Publicité
Istanbul : sept suspects arrêtés
La police a procédé à «plusieurs arrestations» dans le cadre des attentats de jeudi, a déclaré à la presse le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gul pour qui son pays «fait face à des attaques terroristes organisées». Les attentats anti-britanniques sont survenus cinq jours après deux attaques similaires, à la voiture piégée, contre deux synagogues de la ville qui ont fait 25 morts et plus de 300 blessés.
Sept suspects étaient interrogés par la police anti-terroriste où les attentats de jeudi ont visé le consulat britannique et la banque britannique HSBC, faisant 27 morts, pour la plupart turcs, et plus de 450 blessés.
Les deux auteurs des attentats suicide à la voiture piégée ont été identifiés par la police et sont des Turcs, selon le quotidien à grand tirage turc
Hurriyet. Il s'agirait de deux hommes, Azad Ekinci et Feridun Ugurlu, des militants islamistes, déjà recherchés dans le cadre des attentats suicide de samedi contre deux synagogues à Istanbul, selon le journal.
Le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, arrivé dès jeudi soir à Istanbul, a qualifié les attentats «d'attaque contre la civilisation», ajoutant qu'ils avaient été menés par des «fanatiques sans scrupules».
«faut répondre de façon globale»
Ces attentats, qui font suite à d'autres attaques dans le monde, «montrent que le monde civilisé est confronté à une menace globale», a affirmé M. Straw lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Gul. «Il nous faut y répondre de façon globale», a-t-il ajouté.
M. Straw a visité hier matin, aux côtés de M. Gul, le siège de la HSBC où 11 personnes ont été tuées. A son arrivée jeudi soir, il avait brièvement inspecté les dégâts au consulat où 16 personnes sont mortes, y compris le consul général Roger Short.
M. Straw a relevé que la Turquie et la Grande-Bretagne étaient «liés» en tant qu'Etats démocratiques luttant contre le terrorisme, ajoutant que les attentats ne feraient que renforcer «notre détermination à tous à voir la Turquie membre à part entière de l'Union européenne».
Il a également estimé que les attaques étaient l'oeuvre «d'associés» du réseau Al-Qaïda d'Oussama ben Laden, opinion partagée à l'unanimité vendredi par la presse turque qui estimait que les attaques de jeudi constituaient «le 11 Septembre» de la Turquie. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont affirmé hier soir être en possession d'informations sur de possibles nouvelles attaques en Turquie et ont mis en garde leurs ressortissants.
«Nous disposons d'informations, selon lesquelles de nouvelles attaques pourraient être lancées», a indiqué le Foreign Office britannique, ajoutant que les cibles des bombes «ont été indubitablement choisies en raison de leurs liens avec la Grande-Bretagne».
Le ministère britannique a conseillé à ses ressortissants d'éviter les grandes villes turques, dont Istanbul. Le département d'Etat, pour sa part, a estimé que la série d'attaques à Istanbul représentait un changement notable de tactique de la part des organisations terroristes en Turquie.
Il a conseillé aux citoyens américains «de remettre à plus tard tout voyage non essentiel en Turquie».
Selon un porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, «la sécurité a été considérablement renforcée depuis hier» autour de toutes les représentations diplomatiques, consulaires et commerciales étrangères dans le pays.
A Ankara, deux universités qui emploient de nombreux professeurs étrangers, ont annoncé avoir avancé les vacances marquant la fin du Ramadan, fermant leurs portes dès jeudi au lieu de vendredi soir par mesure de sécurité.
Les journaux turcs affirmaient toutefois que le pays ne se laisserait pas intimider. «Aujourd'hui, nous devons être unis», proclamait le quotidien populaire Sabah. «Nous ne nous laisserons pas effrayer, ni enfermer chez nous. Nous vaincrons le terrorisme, main dans la main avec le reste du monde».
Une cellule d?al-Qaïda revendique les attentats
Une cellule du réseau islamiste al-Qaïda a revendiqué les deux attentats au véhicule piégé contre des intérêts britanniques jeudi à Istanbul, qui ont fait 27 morts, dont le consul de Grande-Bretagne. Un communiqué des Brigades Abou Hafz al-Masri publié sur un site internet islamiste affirme que les intérêts britanniques ont été visés «pour briser la paix de la Grande-Bretagne (...) qui combat l'islam».
«En Turquie aujourd'hui, l'avant-garde des Brigades Abou Hafz al-Masri a pris pour cible le consul britannique, Roger Short, en raison de son expérience considérable dans la lutte contre l'islam et parce qu'il est considéré comme le cerveau de la politique britannique dans la région incluant l'Irak, la Syrie, la Turquie et l'Iran», déclare le communiqué.
«Nos voitures mortelles ont frappé le bâtiment du consulat. Comme le siège de la banque britannique (HSBC), il s'agit d'un bastion de l'économie britannique et il faut que la Grande-Bretagne et son peuple sachent que leur alliance avec l'Amérique ne leur apportera ni prospérité ni sécurité», poursuit le communiqué.
Ce même groupe avait déjà revendiqué le double attentat contre des synagogues d'Istanbul samedi, dans lequel 25 personnes ont péri.
Ces quatre attentats ont également été revendiqués par un groupuscule turc, les «combattants du Grand Orient islamique/front».
Publicité
Publicité
Les plus récents