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Joseph Cardella, sociologie s?exprime sur?
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Joseph Cardella, sociologie s?exprime sur?
... la crédibilité de la presse
Je pense qu?elle est de moins en moins crédible et ce pour des raisons qui lui échappent en partie. La presse obéit à une logique où l?information est une marchandise que l?on vend. Plus on la soigne et on la met en valeur, plus facilement on la vendra. Autrement dit, plus l?horreur d?un fait est mise en valeur, plus les détails d?une histoire à scandale sont croustillants et plus on vendra de journaux. Le sensationnalisme est l?élément fédérateur de toute presse, mais il est utilisé à des degrés différents. On sait aussi que les médias subissent parfois des manipulations et des pressions. On constate par ailleurs un caractère conformiste de la plupart des journaux qui caressent très souvent (voire toujours pour certains) les faits dans le sens du poil. Le lecteur doit donc considérer tout cela en face des médias.
... l?objectivité dans le traitement des informations
L?objectivité n?existe pas. Un journaliste réagit comme tout être humain devant des choses inadmissibles, repoussantes. Est-ce que le plus objectif serait celui qui ne se laisserait pas emporter devant un fait sanglant ? Ça ne tient pas debout. On doit tenir compte de la richesse, et surtout de la complexité des points de vue. Un point de vue, c?est l?angle de vision que j?ai sur un objet déterminé. Je ne peux pas, par définition, avoir une vue totale sur l?objet qui est devant moi, car je suis tout simplement en face de lui. Celui qui sera situé dans un autre angle de vue ne verra sans doute pas la même chose que moi. Pour être le plus objectif possible, la presse devrait donc donner plusieurs points de vue.
... les fameuses limites
Si on dit qu?il faut légiférer sur la liberté de la presse, on risque des dérapages importants. Si l?on dit, d?un autre côté, que la presse a le droit de tout faire, de tout dire, cela pose aussi un problème. Il faut en fait différencier les types d?information. Si être libre, c?est dévoiler la vie privée des personnes, rentrer de plus en plus dans leur intimité, alors qu?ils ne le souhaitent pas, c?est ce qu?on appelle un viol.
Mais si la liberté de la presse consiste à aller fouiller dans les affaires publiques, c?est-à-dire dans tout ce qui fait partie de la vie politique, économique ou sociale, c?est son droit.
... entre tout dire et ne pas tout dire
Dire ce que l?on dit en s?étant assuré que la source est fiable, et que soit mentionné dans l?article le degré de fiabilité, c?est ce qu?on devrait demander à un journal. Maintenant nous savons tous que devant certaines informations compromettantes, des journalistes ne les publieront pas. Ils ne peuvent pas occulter les intérêts et conflits d?intérêts qui existent dans les différentes sphères de la société. Le journaliste évalue tout le temps les risques potentiels de l?information qu?il publie. Cela dépend surtout des groupes de pression, souvent occultes, mais néanmoins dangereux. Cela dépend aussi de l?importance du journal. Certains, de par leur puissance et leur appui, pourront plus facilement se permettre des choses qu?un petit quotidien plus vulnérable qui n?y songera jamais.
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