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John Capel : “Je ne suis plus un gamin !”

15 juillet 2004, 20:00

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<B>Que s’est-il passé à Sydney ?</B>

– Ce n’était pas mon jour. En vérité, je crois que j’avais un peu la “grosse tête”. J’avais oublié pourquoi j’étais venu, les sacrifices que j’avais fait pour en arriver là, mon objectif... C’est un souvenir encore douloureux, et je pense qu’il le restera tout au long de ma vie. Mais j’aurai une chance de me racheter cette année.

<B>Quels seront les hommes à battre à Athènes ?</B>

– Maurice (Green), bien sûr. Il a obtenu une dérogation pour ne pas participer aux sélections. Il faudra compter sur (Justin) Gatlin aussi, et Shawn Crawford, qui est en forme cette année, tout comme Asafa Powell. Il faudra se méfier d’Usian Bolt, que je retrouverai sur le 200 m, et de Darrel Brown, un sprinter à suivre. Peut-être que j’oublie quelqu’un... Ah, Bernard Williams. Je pense qu’ils sont tous candidats pour la finale à Athènes.

<B>Qu’avez-vous ressenti après votre titre sur 200 m à Paris, en 2003 ?</B>

– Je ne savais pas quoi dire... Darvis (Putton) me répétait “Tu l’as fait !”, et moi je me disais “Je l’ai fait, j’ai réussi, je l’ai eu...”. Nous étions tous les deux excités parce que la sélection américaine avait des problèmes. Tout le monde s’inquiétait parce qu’on n’avait pas beaucoup de médailles, alors on était fier d’avoir réussi une grosse performance pour les Etats-Unis.

<B> Aviez-vous vraiment la pression ?</B>

– Oui, et on en avait tous conscience. On nous répétait : “Vous savez qu’on a raté le 100 m, alors vous, les coureurs du 200 m, vous devez faire quelque chose.” Donc on avait la pression, avant même de rentrer sur la piste. Et, après le forfait de Joshua J. Johnson, Darvis et moi savions qu’on était les seuls à avoir une chance. On devait donner le meilleur de nous-même, et c’est ce qu’on a fait.

<B> Ce titre a-t-il changé quelque chose pour vous ?</B>

– Je ne pense pas qu’il ait changé mon approche des courses, mais il m’a donné un surplus de motivation, parce que les autres me considèrent comme l’homme à battre. Du coup, je suis plus attentif sur ce que j’ai à faire, notamment ma préparation quand j’entre en piste. Je dois rester concentré sur ma course, pas celle des autres.

l Que pensez-vous de l’affaire Balco, un phénomène de dopage qui touche l’ensemble de l’athlétisme américain ?

– Je pense que les gens devraient faire plus attention à ce qu’ils font, car tout le monde sait que la polémique fait vendre les journaux. Tout le monde essaie de savoir qui sont les coupables, mais je ne pense pas que quelqu’un le sache un jour. Mais nous avons arrêté de suivre cette affaire pour nous concentrer sur les Jeux Olympiques, parce que c’est notre véritable but. Il faut qu’on aie une bonne équipe à Athènes pour renouer avec la gloire d’antan. On doit arrêter de s’inquiéter de ce qui se passe dans les médias, car ils sont en train de nous démolir.

<B>Après Sydney, vous vous êtes mis au football américain, avant de vous remettre à l’athlétisme. Pourquoi ?</B>

– Après Sydney, je n’avais plus envie de traîner autour des pistes. En plus c’était financièrement intéressant de passer au football américain... Si je suis revenu sur les pistes d’athlétisme, c’est grâce à ma femme et à ma fille. Je ne pense pas que j’aurai pu regarder mes enfants droit dans les yeux et leur dire que j’avais abandonné les sprints sans me retourner, alors que dans ce sport j’étais le meilleur. Après, comment aurai-je pu dire à ma fille : “N’abandonne pas, remonte sur ton vélo même si tu tombes”, si moi-même j’abandonne à la première chute ?

<B>Cela vous a-t-il fait progresser ?</B>

– En termes de maturité, oui. Je ne suis plus le gamin que tout le monde veut calmer, comme le disait Ato Boldon à Sydney. Maintenant, on doit me respecter comme un homme.

DOPAGE

<B>Torri Edwards positive à la nicethamide</B>

La championne du monde du 100 mètres, l’Américaine Torri Edwards, a été contrôlée positive à la nicethamide et pourrait être privée des prochains Jeux olympiques, a-t-on appris mercredi soir de source proche du dossier. L’athlète de 27 ans a été contrôlée lors d’un meeting à Fort-de-France, en Martinique, le 24 avril dernier, a confirmé l’IAAF. Cette affaire sera étudiée lundi par l’Agence américaine antidopage. Edwards s’est assurée samedi dernier une place dans la délégation américaine qui participera en août aux JO en terminant à la deuxième place du 100 mètres.

Elle cherche également à se qualifier sur 200 mètres.

Mais les athlètes dont la prise d’un produit stimulant est avérée sont passibles de sanctions allant jusqu’à deux années de suspension. L’Américaine n’a pas pu être contactée.

Elle a été déclarée championne du monde après avoir terminé deuxième de la finale du 100 mètres à Saint-Denis l’an dernier derrière sa compatriote Kelli White qui a par la suite perdu son titre lorqu’elle a reconnu s’être dopée.

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