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Karen Foo Kune, la Mauricienne qui fait parler d?elle en Australie

23 janvier 2005, 00:00

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Après une saison 2004 bien remplie et surtout réussie, Karen Foo Kune, 22 ans, savoure des vacances méritées au pays.

Deuxième au classement général des Jeux universitaires australiens, qui avaient regroupé une dizaine d?institutions, Karen a été dignement récompensée pour sa performance.

Elle a non seulement été reçue dans « l?Australian Green & Gold Team » mais elle s?est également vu décerner la plus haute distinction sportive de la Monash University, la « Full Blue ». Cela pour sa prestation tout au long de l?année écoulée.

Karen Foo Kune avait également disputé les éliminatoires de la Uber Cup, les championnats d?Afrique, les internationaux de Maurice et de l?Afrique du Sud, les Jeux universitaires sans compter les nombreux rendez-vous australiens.

Mais, 2004 a aussi été une année de grande déception pour cette joueuse. Malgré tous ses efforts et sacrifices, elle n?a pas réussi à réaliser son rêve : se qualifier pour les Jeux Olympiques d?Athènes. « J?avais tout essayé, mais les finances ont fait cruellement défaut », raconte-t-elle non sans amertume.

Karen se devait, en effet, de participer à un maximum de tournois de qualification.

Malgré toutes les contraintes, elle se lança tête baissée dans l?aventure olympique.

Grâce au soutien financier de ses parents, elle met le cap sur le continent européen en novembre 2003 où elle s?engage dans quatre tournois qualificatifs.

Cette tournée lui permet d?améliorer son classement mondial. Elle devient du coup la Mauricienne la mieux classée sur l?échiquier international. Elle se positionnait à cette époque dans les 110 premières mondiales.

Indifférence des autorités mauriciennes

Une fois la tournée européenne achevée, Karen Foo Kune rentre à Maurice ? avant de regagner l?Australie ? dans l?espoir de convaincre les autorités à l?aider dans sa quête.

Elle frappa aux portes du Comité national olympique mauricien (CNOM) et du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). Le premier nommé prit la peine de la répondre, même si la réponse a été négative. Le MJS, par contre, ne daigna même pas lui répondre. « Le CNOM m?avait fait comprendre, qu?il soutenait déjà Amrita Sawaram à travers une bourse de la Solidarité olympique et qu?il ne pouvait me venir en aide. Le MJS, quant à lui, ne m?a jamais répondu malgré mes nombreuses requêtes », se souvient-elle.

Karen Foo Kune tenta bien que mal de poursuivre sa quête. Elle s?aligna à la plupart des rendez-vous africains qui pouvaient l?aider à améliorer son classement mondial.

Mais comme l?Afrique n?a droit qu?à une seule entrée en simple pour les JO, Karen devait impérativement se positionner comme la meilleure joueuse du continent noir.

Les Sud-Africaines, qui avaient alors, le célèbre Morten Frost ? ancien numéro un mondial ? comme entraîneur, ne lui rendaient pas la vie facile.

Le Danois, déterminé à emmener son équipe à Athènes, réussit à obtenir le soutien des autorités sud-africaines et aligna son équipe dans un maximum de tournois.

Pendant ce temps, à Maurice, les dirigeants de la fédération, qui avaient à c?ur, leurs intérêts, avant tout, ne s?épargnaient aucune peine pour pousser la discipline au fond du gouffre.

Heureusement pour Karen, qui s?entraîne à la fois avec la sélection australienne et la numéro un de l?Australie, son amie Lenny Pernama, que les résultats ont suivi malgré sa grande déception.

« J?ai remporté la médaille d?or en double dames aux côtés d?une Taïwanaise et l?argent en simple dames à la Monash Open. J?ai perdu contre la même Taïwanaise en finale de simple. Le fait même d?avoir atteint les finales était extraordinaire pour moi. Cette performance m?a doublement motivée pour les prochains tournois », poursuit-elle.

Karen Foo Kune a finalement terminé la saison en beauté puisqu?elle s?est vu décerner la plus haute distinction de la Monash Université, le « Full Blue » et a été reçue dans « l?Australian Green & Gold Team ».

Malgré les milliers de kilomètres qui séparent Maurice de l?Australie, Karen a suivi avec beaucoup de tristesse les bagarres intestines au sein de l?Association mauricienne de badminton qui ternissent l?image de cette discipline tant sur le plan local, continental qu?international.

« Même les gens en Australie étaient choqués de voir ce qui se passait à Maurice », lâche-t-elle.

Mais Karen se réjouit de voir que les choses commencent enfin à s?améliorer. « Depuis que je suis rentrée, je n?ai pas entendu la moindre palabre. C?est bon signe pour le badminton local. Et puis, je constate avec beaucoup de joie le changement d?attitude chez certaines personnes comme l?entraîneur Annirao Dajee. Il s?est beaucoup amélioré et fait un bon travail chez les juniors. Il y avait trop de ?vested interest?. Les dirigeants avaient soit leurs enfants dans la sélection soit il existait des liens de parenté entre l?entraîneur et les joueurs. Je sais de quoi je parle car j?en ai fait les frais », conclut-elle.

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