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Jacinthe : la catastrophe à 144 kilomètres près

4 février 2005, 00:00

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L?île Maurice échappe de justesse à une autre catastrophe cyclonique. Dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 février 1980, le cyclone Jacinthe accélère et fonce droit sur Maurice, à une vitesse de 32 km à l?heure. Il s?agit d?un puissant cyclone, à la trajectoire moins capricieuse cependant que Hyacinthe. Son centre serait-il passé sur Maurice que le vent aurait soufflé à plus de 190 km à l?heure. Il infléchit heureusement sa direction, ce qui le fait passer à 144 kilomètres au sud-est de Mahébourg dans la matinée de lundi. L?île demeure toutefois sous la menace d?une vaste bande nuageuse et reçoit de nouvelles averses diluviennes pendant toute la journée du 4. La météo peut enfin mettre fin à l?alerte cyclonique en début d?après-midi. La pluie continue toutefois à arroser une île Maurice, inondée comme jamais auparavant sur une si longue période.

Jacinthe s?est formé dans l?après-midi du 1er février. Il se renforce rapidement et devient un cyclone intense le 3. Sa trajectoire est des plus classiques : nord-est/sud-ouest. Sa vitesse de déplacement est telle que la météo doit passer directement à l?alerte de classe II. En 24 heures, du 3 au 4 février, 10 heures, Vacoas enregistre 5,59 pouces (144 mm) de pluie. La catastrophe est donc évitée, non sans laisser de graves séquelles pour les régions déjà inondées, pour les cultures vivrières (la livre de petits piments se vend désormais à Rs 90) ainsi que pour le programme de chargement du sucre dans le port.

La presse mauricienne ne perd pas espoir pour autant. L?express, par exemple, annonce fièrement que Litronix compte investir Rs 8 m. dans de nouveaux équipements. Elle désire créer mille nouveaux emplois. Il s?agit d?installer 115 nouvelles machines pour remplacer 150 devenues obsolètes. Renouvellement aussi pour les 350 microscopes en service ainsi que du côté des climatiseurs. Litronix produit environ deux millions d?ampoules par mois et les exporte vers l?Europe et les Etats-Unis d?Amérique. Elle prétend avoir un marché assuré pour trois millions d?ampoules mensuellement. Les pièces électroniques qu?elle fabrique sont utilisées par les firmes allemandes BMW, Volkswagen, Grundig. Ses ventes mensuelles sont estimées à Rs 20 m.

Autre bonne nouvelle Lonrho-Afrique recrute une cinquantaine d?artisans pour le compte d?une usine sucrière au Soudan, la Kenana Sugar Factory, une entreprise para-étatique. Parmi les artisans recrutés, se trouvent quelques licenciés des grèves d?août 1979 et d?autres artisans au chômage. M. René Noël, Group Chief Consultant de Lonrho, participe activement à la mise sur pied de l?usine sucrière de Kenana.

Gaëtan Duval, alors en vacances en Afrique du Sud, en compagnie de Nicol François, se prépare à rencontrer des ministres sud-africains, afin de préparer la voie à la délégation ministérielle, chargée du délicat dossier de la vente du thé mauricien dans le pays honni de l?apartheid. Pretoria a décidé de ne plus acheter du thé de Maurice en raison des critiques formulées, aux Nations unies, contre le régime sud-africain, par l?ambassadeur Radha Ramphul.

De Marseille, Raj Meetarbhan se livre à quelques réflexions sur la décennie 1980. Elle commence par deux calamités internationales : la guerre en Iran et en Afghanistan. En Iran, 50 employés de l?ambassade américaine sont tenus en otages. Meetarbhan cite Henry Kissinger se désolant que les Etats-Unis entrent dans un monde où ils ne sont plus les plus forts et que douloureuse est cette transition pour eux. Plus grave est la crise énergétique. En 1970, le pétrole coûtait $ 1,20 le baril (Rs 9 de l?époque). Début 1980, il passe à $ 36 (Rs 271.50). Il en résulte une crise aiguë. Au rythme effréné de consommation des précédentes décennies, les réserves pétrolières s?épuiseront dans une vingtaine d?années. Le monde industriel se rend enfin compte de sa précarité. L?humanité doit apprendre à se rabattre au plus vite sur l?énergie nucléaire et solaire. Celle-ci coûte au départ dix fois plus cher que celle-là mais présente moins de risques et une meilleure rentabilité à long terme.

L?Organisation Fraternelle, des frères Sylvio et Elie Michel, est la seule à célébrer le 145e anniversaire de l?abolition de l?esclavage. Elle le fait, non pas au Morne ni à Pointe-Canon, Mahébourg, mais au Jardin de la Compagnie, au Port-Louis. Sylvio Michel déplore le boycottage dont fait l?objet le livre de Rivaltz Quenette : ?La fin d?une légende?. Pour cet historien le devoir est accompli. Il efface d?un certain martyrologe les accusations trop faciles portées contre les Mauriciens comprenant que trop qu?il n?y a pas d?émancipation effective sans respect absolu de la justice sociale.

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