelle, l?amour de sa mère le rassure, le problème des « casseurs » et la pauvreté le sollicitent. Essai réussi, même si la voix ne sort pas forcément du lot. Mais Youngsters ne ressemble à aucun autre CD. On se prend d?affection pour ce jeune homme qui dans un monde qui ne jure que par les diktats de la musique commerciale, aime les regrettés James Brown et Bob Marley et aime chanter du Michael Jackson.
Le disque a du charme. Il correspond tout à fait à ce benjamin d?une famille de trois enfants. Il est aussi discret que lui. Kenny-Kyle semble ne donner qu?une partie de son talent. Il se lâche à peine ou a peur de se lâcher. Pourtant, il y a de la matière. Des accords de piano en cascades, des mélodies soignées, des arrangements bien calés. Les textes racontent le quotidien, sans forcer l?inspiration. Les genres se marient et varient. Mais il n?a que quatorze ans, sans doute chante-t-il seulement ce qui le touche, sans permettre à son imagination de faire le reste, malgré une passion non dissimulée pour Shakespeare. A son âge, il a l?âge d?être ce qu?il veut.
Il est néanmoins agréable de voir qu?un jeune de quatorze ans a l?ambition de réussir. Ses parents, Sylvain et Christine, dont le soutien est indéfectible, peuvent être fiers de leur fils. Kenny-Kyle chante depuis qu?il a 8 ans. Sur sa guitare, depuis, il interprète des airs connus, tout en rêvant d?une vraie carrière. Mais ce fils de bonne famille sait à quel point les études sont importantes. Il a par conséquent trouvé une excellente alternative pour combiner sa passion pour la musique et son amour pour les études. Il fera des études en sound engineering, comme cela, plus question d?être en déconnexion avec l?une ou l?autre de ses passions.
« Je suis fier parce que tout le monde me soutient et me félicite, » raconte-t-il d?un charmant sourire. Ce premier disque reste donc un exploit. Le chanteur en herbe aura bientôt son propre studio, monté avec l?aide de ses parents et le soutien de Jean-Claude Théanne.
Ce dernier en sera d?ailleurs le gérant. Avec davantage de possibilités qui s?offriront à lui, son art ne pourra que mûrir.
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