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Jugnauth étale en public les péchés politiques de Bérenger

16 avril 2008, 00:00

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Nos réminiscences d?il y a un quart de siècle poursuivent, ce matin, le rappel du meeting inaugural du MSM, celui du vendredi 8 avril 1983, aux Vacoas, place de la gare (emplacement occupé, aujourd?hui, à quelques mètres près, par une statue du Pandit Sahadeo).

Anerood Jugnauth poursuit ses révélations anti-Bérenger. Il ne compte plus ses anciens ministres, pourtant suiveurs désormais de Bérenger, qui, précédemment, viennent pleurer dans son giron, récriminant contre l?intolérable autoritarisme dont fait preuve l?ami Paul. Même Shirin Aumeeruddy-Cziffra, qu?Anerood considère comme sa propre s?ur, n?échappe pas à la colère de Missié Bérenger. Li maltraite li couma licien. Li ploré couma zenfant. Fokeer de même. Il vient voir Jugnauth, accompagné de deux personnes. Il s?assoit et geint. Il traite Bérenger de dictateur. Il le supplie : Anerood to bizoin arrête li. Nous né pli capave sipporter. Jugnauth interroge alors la foule, plus enthousiaste que jamais : Zordi à cotte Fokeer ? ? Cotte Bérenger, hurle la foule.

Ramduth Jaddoo se croit malin en demandant : Ki dilo Boodhoo ine donne boire Jugnauth pou li vinne coume ça ? Boodhoo ne m?offre que du thé à la menthe quand il m?invite chez lui, rétorque Jugnauth. Les pro-Bérenger devraient boire davantage du thé à la menthe. C?est bon pour la santé. Cela leur fera du bien. La foule éclate de rire.

L?ambition de Bérenger n?a pas de limites, révèle Jugnauth. En octobre dernier, il accepte la démission de Bérenger comme ministre des Finances. Il remue ciel et terre pour ravoir ce poste, Jugnauth consent à lui rendre son «poêlon trop chaud». Parce que Jugnauth possède dans son for intérieur assez de mansuétude pour pardonner, quand il convient de passer l?éponge.

Bérenger passe son temps à ourdir des intrigues, accuse Jugnauth. Successivement, il veut la peau (politique) de Bhayat, du PSM, de Boodhoo. La mienne aussi, précise Bhaï Anerood. Il veut devenir le No 2. Il veut que Jugnauth téléphone à Boodhoo pour lui annoncer la cassure de l?alliance MMM-PSM. Mo rémette li dans so place. Quand tu seras Premier ministre, tu feras comme bon te semble. Swalay Kasenally me téléphone. Je lui fais comprendre que le Premier ministre c?est moi et non pas Missié Bérenger, rappelle Jugnauth.

Le Premier ministre s?en prend, à présent, aux journalistes qui font croire que Bérenger est un génie, un perfectionniste, une personne indispensable. A ceux-là Jugnauth déclare : Nous tous devons accepter nos limites si nous ne voulons pas être dévorés par le poison de l?autoritarisme. Il s?en prend à ceux qui veulent lui donner des leçons d?économie. A ceux qui le traitent de raciste, il leur demande de se regarder dans la glace et de vérifier comment ils se comportent avec leurs propres enfants.

Jugnauth reproche à un de ses ministres de prendre des ordres pour participer à une conférence au Zaïre, non pas avec lui, le Premier ministre, mais avec Bérenger. Il doit remettre à sa place Bérenger en personne qui, en voyage au Cananda, décide d?y ouvrir une ambassade et entame la procédure pour y nommer un de ses protégés. Le Premier ministre lui rappelle qu?il n?est que le No 3 de son gouvernement.

Il ne pardonne pas à Bérenger de le prendre pour un imbécile, pour de la bagasse. Dans Triolet, mo fine casse so lé reins.

Revenant sur l?incident parlementaire, opposant Bérenger à Ajay Daby, le président par intérim de l?Assemblé législative, Jugnauth est convaincu que Bérenger n?aurait pas été aussi hargneux, ce jour-là, si cette présidence était occupée par un politicien d?une autre communauté. Bérenger s?efforce de se faire passer pour un ange et ses adversaires pour des communalistes. Jugnauth connaît que trop son habitude indécrottable de diviser les Mauriciens en races, en castes et sous-castes. Il l?accuse de vouloir étendre ce communalisme scientifique à la fonction publique. Pour toutes ces raisons, il crée son MSM, pour regrouper les vrais socialistes de l?île Maurice. Il est dommage que ces vrais socialistes décident, 25 ans après, de faire l?impasse sur ce meeting inaugural, désavouant en quelque sorte l?importance des propos tenus ce jour-là par le fondateur de leur parti. A moins qu?ils ne veuillent aussi contester cette fondation.

Avant Jugnauth, ses lieutenants prennent la parole et cela donne ceci : Peerthum : Bérenger c?est l?héritier de N.M.U. Bhayat : Le PSM a contribué à notre victoire. Le nier est malhonnête. Sylvio Michel : S?il y a un traître, c?est Bérenger. Gungoosing : Le sort du peuple s?améliorera, à présent que Bérenger n?est plus là. Gayan : Bérenger aime la violence. Lutchmeenaraidoo : Le peuple nous élit pour gouverner. Madun Dulloo : Satan devient chef... mais en enfer. Si tu le dis... Nous te croyons sur parole.

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