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?Je crains que les compétences ne soient pas disponibles ...?
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?Je crains que les compétences ne soient pas disponibles ...?
Cette année est résolument placée sous le signe de l?informatique. Une réunion au sommet regroupe dès ce matin tous les décideurs publics du secteur informatique?
Ce sera sans doute une année déterminante pour l?industrie des Technologies de l?information et des Communications(TIC). Nous voulons placer Maurice sur l?échiquier de l?informatique mondiale et nous ne pouvons perdre de temps. Ce matin, se tiendront de véritables états généraux chargés de dégager un plan d?action pour la promotion de la cyber tour. Le Board of Investment, la BPML, le National Computer Board ainsi que mon ministère participent à cette session de travail. Elle sera suivie, la semaine prochaine, d?une journée de réflexion sur la promotion de Maurice avec la participation du secteur privé.
Le marketing de la cybertour a-t-il bien démarré ?
Oui , nous espérons qu?elle sera entièrement remplie avant fin 2005. Nous accentuons la campagne avec un programme ciblé en direction d?investisseurs spécifiques. Des missions de prospection seront organisées en France, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Inde. Nous voulons attirer, pour l?instant, des services qui utilisent l?informatique comme outil de travail? les IT enabled services (ITES). Il faut capter une part de ce gigantesque marché. De plus en plus de firmes multinationales ont recours à l?externalisation, le Business Process Outsourcing. (BPO). Elles sous-traitent des opérations qui ne font pas partie de leurs activités de base. Il y a aussi le soutien administratif , c?est à dire le back- office.
Quel bilan peut-on faire aujourd?hui de l?industrie des TIC ?
Environ 40 % de la cybertour, qui est dotée d?une superficie totale de 440 000 pieds carrés, est déjà réservé. En outre, il y une douzaine d?opérateurs qui se sont implantés ailleurs qu?à Ebène. 3 000 emplois ont été créés dans l?industrie informatique ces trois dernières années. Rappelez-vous qu?en 2000 il n?y avait que deux opérateurs de call centres à Maurice, Bowman et Mauritius Telecom.
Vous dites que plusieurs compagnies ont réservé de l?espace dans la cyber tour. S?agit-il d?entreprises existantes qui veulent simplement déménager ?
Non, il ne s?agit certainement pas de déménagements. Je parle là de nouvelles activités, de création d?emplois. Cette cybertour qui a été édifiée d?un coût de Rs 1,5 milliard a pour objectif de faire démarrer en puissance l?industrie des TIC. Il n?est pas question d?utiliser des artifices destinés à créer l?illusion de remplissage.
Si le projet du gouvernement est de faire de Maurice le back-office des grandes multinationales, ce n?est pas très ambitieux?
Tout à fait. Le back-office n?est qu?une première étape. Nous comptons rapidement évoluer vers la conception et l?intégration de systèmes, l?outsourcing informatique, le développement de logiciels applicatifs et l?hébergement de centres de repli pour les bases de données (disaster recovery )?
Il était question qu?Infosys allait s?engager dans la production de logiciels en attendant la construction de son ?disaster recovery centre??
Le projet de construction de son siège principal à Albion est en bonne voie. Il est vrai aussi qu?Infosys comptait immédiatement s?engager dans la production de logiciels et a loué le bâtiment des Hassamal à Rose-Hill à cet effet. Malheureusement, il n?a pu démarrer encore parce qu?il ne trouve pas d?ingénieurs ayant les compétences nécessaires. J?ai appris qu?ils ont interviewé quelques personnes mais qu?ils les ont jugées inaptes car les normes de la compagnie sont très exigeantes.
Outre la chasse aux investisseurs, la formation devrait vous préoccuper cette année.
Sans doute. D?ailleurs le Premier ministre a évoqué ce problème en énumérant ses priorités pour l?année. Nous ne pouvons pas faire l?économie d?une vaste programme de formation sous peine de rater complètement le décollage de l? industrie des TIC. Ce n?est pas vrai de dire, pour autant, qu?il faut attendre qu?un nombre suffisant de diplômés arrivent sur le marché de l?emploi pour pouvoir rendre opérationnelle la cyber tour. Avec les détenteurs de SC et de HSC qui sont inscrits sur les listes du Bureau de l?emploi, on peut déjà se lancer dans activités considérées comme bas de gamme. Les centres d?appels, la saisie de données et le back-office peuvent facilement absorber les 5 000 détenteurs officiellement inscrits. Or, la cyber industrie a le potentiel d?absorber bien plus. Mais faut ? il encore trouver des personnes à Maurice, avec au moins un HSC ? chose qui n?est pas facile aujourd?hui.
Opérer un centre d?appels est une activité à faible valeur ajoutée?
Oui, mais elle est incontournable en cette période de lancement. Ce n?est pas une activité durable. Dans quelques années nous perdrons ce business au profit de pays moins chers. C?est pour cela que notre ambition est d?aller progressivement vers le moyen de gamme, les ? transaction processes?, comme les demandes faites aux assureurs, les factures médicales, le ?financial accounting ? etc. Voilà pourquoi Maurice doit investir massivement dans la formation pour répondre à ce besoin en ressources humaines.
Comment allez-vous procéder en matière de formation ?
