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IRS : les entrepreneurs locaux ne peuvent pas suivre
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IRS : les entrepreneurs locaux ne peuvent pas suivre
A quoi sert un boom dans la construction si le pays n?a pas de main-d??uvre qualifiée pour en prendre avantage ?Alors que le gouvernement présentait les projets d?Integrated Resorts Scheme (IRS) comme offrant des avantages certains pour le pays, en particulier la création d?emplois grâce à la construction de villas de luxe, ce dernier ne peut plus répondre à la demande.
Un appel d?offres pour la construction de 133 villas de luxe à Bel Ombre ? les villas Valriche ? a révélé un fait inquiétant : huit des dix compagnies invitées à soumettre leurs propositions n?ont pas pu le faire pour la totalité du projet. Les huit compagnies sont mauriciennes. Seules deux compagnies étrangères ? une indienne et une chinoise ? ont pu répondre à l?appel d?offres dans sa totalité. Le contrat de Rs 2 milliards a donc été alloué à une entreprise chinoise.
Trois des compagnies mauriciennes ont refusé de répondre en invoquant un manque de main d??uvre et un calendrier trop chargé. Entre-temps, l?entreprise chinoise, China Jiangsu, a besoin de 400 permis pour que sa main d??uvre ? qui, elle, ne manque pas ? puisse venir travailler sur le chantier, qui débute le mois prochain.
En décembre dernier, la société Les Villas de Bel Ombre Limitée lance un appel d?offres pour la construction de la première phase de son projet IRS des Villas Valriche, les 133 villas de luxe au coût de Rs 2 milliards.
Villas de Bel Ombre invite dix compagnies de construction à remettre leurs propositions. Les huit mauriciennes sont Rehm Grinaker, Gamma Civic, Building and Civil engineering, Colas, Transinvest, Pad &Co, General Construction et Cogir Limitée. Les deux compagnies étrangères sont Sharpoorji Pallonji de l?Inde et China Jiangsu.
Or, aucune des compagnies locales n?a pu répondre favorablement à l?appel d?offres pour la construction des Villas Valriche, puisqu?aucun des entrepreneurs en bâtiment locaux n?a pu soumissionner pour la totalité des travaux d?infrastructure. Pire, deux des entrepreneurs, General Construction et Cogir, ont écrit à Villas de Bel Ombre pour décliner l?invitation d?appel d?offres en disant que leur calendrier de travail pour 2007 et 2008 était trop chargé, mais aussi qu?ils n?avaient pas les ressources nécessaires pour répondre positivement.
Quelque temps après, Rehm Grinaker devait, lui aussi, retirer sa soumission (qui ne prenait en considération qu?une partie des travaux) pour cause de manque de main-d??uvre et de calendrier trop chargé.
Le contrat pour la construction de la phase I des villas Valriche a donc été confié à China Jiangsu en août pour un peu moins de Rs 2 milliards. Les travaux débutent le 15 octobre et devront être complétés dans deux ans. Villas de Bel Ombre Limitée a déjà avisé le ministère du Travail que la compagnie chinoise fera une demande de 400 permis de travail pour ses employés, qui se mettront bientôt au travail à Bel-Ombre.
Il est à noter que Cogir, une des compagnies qui a refusé de se soumettre à l?appel d?offres des Villas Valriche, construit actuellement un IRS au Goulet. Si l?entreprise mauricienne a pu avoir ce contrat, elle a cependant dû faire appel à des travailleurs étrangers ? du Sri Lanka notamment ? pour la construction des villas?
<B>Des initiatives pour pallier le manque de main-d??uvre</B>
Devant les difficultés pour avoir de la main-d??uvre locale, le secteur du bâtiment se voit dans l?obligation de recourir à l?importation.
Parallèlement, l?Empowerment Programme (EP) a démarré un projet pilote de formation avec la collaboration de l?Industrial and Vocational Training Board (IVTB) et la Building and Civil Engineering Contractors Association (BACECA). Car cette association des entrepreneurs du bâtiment a besoin de quelque 1 500 travailleurs.
Dans le cadre de ce projet ?Placement et Formation?, l?EP a envoyé des lettres à 600 jeunes inscrits comme chômeurs. Les stages de formation, qui s?échelonnent sur un an, comprennent un jour de stage à l?IVTB et quatre jours sur des chantiers. La formation est pour quatre corps de métier ? dont les maçons et les ferrailleurs.
Mais des 600, seulement 60 se sont présentés pour la formation et 40 ont décidé de suivre les cours. Ils toucheront Rs 4 500 par mois pendant le stage. ?Nous avons obtenu la collaboration d?une organisation non gouvernementale à Port-Louis et 56 personnes ont exprimé leur intérêt pour la formation dans ce secteur. Nous attendons la réponse des employeurs à ce sujet. Certains d?entre eux sont même disposés à employer des femmes?, explique Hootesh Ramburn, coordinateur de l?EP.
?Nous avons une liste de 23 femmes prêtes à faire de gros travaux dans ce secteur, comme maçons et carreleurs. D?autres femmes ont signifié leur intérêt pour être embauchées pour des travaux de plomberie, d?installation électrique et de climatisation.?
<B>1 300 travailleurs étrangers</B>
Le nombre de travailleurs étrangers était de 700 l?an dernier. Il aurait doublé en 2007, car il se situerait autour de 1 300. General Construction Co. Ltd (GCC) a un effectif de 3 500 personnes, mais seulement 80 d?entre elles viennent de l?étranger, notamment de l?Inde, alors que d?autres entreprises ont une main-d??uvre étrangère plus conséquente que la main-d??uvre locale.
Le Bureau central des statistiques prévoit que la croissance va plus que doubler dans le secteur du bâtiment cette année, pour atteindre les 10,7 %, contre 5,2 % en 2006. Cette croissance est attribuée principalement à la construction et la rénovation des hôtels, les projets d?Integrated Resorts Scheme et l?expansion du secteur du textile et de l?habillement.
D?ailleurs, les investissements du secteur privé sont estimés à Rs 39 milliards en 2007, contre Rs 34 milliards en 2006.
Une grosse partie de ces investissements est dans ces trois secteurs. On note les projets du Domaine du Valriche, les Pristine Villas, l?IRS de Mauritian Property Partnerships à Rivière-Noire, et le deuxième hôtel Sofitel du groupe Accor à Bel-Ombre.
Les projets Tamarina et Anahita à Médine et Beau-Champ, les hôtels de Sagar Hôtels & Resort à Balaclava, le Balaclava Resort and Spa, et Tamassa du groupe Naïade sont à différentes phases d?exécution. Sans compter les projets dans la cybercité d?Ebène-hôtels, banques, immeubles de bureaux, entre autres. S?ajoutent les expansions de la Compagnie mauricienne de textile, de Richfield Tang Knits et du groupe RS Denim à La Tour Koenig.
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