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Jagdish kinoodu séga sur la Canebière
Récemment, avec son groupe Jagdish and the Kreol Konnexyon, composé de musiciens de l?océan Indien, il a sorti un premier album, du séga traditionnel, revu et corrigé avec un son occidental, et privilégiant l?acoustique à l?électrique.Un album félicité par des magazines spécialisés, tels que Mondomix ou F Roots.
L?album, intitulé Ex-îlé, est une très agréable surprise. Du séga comme on aimerait en entendre davantage. Ici pas de synthétiseur ou de guitare électrique redondante. Les instruments, pour la plupart traditionnels ont leur exacte place. « C?est traditionnel mas pas vieux » précise-t-il en riant.
La force de cette musique, c?est la fusion, le métissage. Jagdish est un mélange qui aime se mélanger. Mauricien, parti étudier en Inde, puis installé en France, où il chante sa culture métis, ?kréole?.« Quand on a des origines, on ne les oublies pas. Le séga est en nous, dans notre corps », dit-il.
<B>Promotion de sa musique</B>
Son séga de Marseille a une couleur nouvelle, un parfum. « Le séga es fait pour la fusion. C?est la seule manière de faire évoluer cette musique. Utiliser les influences, sans pour autant les copier ».Des influences, il en a toujours eu et s?en est nourri. Son parcours musical pourrait remonter à son enfance à Cité Barkly, à ses souvenirs d?une cité fabuleuse, où la musique résonnait partout. « Je jouais de la ravanne à 7 ans, sans vraiment savoir. C?est juste que ça faisait partie de la vie de la cité ».
Bon élève, il reçoit une bourse et part faire des études en Inde pendant deux ans, avant d?atterrir à Marseille, où il devait poursuivre ses études en sociologie. Son voisin de palier était l?un des plus célèbres DJ de l?époque, précurseur du dub en France écoutait les premiers ragga de U Roy.
Avec lui, il lance le premier Sound System du sud de la France et commence à faire du ragga, préférable au reggae parce que l?on peut « plus tchatcher ». Une fois le sujet maîtrisé et le rythme contrôlé, comme d?autres rappent et chantent en occitan, la langue du Sud, lui chantera en créole. Il a vite pris le pli, de la chanson et de l?accent marseillais.
Il s?engage le jour dans le travail social, anime des ateliers de musique dans une prison, la nuit pour le métissage et la promotion de sa musique, de son pays.S?il a si bien su trouver sa place en France c?est parce que le Sud du pays, où il réside depuis vingt ans accorde une grande importance à la culture identitaire.
En s?engageant dans la promotion de sa musique, de son identité, il s?est fait remarquer et apprécier. Sa musique part à la rencontre des autres.
Marseille est une ville cosmopolite, tout le monde se retrouve, se rapproche, apprend des autres.
« Le séga, c?est la musique d?un peuple, la musique qui permet de dire que l?on existe », dit-il, et c?est « destiné à tous, aux Marseillais, Français au Arabes ? je ne veux pas travailler qu?avec les associations mauriciennes, plus communautaires. Il faut aller vers les gens ». « Il faut sortir le séga de sa léthargie. Personne d?autre au monde ne peut jouer du séga, comme nous. Je ne comprend pas que les reprises de poubelles américaines soient n°1 à Maurice ».
Il souhaite que le séga rayonne autant à l?étranger, que les musiques étrangères rayonnent à Maurice.Son influence, venue de l?étranger, pourrait peut-être changer la donne. Pour l?instant l?album n?est pas encore disponible à la vente à Maurice. Bientôt. Il pense aussi venir jouer à Maurice. Un jour.
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