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«Eski to ti Kone»

Dernier rendez-vous : Le balai «fatak», un savoir-faire qui disparaît

27 septembre 2026, 16:16

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Dans un monde où les balais modernes se déclinent sous toutes les formes et se vendent facilement dans les supermarchés, le traditionnel balai fatak fabriqué à la main se fait de plus en plus rare. Pourtant, à Laventure, Gyantee Puryag continue à pratiquer ce savoirfaire depuis 30 ans. Son histoire avec le balai fatak commence dans sa famille, où elle apprend d’abord avec sa maman et son papa. Après son mariage, elle poursuit cette activité avec son mari, aujourd’hui décédé, mais Gyantee continue à perpétuer ce savoir-faire transmis au fil des années.

En 30 ans, le balai fatak a aussi vu son prix évoluer. Il se vendait à environ Rs 35 alors qu’il coûte aujourd’hui environ Rs 200. «Kan mo ti fek mariye, mo nani ti pe vinn kit balie pou mwa. Lerla li dir mwa : “Plant balie to osi”.» Elle suivra le conseil de sa grand-mère et commencera à cultiver le fatak sur un petit lopin de terre en mettant en terre une tige de la plante avec ses racines. Avec le temps, celle-ci grandit et multiplie ses tiges.

Mais avant de pouvoir fabriquer un balai, il faut attendre. La plante peut prendre une année, parfois davantage, pour pousser. Lorsqu’elle fleurit, généralement vers le mois de mai sous notre climat, les tiges de fleurs sont coupées et mises à sécher au soleil pendant plusieurs semaines. Une fois sèches, elles doivent être nettoyées et préparées. La poussière est enlevée, puis les tiges sont travaillées pour devenir plus lisses. Elles sont ensuite pliées et assemblées pour donner forme au balai. La longueur varie selon les préférences. «Ena dimounn kontan long balie, ena kontan kourt», explique Gyantee.

Malgré le temps et la patience nécessaires, beaucoup de personnes apprécient encore ce balai traditionnel. Sa clientèle ne se limite d’ailleurs pas aux Mauriciens. Des étrangers viennent également en acheter, certains faisant même le déplacement de loin pour se procurer ces balais fabriqués à la main. Pour Gyantee, ce balai possède une valeur particulière :«Boukou dimounn kontan sa balie tradisionel-la.»

Contrairement aux balais-brosses modernes que l’on retrouve aujourd’hui dans les supermarchés, ce balai traditionnel demande du temps, du travail et de la patience. Et pour le conserver plus longtemps, il faut en prendre soin et surtout, ne pas le laisser prendre l’eau, rappelle-t-elle. Après 30 ans, Gyantee continue donc à faire vivre ce savoir-faire. Pour elle, le balai fatak n’est pas seulement un objet du quotidien. C’est une tradition qu’il faut continuer à transmettre et à préserver.

Bientôt une nouvelle aventure

Cette rencontre à Laventure marque également le dernier épisode de la rubrique «Eski to ti kone». Depuis juillet 2025, cette rubrique hebdomadaire nous a permis d’aller à la rencontre de traditions, de personnes, de métiers et de savoir-faire, qui font partie de la mémoire de Maurice.

Mais ce n’est pas la fin. À partir de la semaine prochaine, place à un nouveau rendez-vous hebdomadaire consacré à des reportages et histoires humaines, avec toujours la même envie d’aller à la rencontre de celles et ceux qui ont quelque chose à raconter.

Avec ce dernier épisode, le balai fatak rappelle justement qu’un objet d’apparence simple peut cacher une grande histoire, une tradition et tout un savoir-faire.

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