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Jean-François Colin alias Jamel - Artiste peintre et slameur
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Jean-François Colin alias Jamel - Artiste peintre et slameur
● Le slam commence à se faire un nom. Peut-être poussé par le succès, en France, de Grand Corps Malade et de Abd al Malik. Ce ne serait-ce pas qu?un effet de mode, voire un feu de paille culturel ?
Je ne crois pas ! Ca fait cinq ans que je baigne dedans. Par rapport à l?effet Grand Corps Malade, c?est vrai que ça va effectivement pousser certaines personnes vers le slam à Maurice. Le slam est plus visible. Mais attention, il y a deux types de slam. Il y a le slam seul et le slam alternatif, c?est-à-dire avec de la musique. Beaucoup de personnes oscillent entre les deux. Il y a donc des transfuges. Certains sont plus portés par la musique parce qu?elle offre peut-être un meilleur tremplin. Quoi qu?il en soit, le slam, peu importe le courant, permet de dire ce qu?on pense vraiment.
● Qu?est ce qui vous a poussé vers le slam ? pourquoi ne pas avoir préféré le rap par exemple ?
Simplement parce que je me qualifie autrement que chanteur. Tout le temps, j?ai eu besoin de m?exprimer, de dire ce que je ressentais vraiment, que ce soit sur le moment, ou même sur ma vision de la vie. Effectivement, il peut y avoir cette tendance à vouloir raccrocher le slam au rap ou au R?nB. Mais le slam c?est un art à part entière. J?ai aussi horreur des poètes, de ceux qui sont en costard cravate. Ca donne une image fausse de la poésie je crois. On veut qu?elle soit classique, pompeuse. Je me répète mais c?est une fausse image. Tout comme de penser que la poésie est réservée à une certaine classe ou à un certain clan. La poésie est en fait un art libéral, plus populaire qu?on ne le croit. Le slam c?est justement ça. Tu te sens libre de dire ce que tu penses. Tu n?as pas cette contrainte de te dire qu?il faut faire comme Baudelaire par exemple, tu n?as pas la forme figée de la poésie «traditionnelle», alors que ces poètes ont été des précurseurs je crois. Alors pourquoi pas nous en 2008 ?
● Jouer avec les mots, les phrases c?est donc ça qui vous intéresse. Passer un message aussi ?
Oui. Mais on a plus de liberté avec le slam. On peut enchaîner les mots et les phrases en mêlant différentes langues, la rime n?est pas une obligation. J?ai écrit un texte «koulèr-malèr». «Mone né lor enn la terre 7 kouler/en bas enn drapo 4 kouler/kot okenn kouler pa lé réuni?». Dans ce texte, je veux passer un message. Malgré le titre, je veux en fait positiver. C?est contre le fatalisme. Dans le slam on passe aussi des messages. Et quand je vais dans les écoles par exemple, je le fais de la même manière, comme lorsque je dis aux jeunes de ne pas se laisser berner par le bocal qu?ils ont à la maison.
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