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IVTB : Quinze ans au service de la formation

30 janvier 2004, 20:00

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Jeet Rawti, la trentaine, est un technicien heureux. Son carnet de commandes est si rempli qu?il doit parfois mettre ceux qui le sollicitent en attente un ou deux jours. Son atelier de Triolet, appelé Electronic Plus, est florissant. Sa spécialité : installer et réparer les antennes paraboliques.

Près de 75 % des personnes ayant une parabole dans le Nord font appel à ses services en cas de problème. Son métier de base, qui est de réparer les appareils électroniques, il a dû le laisser tomber, faute de temps. Et pourtant?

Il y a dix ans, rien ne prédisait un tel avenir pour Jeet Rawti. «En 1993, j?ai suivi un cours d?électronicien pendant six mois à l?Industrial & Vocational Training Board (IVTB). C?était vraiment un cours de haut niveau. Cela m?a permis d?avoir des bases solides pour entamer ma carrière», relate le technicien.

Ce passage à l?IVTB, qui fête aujourd?hui ses 15 ans, lui a également fait comprendre l?importance de la formation. Depuis 1993, il n?a cessé d?enchaîner les diplômes dans son domaine.

Pour Chris Bungshy, c?est un autre parcours. Diplomate au haut-commissariat britannique, il s?est recyclé en formateur à l?IVTB à la création de l?institution, en 1989. «Je leur dois tout. L?IVTB a créé le marché de la formation et a influencé la vie de plus de 200 000 personnes», dit-il.

En passant par l?IVTB, et en profitant des subventions de l?institution de Phoenix, il a pu ainsi devenir un vrai professionnel dans le domaine de la qualité et de la gestion. Sa compagnie, Total Quality Management (TQM) Consultants Ltd, est même sollicitée à l?étranger.

«Aujourd?hui, mon entreprise compte une dizaine de formateurs et de consultants dans le transfert des technologies de qualité et de gestion», souffle Chris Bungshy. L'homme, qui ne pouvait rêver d?une meilleure vie professionnelle, demeure toujours proche de l?IVTB.

Un pari pas évident

Depuis le début de ses opérations, l?IVTB a formé plus de 50 000 personnes directement et pas moins de 200 000 grâce au système de subvention mis en place pour aider les compagnies à former leur personnel.

Rien n?était pourtant gagné au départ. L?histoire commence en 1985. Le gouvernement est alors conscient que le pays a besoin de main-d??uvre qualifiée pour pouvoir suivre le train du développement. L?expérience singapourienne, qui a mis en place un programme de formation depuis le début des années 1980, sert de modèle.

Mais les discussions sur la mise en place du Central Training Board, qui s?occupera de la formation, stagnent. Le secteur privé s?en mêle et insiste également sur le besoin de créer une institution de formation qui tiendrait compte des considérations nationales. Le secteur privé est en effet le mieux placé pour dire de quelle main d??uvre il a besoin.

L?IVTB Act est votée en 1988. Elle stipule que le conseil d?administration doit être composé à part égale de membres du secteur privé et du secteur public. L?institution a toutefois le statut d?un organisme parapublic. Il est également agréé que 1 % de la masse salariale du secteur privé doit être reversé à l?IVTB afin de financer les cours.

En 1989, l?institution entre en opération. Suresh Munbodh est nommé directeur. Il est épaulé de deux autres personnes. Aujourd?hui, 498 personnes, dont 223 formateurs, sont employées par l'institution, qui compte 12 centres de formation, dont un à Rodrigues.

A l'origine, l?institution portait une triple casquette, celle de régulateur du secteur de la formation, de médiateur et de fournisseur. Depuis la récente création de la Mauritius Qualifications Authority et du Human Resources Development Council, l?IVTB se concentre uniquement sur la prestation de cours de formation.

«Nous faisons de la formation complémentaire ou supplémentaire. Notre vocation est d?offrir de la formation que le secteur privé ne veut ou ne peut pas donner pour des raisons notamment d?ordre financier», souligne le président de l?IVTB, Dan Bundhoo.

Il s?agit en d?autres termes d?offrir des cours à des prix abordables mais qui ont un coût élevé pour l?institution. «Nos cours correspondent toujours à la demande du privé sinon nous n?aurions aucune raison d?être là», indique Dan Bundhoo.

Depuis 2001, l?IVTB répond présent pour former dans le domaine des nouvelles technologies. L'objectif est de répondre au besoin croissant de personnel ayant des notions de l?informatique. Ce sera le début des cours subventionnés. Non seulement le programme est gratuit, mais les jeunes qui le suivent reçoivent en plus «de l?argent de poche». Environ 3 000 détenteurs du HSC sont ainsi passés par là. Une School of Information Technology sera même mise sur pied.

L?IVTB à la rescousse

Afin de recycler les extracteurs de sable et les licenciés de la zone franche, le gouvernement appelle à nouveau l?IVTB à la rescousse. Depuis l?an dernier, ils peuvent bénéficier d?un de ces cours «subventionnés».

Pour l?avenir, l?institution veut encore aller plus loin dans sa vocation. L?installation de conteneurs dans les villages pour y offrir des cours techniques, comme de plomberie ou de tuyauterie, est envisagé.

Mais, la plus grande fierté de l?IVTB demeure l?Ecole hôtelière. Héritée du gouvernement français, qui avait créé aux casernes de Curepipe dans les années 1980 une école de formation pour le secteur touristique, l'institution en a fait un vrai success-story, à tel point que le besoin se fait sentir pour en créer une deuxième. «Nous ne pouvons répondre à la demande. Il n'est possible que de former 50 % des gens du secteur», souligne Dan Bundhoo. L?IVTB, victime de son succès ?

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