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Jonathan, un mordu de la « ravanne »

10 décembre 2006, 00:00

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À 16 ans, Jonathan Appasamy joue de la ravanne, de la maravanne et du triangle comme un pro. Il l?est d?ailleurs, car avec ses deux frères, Giovanni et Stevenson ? qui se sont bâtis une réputation dans le milieu ? il se produit régulièrement dans des hôtels et pas des moindres. « Cela fait un an que je joue dans de grands établissements? Au début, j?étais mort de trac et j?ai même fait quelques gaffes, que les touristes n?ont heureusement pas remarquées », raconte-t-il.

Sous la houlette de ses deux frères, Jonathan s?améliore jusqu?à maîtriser du bout des doigts et des mains le rythme de la ravanne. Il a de la chance d?avoir à domicile deux profs, ses frères ayant créé, il y a quelques années, une école de ravanne à Barkly, où ils initient des jeunes à cet instrument.

Au lieu d?errer dans les rues, ces derniers apprennent à jouer et obtiennent, au terme du cours, un certificat. « N?im-porte qui peut jouer de la ravanne, à condition de beaucoup s?appliquer. Il faut aussi avoir une oreille musicale et le rythme. »

Son dada, la sonorisation

Joignant le geste à la parole, il place sa ravanne sur sa jambe gauche et avec ses doigts agiles crée un morceau au rythme frénétique, à vous donner envie de vous trémousser ! « Pour un séga typique, on produit des sons avec les doigts, mais aussi la paume de la main. »

À ses débuts, Jonathan s?exerçait sur une ravanne en peau, instrument traditionnel par excellence, qui produit de meilleurs sons. Puis, il est passé à la ravanne synthétique qui est, selon lui, plus pratique car elle ne demande pas à être chauffée au préalable.

« Sauf quand des touristes veulent que nous la chauffions devant eux. C?est un spectacle qu?ils apprécient. Souvent, ils viennent nous féliciter à la fin de notre show qui dure en général 45 minutes. »

De la ravanne, Jonathan est passé naturellement à la maravanne et au triangle, qu?il joue tout aussi bien. Mais son dada, c?est la sonorisation. Une fois de plus, c?est son frère Giovanni qui le familiarise avec le branchement des appareils et les réglages minutieux du son. Comme Giovanni, Jonathan aimerait devenir ingénieur du son.

Pour l?instant, il apprend les roua-ges du métier et donne un coup de main à Giovanni lors des fêtes. Tous deux ont fait, samedi dernier, la sonorisation d?une manifestation autour du sida à Baie-du-Tombeau.

Certes, la voie de Jonathan est toute tracée. Si bien qu?il s?étonne qu?on lui demande pourquoi il aime tant la musique. « Autant que je m?en souvienne, j?ai toujours été entouré de musique. Pour moi, c?est naturel, ça ne s?explique pas. »

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