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Josette Marchal-Vexlard : Petits hôtels, grands rêves
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Josette Marchal-Vexlard : Petits hôtels, grands rêves
Une vue idyllique qui s?échappe de la fenêtre d?une chambre. Des fauteuils trônant le long d?une plage qui inspire la quiétude. Un restaurant à l?ambiance zen. On se croirait au paradis. Un paradis que veut faire découvrir Josette Marchal-Vexlard à travers une carte de l?île et aussi un CD-ROM intitulés Découvrez l?île Maurice autrement. Et fraîchement édités par les Petits et moyens hôtels de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice (AHRIM), dont Josette est la présidente. Son objectif : plonger le touriste au c?ur de ces bourgeons de l?hôtellerie, oh combien riches en émotions !
« Ces établissements, une vingtaine environ, sont certes petits et moyens. Mais ils sont le reflet de cette île Maurice, nature, vibrante, et authentique. Une facette que les touristes ne connaissent pas forcément », confie Josette Marchal-Vexlard, qui est également directrice des Lataniers Bleus, à Rivière-Noire.
Un établissement que Josette dirige de main de maître et qui figure aussi sur la carte. Même si elle avoue, le sourire aux lèvres : « Je n?ai pas l?impression de travailler. Je vis pleinement ma passion. Et je prends les choses comme un challenge. » En fait, Josette, c?est une bosseuse à qui tout a réussi, malgré un parcours parsemé d?embûches. C?est une battante jusqu?au bout des ongles.
« Je voulais être indépendante »
Josette Marchal-Vexlard vit une enfance heureuse, entourée de ses deux s?urs, à Ph?nix. Etudiante moyenne, avoue-t-elle, qui « déteste les maths », elle admire la force d?indépendance de sa mère. Celle-ci est à la fois comptable et dispense des cours de dactylographie.
« Je voulais moi aussi exercer dans un domaine où je serais aussi indépendante », ajoute-t-elle. Après ses études au collège de Lorette de Saint-Pierre, elle est «directement jetée dans le boulot ».
Alors qu?elle séjourne en France pour des vacances, Josette va vite se métamorphoser en négociatrice et femme d?affaires? à 18 ans ! « J?y ai rencontré un commerçant qui vendait des produits exotiques. En me renseignant, j?ai appris qu?il les importait de la Réunion. Je lui ai proposé de continuer, mais avec Maurice. Nous avons donc négocié les prix et à mon retour, j?ai commencé à travailler sur une commande d?une tonne de légumes, dont 300 kg de chouchous, 200 kg de fruits à pain, entre autres », relate-t-elle.
Josette va ainsi jongler entre les maraîchers, les démarches administratives auprès des autorités, la douane, entre autres. « C?était assez épuisant et décourageant ! Mais j?ai eu de la chance, car j?ai rencontré des personnes qui m?ont beaucoup aidée », ajoute-t-elle.
Mais son travail n?est pas de tout repos. En effet, un dimanche, vers 15 heures, la cargaison est expédiée en France. Le regard rempli d?espoir, Josette stresse à mort ! Le lendemain, le colis arrive à bon port, mais quasiment abîmé. Fort heureusement, l?importateur, qui devait venir à la Réunion, fait aussi un détour par Maurice, et propose de faire une deuxième expédition commune. Et c?est ainsi que l?entreprise d?exportation de Josette voit le jour dans les années 80.
Toutefois, Josette Marchal-Vexlard ne s?arrête pas en si bon chemin. Elle se met au parfum de toute nouveauté qui pourrait plaire à l?étranger. Outre l?exportation de fruits et légumes, elle conditionne les épices, le poivre surtout, en travaillant avec Madagascar. Un jour, elle expédie une brindille de baie rose dans sa cargaison. « Enfant, j?en avais déjà goûté et on m?avait toujours dit que c?était du poison. Mais je n?en suis jamais morte », raconte-t-elle, en éclatant de rire.
Et son geste va porter ses fruits, car la baie rose connaît un succès. Et bien vite, Josette fonde une usine, Carambole Ltée, à Plaine-Lauzun, pour traiter cette graine. Mais elle se retrouve vite confrontée à des difficultés, notamment pour trouver un moyen pour déshydrater les grains de poivre. Après maintes recherches, elle tombe sur un séchoir à Constance.
A l?étranger, la baie rose devient le chouchou des chefs de cuisine.
En 1984, cette épice sera récompensée au Salon international de l?alimentation. Continuant sur cette lancée, Josette exporte aussi des fleurs locales aux boutiques spécialisées dans la médecine naturelle.
Mais en 1994, le cyclone Hollanda fait des ravages à Maurice et à Madagascar. Josette Marchal-Vexlard perd tout ! Heureusement, elle possède un terrain dans la région de Rivière-Noire. « C?était mon échappatoire, je construisais petit à petit pour y ériger ma maison », confie-t-elle. Une ou deux villas y sont donc bâties et sont louées aux membres du corps diplomatique de passage à Maurice.
Entre-temps, Josette se lance dans la confection de pâte de piment et d?achards de Rodrigues. « J?ai voulu valoriser les produits rodriguais en leur offrant un package aux standards européennes. J?ai aussi introduit les confitures de la marque Carambole. Mais je savais que je n?irai pas très loin. Et j?avais raison, car quelque temps après, j?ai dû vendre ma fabrique », confie-t-elle.
Après analyse, Josette Marchal-Vexlard réalise qu?il ne lui reste que ses villas à Rivière-Noire. Ce lieu qu?elle chérit pour son côté si indigène, endémique, elle va le transformer? Mais en quoi, se demande-t-elle ? En villas et chambres d?hôtes, bien sûr ! Après un travail colossal, elle réussit à insuffler vie à son établissement qu?elle nomme Lataniers Bleus en hommage à cette allée de plantes qui bordent l?entrée de ce lieu en 1998.
« Ici, on respire, on se sent zen »
Grâce au bouche-à-oreille, l?hôtel finit par conquérir la clientèle, essentiellement européenne. « Ici, on respire, on se sent zen. Tout a été fait pour que le client soit en parfaite communion avec la nature. Mais il bénéficie aussi des services de pointe comme la connexion Internet Wifi, des excursions et d?autres activités taillées sur mesure. »
Mariée et mère de trois enfants, Josette Marchal-Vexlard est une femme comblée. Férue de lecture, elle se gave aussi de l?actu en zappant sur les chaînes d?info. Elle a aussi une passion pour les reportages de National Geographic.
Prochaine étape pour la présidente des Petits et moyens hôtels de l?AHRIM : la création d?une synergie entre ces établissements pour attirer les clients étrangers. Et pour que ces petits hôtels deviennent grands dans les mémoires des touristes?
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