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?Je ne suis pas là pour juger le style des autres?

21 octobre 2003, 20:00

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On vous décrit comme quelqu?un de calme et de posé, êtes-vous mal à l?aise lorsque vous vous trouvez sur une plate-forme entre les virulents Navin Ramgoolam et Rama Valayden ?

Ce sont des gens qui ont beaucoup de conviction et qui l?expriment parce qu?ils militent pour le petit peuple. Et puis, à chacun son style. Moi, je me mets simplement debout et je dis ce que je vois et ce que je pense. Je ne veux pas juger le style des autres.

Dans tout ce bruit, vous sentez-vous oublié de temps en temps ?

Je pense que le candidat est important mais que les causes et les thèmes sont plus importants encore que les personnes. On est là pour servir. Les thèmes doivent primer.

Est-ce que vous prendrez davantage de voix au fur et à mesure de la campagne ?

Je suis le candidat, j?ai un plan de travail, on fait beaucoup de porte-à-porte, mais c?est un travail d?équipe. Ce qui est important, c?est le parti.

N?avez-vous pas le sentiment d?être comme un instrument entre les mains de politiciens d?expérience ?

Je pense que les personnes n?ont pas autant d?importance que les questions majeures. On n?a qu?à prendre n?importe quel secteur ? le social, l?économie, la sécurité ? il y a une dégénérescence presque absolue. Le niveau du crime et de la corruption bat des records. On a perdu la confiance des investisseurs. Il se peut que le chiffre de 60 000 chômeurs ne dise rien. Prenez simplement l?exemple d?un père de famille qui ne travaille pas. Ce n?est pas l?île Maurice que l?on mérite. Et c?est sur ces thèmes que l?on doit mettre l?accent, pas sur une petite poignée de gens. Je le crois sincèrement.

Qu?entendez-vous par indépendance économique ?

Il faut que les gens commencent à croire qu?ils sont Mauriciens et qu?il n?y a pas de différence entre les classes. En ce moment, il y a un certain désespoir. Or il faut que l?on puisse mettre dans la tête des gens que chacun a droit à un certain niveau de vie. Il faut qu?ils puissent avoir le choix de faire ce qu?ils veulent. C?est ça l?indépendance économique.

Quelle est votre description de la situation au n°7 ?

C?est un bon exemple qui peut nous dire l?état des choses dans toute l?île. On ressent la mauvaise gouvernance dans tous les secteurs, dans la circonscription. A Bois-Mangue, sur toute une rue, tous les jeunes sont sans emploi. Et cela dans une situation de miracle économique? On le voit le bilan ? Au niveau de l?éducation, sur 30 000 enfants qui passent les examens du Certificate of Primary Education en ce moment, plus de 10 000 enfants vont échouer. Le problème est interconnecté car les problèmes économiques et sociaux ont un impact direct sur ce qui se passe dans les écoles.

Les problèmes de la circonscription, avec plus de 30 000 électeurs, dépassent les frontières du n° 7 et sont représentatifs du pays. Cette élection va donner l?occasion à la population de dire non à la mauvaise gouvernance. Cela peut donner un signal au gouvernement de revoir sa façon d?opérer. Nous sommes dans une démocratie et il faut une opposition forte. Si on a le peuple derrière nous, cela va nous faciliter la tâche.

Quelles sont vos propositions pour remédier à la situation que vous décrivez ?

Pour commencer, il faut que les gouvernants se rappellent qu?ils sont là pour servir. Il faut travailler beaucoup sur le social. Ce ne sont pas les jolis bâtiments qui vont faire les bonnes écoles.

Nous, nous sommes en train de militer pour la cause travailliste, pour les petits travailleurs. Et il semble que les gouvernants, eux, ont oublié cela et sont ailleurs.

S?il n?y a pas de sécurité, qui viendra investir ? Il faut rétablir un meilleur environnement pour attirer les investisseurs.

Selon le gouvernement, rien ne changera en matière de rapport de force, dans l?éventualité d?une défaite du candidat MSM, êtes-vous d?accord ?

C?est un signe de déphasage avec les réalités mauriciennes. Il me semble que le gouvernement a oublié l?importance de l?électorat. Ils sont en train d?ignorer ce que pensent les gens et c?est mauvais signe.

Un gouvernement sérieux et responsable n?a pas le droit de dénigrer une élection. De n?importe quelle organisation et surtout des politiciens, c?est la voix du peuple qui doit primer.

Pensez-vous que ce sera une campagne propre ?

Je l?espère sincèrement mais déjà vous voyez la propagande que l?on doit subir. On commence déjà à leurrer les gens aussi avec le candidat MSM qui serait le n°6 du gouvernement en cas de victoire. Moi, je vais travailler sur les thèmes principaux de la campagne.

Que pouvez-vous m?expliquer de la phrase, ?SAJ a trahi en vendant la lutte??

L?île Maurice est un pays d?1,2 million de personnes. Ce pays appartient à tous les Mauriciens. Et je crois que l?on ne peut pas faire une affaire d?Etat sur une seule personne. Si vous voulez je pourrais vous parler du bilan catastrophique ?

Vous en avez déjà parlé plus haut, ce que je veux savoir c?est quelle est la signification de cette citation ?SAJ a trahi en vendant la lutte?.

Pour moi ça n?a pas d?importance. La trahison ça a été sur le plan économique, social et law and order. On est élu pour servir et quand on oublie de servir, c?est une trahison.

Dans une campagne, et qui plus est dans une circonscription à majorité hindoue, la phrase a un double sens et c?est très dangereux, ne trouvez-vous pas ?

Je vous redis que pour moi l?important ce sont les thèmes de cette élection, l?économie et le social. Je ne veux pas faire de cette élection une affaire de personne.

Vous d?accord, mais les autres, et leur langage?

C?est une interprétation que vous en donné, mais moi, je ne vois cela qu?en termes de problèmes, en termes de paramètres.

Dans un monde politique où tout le monde attaque tout le monde, vous refusez de personnaliser les problèmes, comment cela se fait-il ?

Ce qui m?intéresse, c?est ce qui concerne les gens. On est là pour bien gérer les ressources pour qu?il y ait une société saine dans le consensus. C?est l?idéal.

Vous êtes nouveau en politique, vous l?avez dit vous-même, arriverez-vous à garder ce genre de discours longtemps ?

J?ai 41 ans, je suis comme ça jusqu?à l?heure?

Mais aujourd?hui vous êtes un politicien, vous allez forcément changer ?

Je vais changer en effet, mais il faut que je puisse garder cette ligne-là. Bien sûr il y a des dérapages, mais ce qui est important, ce sont les thèmes.

Ces petits dérapages peuvent-ils avoir des conséquences ?

Comme dans la presse, où vous avez la liberté d?expression et des responsabilités, nous aussi, nous avons des responsabilités. Nous n?avons pas le droit à l?erreur.

A part votre calme, quel est le style du politicien Jeetah ?

Je suis un simple citoyen qui parle des choses de tous les jours ?

C?est le genre de phrases que vous ressortez dans toutes vos interviews. A part ça, qui est Jeetah, le calme, le sobre ? ?

Je pense que ce n?est pas correct de personnaliser les problèmes. C?est ce qui est dit qui compte. Et sur les points, sur les faits, je ne vais pas être calme.

?Un gouvernement sérieux et responsable n?a pas le droit de dénigrer une élection. De n?importe quelle organisation et surtout des politiciens, c?est la voix du peuple qui doit primer.?

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