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Kailash Purryag écoeuré mais non démissionnaire

24 février 2005, 00:00

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Soixante-douze heures (tiens ! tiens !) après la mort tragique de Kersley Augustin, 2 ans, dans un puits d?absorption non couvert, aux Dockers? Flats, Baie-du- Tombeau, le ministre de la Sécurité Sociale et ministre de tutelle du SILWF, Kailash Purryag, décide de constater par lui-même la situation qui y prévaut. Suivi d?une cohorte (à moins qu?il ne s?agisse d?une escorte) de hauts fonctionnaires et de responsables d?organismes parapublic, il va d?une surprise désagréable à une autre. Il ne comprend pas comment un puits d?absorption, profond d?une quinzaine de pieds, peut demeurer inadéquatement recouvert. (Que ne demande-t-il pas d?explications aux fonctionnaires présents ?) Des dirigeants du SILWF promettent de faire le nécessaire, non pas tout de suite, mais dans les jours à venir. (Parole ! Parole ! Parole !) D?un pas décidé, il fait le tour de certains appartements, constate de visu les eaux glauques et verdâtres, dégoulinant des étages supérieurs, suintant et tapissant les murs du dessous. Il ouvre une porte et se rejette vivement en arrière, en s?écriant : ?Mari ça!? Il invite ses collaborateurs à y aller jeter un coup d??il. Les excréments débordent de la cuvette asiatique des toilettes. La gazette pas cause menti ! Les habitants des Dockers? Flats sont condamnés à vivre dans des conditions inacceptables car inhumaines. Purryag réclame que les Travaux publics dégagent sans tarder les drains obstrués, qu?un relevé des travaux soit effectué sur le champ, que les herbes folles soient coupées à ras de terre, que les appartements décolorés soient repeints. Il ne craint pas de dire que les Travaux publics sont débordés par les travaux post-cycloniques.

Kailash Purryag ne démissionne pas pour autant. Il demande qu?on comprenne sa situation. Il est ministre depuis la mi-janvier 1980. ?Qu?on prouve que je suis directement responsable de la mort de Kersley Augustin et je démissionne?. Il n?était pas au courant de la pénible situation prévalant aux Dockers? Flats. (Il suffit pourtant d?y passer devant même en voiture pour deviner le calvaire permanent que doivent y subir leurs habitants. Mais qui s?en soucie ?) Il se dit bouleversé. Il ordonne une enquête. Il prendra une part active pour déterminer les responsabilités. Il s?engage personnellement à sévir contre les responsables. Les dossiers parlent d?eux-mêmes. Des travaux, coûtant Rs 140 000, ont été effectués en juillet 1979. Le SILWF, ne possédant pas la main-d??uvre requise pour assurer l?entretien de ses cités ouvrières, se contente de faire appel aux Travaux publics. Le 7 janvier 1980, dans le cas des Dockers? Flats. (On en reste là si les Travaux Publics ne répondent pas ou s?ils font savoir qu?ils ont d?autres priorités). Il semblerait que les Travaux Publics soient surmenés. Le problème drain se pose en permanence. (Et ce n?est pas Rajesh Bhagwan qui le contredira, lui, qui 25 ans après, consent à s?occuper personnellement de cette source de nuisance publique).

?Maintenant que j?ai pris connaissance du problème des Dockers? Flats, je ne crois pas qu?il soit possible d?obliger leurs habitants à vivre plus longtemps dans des conditions semblables.? Il y aurait, paraît-il, deux jardiniers et un gardien, chargés exclusivement de l?entretien des Dockers? Flats. (Qui sont-ils ? Où sont-ils ?) Purryag concède un manque de coordination mais déplore un manque de coopération. Les dossiers prétendent (non sans humour) que toute doléance obtient réparation dans les 24 heures. (N.B. il faut être nommé ministre pour croire à de telles balivernes et les tenir pour crédibles. Il suffirait pourtant de démasquer l?auteur d?un seul mensonge administratif aussi frauduleux pour que les fonctionnaires n?y aient plus recours. Il est vrai que fonctionnaires et habitants des Dockers? Flats ne sont pas du même monde).

Mais qu?en pense le ministère de la Santé des risques certains d?épidémie ? (La presse a droit à d?autres réponses aussi inconsistantes.) Les officiels se contentent de réciter un catéchisme administratif sans se soucier, le moindrement, de vérifier si leurs réponses toutes faites correspondent ou non à la réalité. A entendre donc la Santé publique (au lendemain de la mort inqualifiable de Kersley Augustin) toute négligence constituant une menace pour la santé est examinée individuellement, le responsable est ?prié? (N.B. : à genoux et les mains jointes peut-être) de prendre les mesures nécessaires s?il ne veut pas être exposé à des poursuites judiciaires (N.B. inexistantes car il y a un hic ! et de taille). ?La Santé ne peut poursuivre ni le gouvernement ni les organismes parapublics?. (Autrement dit, c?est un bouledogue sans dents). Elle ne peut qu?attirer l?attention des organismes responsables (CHA, SILWF). Enquête policière ouverte. Enquête policière suit son cours. Elle suivra si enquête policière aboutit. Vingt-cinq ans après, on ne sait toujours pas qui sont les responsables de la mort de Kersley Augustin et de ses semblables et on ne le saura jamais tant que des incapables dirigeront et gouverneront l?île Maurice. Malheureuse population mauricienne quand auras-tu un gouvernement digne de toi ?

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