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Karl Mootoosamy à cœur ouvert
<B>Peut-on dire que vous êtes de nature optimiste ?</B>
Je suis un optimiste invétéré, sinon je ne pourrais pas faire le travail que je fais et qui a un lien direct avec les vacances, le bonheur. J’ai appris à avoir beaucoup de patience, chose que j’ai acquise au fil des années, à travers des voyages, des rencontres avec des gens riches et des gens pauvres. Je pars toujours du postulat qu’après un volcan tout repousse.
<B>Pourtant tout n’est pas rose. Il y a beaucoup de souffrance, de mécontentement, de revendications autour de nous ?</B>
L’être humain, comme la civilisation humaine, sont faits sur des parcours en dents de scie. Il y a destruction et construction. Nous sommes dans une ère de communication. Tout va plus vite, il y a une banalisation de l’information et parallèlement un affadissement de la pensée profonde. Si vous prenez mon cas, je suis issu d’une génération qui avait une idéologie. Nous avons combattu contre le capitalisme pour l’ascension sociale, l’égalité. Aujourd’hui avec la mondialisation, le monde paraît petit, tout semble facile. Il y a une uniformisation de la pensée, les jeunes ont des perspectives moins lointaines de ce que nous avions. Aujourd’hui tout le monde est obsédé par le profit, on doit faire du volume. La morosité que l’on connaît à Maurice est une tendance mondiale. Il n’y a plus de valeurs sûres.
<B>Est-ce à dire que nous avons atteint un point de non-retour ?</B>
Je pense que c’est dans notre capacité de juguler les crises qu’on reconnaît la vraie intelligence de l’homme.
Il faut cultiver l’optimisme pour sortir de l’angoisse. Je considère par exemple que le mental reprend le dessus si l’on est en bonne forme physique. Moi par exemple je fais du jardinage, je consomme une nourriture de base saine, et je suis conscient de ce que je fais, car il faut croire à la vie. Un président du Bénin qui a vécu 17 ans en exil m’a appris le pardon. Finalement, le plus grand défaut de l’homme est la vanité. On gagnerait vraiment à être plus simples, plus proches les uns des autres.
Mais l’envie d’aller de l’avant ne suffit pas toujours.C’est vrai que l’être humain est compliqué. J’ai vu la misère de près au Vietnam, j’ai vu de grands chefs d’État devenir aveugles et être abandonnés, mais vous savez, le pessimisme, c’est comme les sables mouvants et certains prennent plaisir à se laisser engloutir. Nous avons la responsabilité d’être optimistes, ne serait-ce que pour les enfants qui naissent et qui ont droit à la vie. Chacun d’entre nous est un roman en soi. Il faut juste prendre le temps de s’écouter et de réécrire sa vie.
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