L?université de Maurice et l?Université de Technologie offrent déjà des cours dans le domaine de l?IT. Nous allons aussi accueillir tous ceux qui sont prêts à offrir des cours taillés à notre mesure, qu?ils viennent de la France, de l?Inde ou de l?Australie. Maurice pourrait devenir le kowledge hub de la région.
Comptable de formation, vous devez bien chiffrer vos objectifs. Combien d?entreprises espérez-vous toucher par le plan qui est finalisé ce matin ?
Je serais satisfait si nos efforts aboutissent à l?arrivée de cinq ou six gros opérateurs . Mais nous viserons une douzaine. Ce chiffre n?inclut pas les entreprises prestigieuses que nous avons déjà attirées à Maurice, dont Infosys et Accenture. Nous allons adopter un style personnalisé pour notre campagne de promotion. Je ne perds pas de vue que le meilleur agent de promotion du pays reste le politique. Je m?investirai personnellement tout comme je l?ai fait pour faire basculer Infosys dans le camp mauricien alors qu?elle était courtisée par le Singapour.
Les roadshows, c?est du passé !
Il va de soi que si j?avais organisé un roadshow au Taj, une personnalité comme Narayan Muthy, le no. 1 d?Infosys ne serait jamais venu. De même un Bill Gates ou un Michael Dell n?assiste pas aux rencontres collectives. Cela vous donne une idée de la catégorie dans laquelle nous voulons jouer. Je peux vous annoncer qu?en ce moment nous espérons conclure une affaire très intéressante avec le groupe Barclays Plc qui envisage un outsourcing de certaines activités chez nous.
Le directeur de l?Infocom Development Authority du Singapour vient de déclarer que ?Singapore?s infrastructure and strong support for the IT sector far outweigh the benefits that Mauritius offers,? ?
Il ne connaît pas notre pays. Il ignore sûrement le modèle de développement que nous préconisons. Maurice peut devenir la plaque tournante d?un partenariat Inde-Europe. Ils sont amers parce qu?Infosys ne s?est pas installée chez eux. Mais ils n?offrent qu?une ouverture vers les Etats-Unis, pays dans lequel Infosys est déjà fortement implantée. Nous avons, pour notre part, des atouts qu?ils n?ont pas.
Il y a une confusion entre les termes cybercité et cyberîle. Pouvez-vous élaborer sur ces deux concepts ?
A Ebène, il y a une cybercité qui est appelée à devenir une agglomération où sera concentrée l?industrie informatique. Des activités variées allant de la formation à la production de logiciels y sont prévues. Nous comptons étendre ce concept à travers toute l?île et construire des répliques , à petite échelle, du bâtiment intelligent qu?est la cybertour.
La cyberîle est une idée qui va au-delà de la création d?emplois. Elle existe quand la population entière est imprégnée d?une culture informatique, quand elle a accès à l?Internet, quand elle effectue son apprentissage à l?aide de l?outil informatique , etc? La cyberîle est un lieu de savoir.
Il reste un gros travail à faire pour faire pénétrer la culture informatique. Pour comprendre l?ampleur du problème, demandez, par exemple, aux chefs d?entreprises et aux cadres de la fonction publique combien d?entre eux ont visité l?exposition qui s?est tenue lors de l?ICT week en octobre.
Après Ebène, quels sont les lieux qui sont susceptibles d?accueillir les prochaines cybertours ?
A Rose-Belle , il y a un parc informatique qui sera créé sur 50 arpents. A St.-Antoine, à côté de Goodlands, une zone de 25 arpents est réservée par BPML pour l?implantation d?entreprises informatiques. Il y a un énorme potentiel de création d?emplois dans ce secteur. Ma plus grande crainte, c?est que les compétences ne soient pas disponibles. Si notre campagne porte ses fruits, on peut tomber sur un investisseur qui demande la garantie de pouvoir recruter jusqu?à 3 000 personnes avec un SC ou un HSC. C?est de cet ordre de grandeur qu?il s?agit dans cette industrie. Quand Microsoft s?installe à Hyderabad, il embauche 10 000 personnes. IBM emploie en Irelande 15 000 personnes.
Les emplois que vous évoquez concernent les jeunes issus du secondaire. La cyber industrie peut-elle employer également des jeunes qui n?ont pas atteint ce niveau d?instruction ?
L?industrie informatique aura un effet multiplicateur sur l?économie avec l?émergence de nombreux nouveaux prestataires de services . Je vous donne un exemple : les entreprises de la cybercité vont travailler en trois ?shifts? , ce qui entraîne des créations d?emplois dans des secteurs connexes, dont ceux du transport et de la restauration.
Il y a deux obstacles qui freinent une plus grande progression de la cyberculture : le coût de la connexion à l?Internet et la lenteur des services publics à rendre opérationnel le e-government.
A partir de mars nous serons techniquement prêts avec le serveur qui fera l?interface entre le citoyen et les divers départements de l?Etat. Encore faut-il que chaque ministère soit doté d?un IT unit avec un Chief Information Officer pour permettre aux services en-ligne de fonctionner. Quant au coût, il a considérablement baissé ces temps derniers mais il n?en reste pas moins qu?il existe un seul opérateur dans ce pays capable de fournir de la bande passante.
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