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Israël détruit la maison du kamikaze
L?armée israélienne a détruit hier à l?explosif la maison de la famille du policier palestinien qui s?est fait sauter dans un autobus jeudi à Jérusalem-Ouest, faisant dix morts et des dizaines de blessés.
Tsahal avait donné à la famille seulement quelques heures pour déménager de cette maison en béton de deux étages située dans le camp de réfugiés d?Aïda, qui touche la ville de Bethléem.
Tout en faisant leurs bagages à la hâte, ses proches ont rendu hommage au kamikaze, Ali Djara, un policier de 24 ans travaillant à Bethléhem.
«Toute mère palestinienne serait fière de son fils martyr», a déclaré sa mère Fatahiya, 50 ans, à Reuters. Elle a dit ne pas être au courant de l?intention de son fils de mener un attentat suicide.
L?armée israélienne a pour habitude de démolir les maisons des familles des personnes qui ont commis un attentat suicide, en estimant que cette pratique, condamnée par les groupes de défense des droits de l?homme, joue un rôle préventif.
L?attentat contre le bus de Jérusalem-Ouest, condamné par le Premier ministre palestinien Ahmed Koreï, a été revendiqué par deux groupes différents, le Hamas et les Brigades des martyrs d?Al Aqsa, proches du Fatah.
Première fois depuis six mois
C?était la première fois depuis six mois que les forces israéliennes ont pénétré à Bethléem. Ils avaient pour mission d?interpeller les militants palestiniens au lendemain d?un attentat suicide qui a tué 10 Israéliens dans un autobus de Jérusalem.
Près d?Hébron, des soldats ont abattu un militant du Hamas qui avait, selon l?armée, tiré sur eux alors qu?ils pénétraient dans sa maison pour l?arrêter.
Dans la bande de Gaza, deux Palestiniens munis d?explosifs et d?un lance-roquettes ont été abattus alors qu?ils s?approchaient d?une colonie juive, a-t-on appris de sources militaires israéliennes. Un troisième homme a pris la fuite.
Le trio agissait dans le cadre d?une opération conjointement menée par les trois principaux groupes armés palestiniens, Hamas, Djihad islamique et brigades des martyrs d?Al Aksa, a-t-on déclaré de sources palestiniennes.
Des témoins palestiniens ont rapporté qu?une quinzaine de véhicules blindés israéliens étaient entrés dans Bethléem avant l?aube et que des soldats avaient entrepris de fouiller des maisons dont celle où aurait vécu le kamikaze de jeudi; un policier palestinien membre des Brigades des martyrs d?Al Aksa.
Les militaires ont ordonné l?évacuation de la maison du kamikaze, avant de la détruire.
Les soldats ont interpellé six Palestiniens recherchés, a annoncé Tsahal. Des témoins ont fait état de douze arrestations.
«L?opération a été lancée après qu?il fût apparu que les Palestiniens n?avaient pas rempli leur obligation de faire cesser le terrorisme, ce qui l?attentat d?hier a démontré», a déclaré une porte-parole de l?armée.
Israël a remis le contrôle de Bethléem à la police palestinienne en juillet. Les autorités israéliennes avaient alors averti que l?armée reviendrait si les forces palestiniennes ne mettaient pas au pas les activistes.
Les Brigades des martyrs d?Al Aksa, une organisation liée au Fatah de Yasser Arafat, ont revendiqué l?attentat de jeudi et publié une lettre laissée par le kamikaze expliquant qu?il entendait riposter au raid israélien qui a tué huit Palestiniens, mercredi dans la Bande de Gaza.
Il s?agissait de l?attentat suicide le plus meurtrier depuis l?attentat du 4 octobre contre un restaurant de Haifa, où une kamikaze du Djihad islamique avait tué 23 autres personnes.
Selon les services de renseignements israéliens, le Djihad islamique pourrait aussi être impliqué dans l?attentat de jeudi. Le Hamas a de son côté publié des photos du kamikaze, le front ceint du bandeau vert du groupe.
L?Autorité palestinienne a condamné l?attentat tout en réclamant l?arrêt des violences israéliennes.
Le nombre de personnes tuées depuis le début de la deuxième Intifada fin septembre 2000 s?élève à 3 728, dont 2 786 Palestiniens et 875 Israéliens.
Le Hamas revendique l?attentat suicide de Jérusalem
Le Hamas a revendiqué hier la responsabilité de l?attentat suicide qui a tué dix Israéliens à bord d?un autobus jeudi matin à Jérusalem.
Le groupe musulman fondamentaliste a adressé sa revendication sous la forme d?un communiqué faxé au bureau de Reuters à Gaza.
L?attentat a déjà été revendiqué le jour même par un autre groupe armé palestinien, les brigades des martyrs d?Al Aksa.
Mais l?organisation Al Aksa, notoirement divisée entre factions, a diffusé un communiqué de Ramallah vendredi dans lequel elle dément avoir joué un rôle dans l?attentat.
Pour ajouter encore à la confusion, le kamikaze, un policier palestinien Bethléem, a laissé derrière lui deux lettres distinctes. Dans l?une, il dit avoir agi au nom d?Al Aksa, dans l?autre au nom du Hamas.
Dans son communiqué, le Hamas déclare, comme les brigades des martyrs d?Al Aksa la veille, que l?attentat visait à venger la mort de huit Palestiniens dans un raid israélien mercredi à Gaza.
Il arrive que les groupes armés palestiniens revendiquent parfois simultanément le même attentat.
Par Saïd Ayyad
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