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Jean-René Moutia n?a pas oublié
Le Racing Club de Maurice était jadis au volley-ball mauricien ce que la Fire Brigade a longtemps été au football : l?équipe référence, une véritable machine à gagner. Pendant treize longues saisons ? règne entamé au début des années 70 ? le club de Trianon est resté invaincu sur le sol mauricien. Le passeur Berty Appadoo et l?attaquant Roberto Juhel, sans doute les deux meilleurs joueurs du pays, symbolisaient à eux seuls ce règne sans partage. ?On ne jouait pas pour gagner 3-0, mais contre-la-montre.
Notre objectif était de gagner nos matches le plus rapidement possible?, confiait récemment Berty Appadoo, devenu en cours de route le président du club.
Deux hommes ont contribué à la naissance du mythe Racing. Si Clément L?Éveille a, dans un premier temps, réinventé un nouveau concept du volley-ball, il confia son héritage du beau jeu à Jean-René Moutia, promu au poste d?entraîneur en 1973. Moutia avait à l?époque 28 ans et portait encore le brassard de capitaine. ?Quand Clément est parti, j?apparaissais aux yeux de tous, au Racing, comme son successeur logique. J?ai accepté l?offre?, raconte Moutia.
Devait s?ensuivre une période faste pour les Canaris, qui restèrent invaincus sous sa tutelle jusqu?en 1983 et une défaite inoubliable contre la Police, 3-2.
Le volley-ball, Jean-René Moutia l?aime plus que tout. C?est sa passion. Ce sport est en lui. ?J?ai commencé dans l?arrière-cour. Au collège, j?ai été inspiré par les frères Dennemont qui m?ont transmis leur flamme pour le volley-ball?, explique-t-il.
Jean-René Moutia se la joue modeste. La réussite du Racing c?est la réussite d?un collectif. ?Un entraîneur ne fait pas une équipe. Et puis, il faut dire que j?ai eu la chance d?avoir sous mes ordres de très grands joueurs, sans doute les meilleurs de l?histoire du volley-ball mauricien?, clame notre interlocuteur. ?Le Racing, c?était avant tout une équipe de camarades. Les copains d?abord quoi. On aimait être ensemble.?
Exilé en australie
En ce temps-là, ses joueurs étaient prêts à tous les sacrifices. ?Ils étaient fiers et braves. Et orgueilleux qui plus est. Pour rien au monde, ils n?auraient accepté la défaite. En matches, ils se battaient comme de beaux diables pour maintenir leur suprématie. Il faut aussi dire qu?on avait la chance d?être bien encadré par des dirigeants passionnés, au premier rang desquels figuraient Maurice Rault, Jacques Malié, Cyril Leckning ou encore Cyril Coquet, pour ne citer que quelques noms?, se rappelle encore Jean-René Moutia.
Aujourd?hui exilé en Australie, Jean-René Moutia ne regrette pas d?avoir quitté son pays natal. ?Je suis parti parce qu?il fallait que j?assure l?avenir de mes enfants. Ça devenait difficile d?un point de vue financier. J?ai longtemps hésité avant de prendre la décision. J?assume aujourd?hui mon choix et je ne le regrette pas. Mes enfants ont réussi leur vie. Mais je n?oublierai jamais Maurice?, conclut celui qui, en 1979, allait conduire notre sélection nationale à une inoubliable médaille d?or aux Jeux des îles 1979, en terre réunionnaise.
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