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?Juste un peu de réconfort?

14 mai 2007, 00:00

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?Anou alle cinéma.? Pour un festival du film qui ose. Mettre le doigt sur l?essence de nous. Des préférences des uns, aux choix des autres. Le Collectif Arc-en-ciel propose le Festival du film lesbien, gay, bisexuel et transgenre du 28 mai au 1er juin.

Des yeux, là-bas dans le fond sont devenus tout ronds. Quoi ? Mais qu?est-ce que l?on va voir sur grand écran ? Ces yeux-là en picotent d?avance. De voyeurisme, de beaucoup d?à-priori. Près à sauter hors de leur orbite, ils se disent : ?chic, on va se rincer l??il sur le compte des pratiques sexuelles sur lesquelles on s?interroge.? Alléchés, ils se frottent les yeux. Obnubilés par le cinéma qu?ils font dans leur tête. Celui ou les choix pas juste sexuels mais combien sentimentaux d?autrui, suffisent pour les ranger dans les cages de bêtes curieuses.

Un cinéma au mauvais film plein d?images, de bruits, de sons en vrac. Amoncellement de toutes leurs incompréhensions. Tout ce qu?ils ne conçoivent pas. N?admettent pas. Ne tolèrent pas. Mais qu?ils meurent d?envie de voir. Pour le frisson.

Tout aussi arrondis, et indignés à leur façon, d?autres yeux sont au bord de la crise. D?hystérie. Comment ? Un festival du film gay et lesbien au Centre Charles Baudelaire. C?est exposer nos enfants (ces chers collégiens qui fréquentent studieusement le Centre Charles Baudelaire) à des dépravations. Comment ? C?est organisé en plein Rose-Hill ? Il aurait dû être quelque part underground. Mais que fait la police ? A-t-on idée de montrer ces choses (dit sur le bout des lèvres) qu?il faudrait cacher aux yeux hyper sensibles au moindre décolleté profond, aux étendues de chair dévoilées généreusement. Alors pensez donc. Des films gay et lesbiens, quelle horreur. ?Tchi, tchi, tchi.?

Un peu penaud, les orbites rétrécis, ces yeux-là sont un peu rouges. D?avoir attendu. Qu?un premier festival de ce genre ait lieu. Du coup, ils se sentiraient presque bêtes d?être justes ?dans la norme?. Ce qui ne les empêchent pas de se dire qu?ils iront au cinéma, ces soirs-là. Pour découvrir. Parce que, honnêtement, lesbien on voit, gay aussi, bisexuel un peu moins, mais transgenre quésaco ? Cela sonne comme transgresser dit donc.

Dans cette salle de cinéma, de tous ses yeux tournés vers l?écran, beaucoup fouillent le noir. Pour trouver ?Juste un peu de réconfort?. Du titre de l?un des films à l?affiche du festival. Des yeux pétillants de vie. Qui travaillent, s?aiment. Qui vivent quoi. Un point, c?est tout.

Des yeux qui demandent que l?on ne leur barre pas la lumière du jour. Des yeux qui ont pris leur parti des voyeurs, des hystériques, des prudes. De tout ceux qui disent non.

Ces yeux-là ont décidé d?exister. Au grand jour. Pour nous faire voir de toutes les couleurs. Pauvre de vous si vous détournez le regard. Pauvre de vous si vous avez ce regard fixe, ces yeux globuleux des gens qui n?ont pas compris.

Pas compris qu?ils existent. Que ce n?est même plus de l?ordre du droit mais de la simple diversité. Qu?importe vos motivations, ?alle guetté?. Alors peut-être, les yeux pourront se regarder.

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