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Jockey : un métier qui monte
Les critères sont de taille pour devenir jockey : 1m55, 50 kg. Inutile de croire qu?il suffit de bien cavaler ou de manipuler la cravache pour remporter des courses. Stratégie, discipline, rigueur et une complicité avec le cheval sont les exigences du métier. « Avant d?apprendre à monter à cheval, il faut se familiariser avec l?anatomie de l?animal. C?est pour cela que les personnes appelées à devenir apprenti jockey effectuent d?abord un stage de formation comme palefrenier », déclare Samraj Mahadia, jockey et président de l?Association des jockeys et apprentis jockeys mauriciens. Outre le nettoyage des boxes, le ramassage des crottes ou le brossage des chevaux, les apprentis doivent aussi maîtriser les techniques de monte.
La formation est assurée par des moniteurs chevronnés du Club hippique, qui débouche sur une sélection des meilleurs apprentis. Les entraînements démarrent dès 5 heures au Champ-de-Mars et au centre Guy Desmarais à Floréal. les apprentis peuvent participer à la première course lors des journées hippiques, organisées par le Mauritius Turf Club (MTC). Les apprentis doivent aussi veiller aux excès de poids. Un petit kilo de trop, et c?est le régime ! « En général, les apprentis disposent de cinq ans pour compléter leur formation, mais ils peuvent éventuellement être promus dans la catégorie professionnelle, en fonction de leur performance ou de leurs victoires, ou selon les recommandations des responsables des écuries qui les emploient », ajoute notre interlocuteur.
Cette année, on compte la participation de 12 écuries, 25 apprentis jockeys et 14 jockeys mauriciens ainsi que 8 jockeys étrangers de nationalité australienne et sud-africaine. Huit courses sont au programme d?une journée hippique. Dans le cadre de la 192e édition de la saison, plusieurs innovations ont été apportées par le MTC. Par exemple, la première course débutera à 13 heures au lieu de 12 h 3 0 tandis que le nombre de journées hippiques passera de 28 à 30. Autre changement : l?attribution du Merit Rating ? l?évaluation de la performance des chevaux. Il faut savoir qu?auparavant, la performance des chevaux était évaluée en terme de divisions ? A, B, C, D et E.
La première course et la dernière étaient destinées aux chevaux les plus faibles, donc de la division E, la deuxième et la septième course pour les chevaux de la division D, la troisième et la sixième pour les chevaux de la division C, la quatrième course pour la division A et la cinquième épreuve pour la division B. Le système de Merit Rating se base également sur la performance des chevaux et s?échelonne sur une échelle graduée de 20 à 108. « Pour qu?il y ait une équité à travers ce système d?évaluation, le cheval le plus fort, qui atteint une performance de 108, peut transporter un jockey n?excédant pas un poids de 108 livres tandis que le poids d?un jockey pour le cheval le plus faible ? au rating de 28 par exemple, ne doit pas dépasser 28 livres », explique Khalid Rawat, Marketing Manager de la MTC. L?avantage est que les chevaux de diverses performances ont plus de chance de participer dans les courses sur des parcours de 1 365 à 2 400 mètres.
Les courses hippiques sont régies par les Rules of Racing, document interne de la MTC. Dans les grandes lignes, cette loi stipule que les jockeys n?ont pas le droit de miser sur les résultats des courses et risquent d?être rétrogradés, voire même disqualifiés s?ils gênent un concurrent lors d?une course.
À ce jour, on ne compte aucune femme jockey. Qu?est-ce qui explique cette absence de la gent féminine au sein de la profession ? « Cela dépend de la demande. Malheureusement, sur un millier de demandes effectuées, nous n?avons reçu qu?une seule venant d?une femme, il y a cinq ans. Cette dernière ne s?est pas qualifiée », ajoute Khalid Rawat. Selon Samraj Mahadia, il faut encourager les femmes dans cette voie : « À l?étranger, de nombreuses femmes exercent ce métier. Je pense qu?à Maurice, il faut les encourager à le faire ».
Toujours est-il que la carrière de jockey attire surtout la jeune génération. « Le succès du métier repose sur tout ce qui entoure les courses. Les gens se rendent au Champ-de-Mars en famille. Les parents sont toujours très attentionnés et ne ratent pas une occasion pour transmettre leurs connaissances ou pour faire visiter les lieux aux enfants ; ce qui fait des courses hippiques une passion toujours grandissante », affirme le Marketing Manager de la MTC. Les autres raisons à cet engouement : le prestige, la gloire émanant des victoires et bien évidemment les gains. Les discussions pour l?aménagement d?un deuxième hippodrome à Bagatelle sont actuellement en cours entre la MTC et l?État. La saison hippique se terminera le 5 décembre.
Il était une fois la première course hippique
À quand remonte la première journée hippique ? En fait, c?est le jeudi 25 juin 1812 qu?elle a eu lieu, dans l?après-midi probablement au Champ-de-Mars. à cette époque, la journée hippique se composait de trois courses. Pour la première, quatre chevaux de garnison étaient en compétition et les officiers britanniques faisaient office de jockeys. Les chevaux devaient parcourir trois tours de piste à deux reprises. Au cas où le vainqueur de la première manche ne remportait pas la deuxième, on organisait une troisième. Le prix de la première course était une coupe d?or remise par Lady Farquhar, l?épouse de Sir Robert Farquhar, le gouverneur d?alors. Le gagnant de cette première journée était une jument prénommée Fanny, montée par un dénommé M. Reader, et appartenant au lieutenant Grier. La deuxième épreuve a été remportée par Haphazard et la troisième par un cheval à la robe grise, Rondeaux.
Le salaire des jockeys
Combien rapporte la profession de jockey ? En fait, chaque jockey est payé à la monte. En général, il incombe aux employeurs de déterminer le montant de son salaire. Dans certaines écuries, aucune rémunération n?est attribuée pendant les premiers six mois. Il se peut que cette période non-rémunérée soit prolongée. En général, à partir d?un an de service, les apprentis jockeys touchent environ Rs 800 mensuellement. Lors des entraînements, ils obtiennent Rs 50 pour la monte d?un cheval. Par contre, lors de la journée hippique, la monte avoisine les Rs 1 400 pour l?apprenti jockey et de Rs 1 600 pour le jockey professionnel. Au cas où l?apprenti jockey remporte une course, il obtient un bonus d?environ Rs 300.
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