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Irak : Bush tarde à définir sa nouvelle stratégie
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Irak : Bush tarde à définir sa nouvelle stratégie
Le président George W. Bush n?est pas prêt à exposer aux Américains la nouvelle approche qu?il entend poursuivre en Irak. Alors qu?il avait prévu de s?adresser à ses concitoyens avant Noël pour tirer la synthèse du rapport Baker-Hamilton, M. Bush a reporté son discours. « Il a décidé que ce n?est pas prêt », a expliqué, le 12 décembre, son porte-parole, Tony Snow. Aucune nouvelle date n?a été annoncée mais, selon la Maison-Blanche, le discours devrait être tenu en janvier 2007.
L?annonce du report est intervenue après l?entretien que le président américain a eu par téléconférence avec l?ambassadeur en Irak, Zalmay Khalilzad, et les chefs militaires américains à Bagdad. Dans l?après-midi, le président a reçu le vice-président irakien, Tarek Al-Hachémi, un sunnite qui l?a mis au courant de la « terrible violence » qui sévit dans certains quartiers de Bagdad, a expliqué M. Bush.
Ces consultations font partie du processus de révision de la politique américaine en Irak, entrepris après la publication, le 6 décembre, du rapport de la commission bipartite dirigée par l?ancien secrétaire d?État républicain, James Baker, et le parlementaire démocrate Lee Hamilton.
Lundi, M. Bush a rencontré des experts à la Maison-Blanche ? trois anciens généraux et deux universitaires ?, qui se sont tous montrés sceptiques sur l?une des principales propositions du plan : le retrait des troupes de combat d?ici avril 2008.
Beaucoup de conseils contradictoires
Le président a reçu beaucoup de conseils contradictoires, selon la presse. S?il a reporté sa décision, ce n?est pas par « désarroi », mais parce qu?il « ne veut pas se laisser pousser à la précipitation »
et qu?il veut « faire les choses bien », a dit le porte-parole. Pour la secrétaire d?État Condoleezza Rice, il est normal que M. Bush prenne « un délai raisonnable » pour avoir « le sentiment qu?il a pleinement consulté [?] et qu?il dispose d?une voie dans laquelle il a confiance pour aller de l?avant ».
Plusieurs éléments sont en débat. Du côté militaire, l?administration réfléchit à une augmentation des troupes pour une courte période, afin de faire un dernier effort pour sécuriser Bagdad. Cette solution ferait partie d?une stratégie visant à faire mieux accepter le vote de nouveaux crédits pour la guerre, dès le début 2007. Actuellement, les militaires ne sont pas demandeurs de troupes supplémentaires. Ils estiment que le problème ne peut être résolu de manière militaire exclusivement.
Du côté politique, la discussion porte sur la solution dite « des 80 % », qui con-sisterait à privilégier le soutien aux chiites, en laissant tomber les sunnites, puisqu?ils continuent la guérilla. Cette idée serait approuvée par le vice-président Dick Cheney, alors que Mme Rice préférerait une formule plus inclusive. Elle est évidemment mal perçue en Arabie Saoudite.
Selon le New York Times, Riyad a convié M. Cheney il y a deux semaines pour lui signaler que le royaume aiderait financièrement les sunnites irakiens plutôt que de les voir assaillis par les chiites dans une guerre inter-confessionnelle.
Selon les premiers sondages publiés après la sortie du rapport Baker-Hamilton, une majorité d?Américains souhaitent l?application des principales recommandations de la commission.
@ 2 006 Le Monde ? Corine Lesnes ? (Distribué par The New York Times Syndicate)
SONDAGES
■ Washington Post/ABC News : 69 % des Américains souhaitent le retrait de l?essentiel des troupes de combat d?Irak d?ici à 2008. Six Américains sur dix sont favorables à des discussions directes avec l?Iran et la Syrie, recommandées par la commission Baker.
■ USA Today : 76 % estiment que Washington doit aider à trouver une issue au conflit israélo-palestinien, autre recommandation de la commission. Près de 61 % assurent que les États-Unis ne gagneront pas la guerre.
■ CBS News : 52 % pensent que la situation s?aggrave en Irak et 8 % qu?elle s?améliore. Seuls 15 % affirment que le pays est en train de gagner la guerre. Ce pourcentage n?a jamais été aussi bas.
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