Publicité
Irak : Appel américain à la répression des milices
Par
Partager cet article
Irak : Appel américain à la répression des milices
L?ambassadeur des états-Unis en Irak a exhorté les dirigeants irakiens à réprimer les milices, samedi, tandis que les blocs politiques reprenaient sous la pression de Washington des pourparlers laborieux pour tenter de former un gouvernement d?union nationale. L?ambassadeur américain Zalmay Khalilzad, qui ne cesse de faire pression pour la mise en place d?un gouvernement plus de trois mois après les élections législatives, a lancé un sévère avertissement aux milices dont beaucoup sont liées à d?influents dirigeants chiites et implantées dans les forces de sécurité. ?Un plus grand nombre d?Irakiens meurent du fait des milices que des terroristes?, a-t-il déclaré aux journalistes. ?Il faut maîtriser les milices.?
En février, la destruction d?un grand sanctuaire chiite irakien, à Samarra, a déclenché une vague de représailles de la part des milices chiites, faisant surgir le spectre d?une guerre civile tous azimuts près de trois ans après le début de l?insurrection de la minorité sunnite contre les nouvelles autorités soutenues par Washington. La crise a mis en évidence la nécessité d?un cabinet capable d?éviter un conflit interconfessionnel généralisé. Mais les dirigeants des différentes communautés ne sont pas parvenus jusqu?ici à surmonter les blocages politiques.
La police a découvert samedi en divers points de Bagdad les corps d?une dizaine de nouvelles victimes des violences interconfessionnelles, avec impacts de balles et marques de torture. A Mahmoudia, au sud de la capitale, des tirs de mortier ont atteint plusieurs habitations, faisant quatre morts et treize blessés selon la police.
Khalilzad a souligné que le gouvernement aurait un double défi à relever - réduire l?insurrection sunnite en contrôlant les milices qui se sont multipliées depuis la chute de Saddam Hussein en 2003. Les milices chiites, qui se sont mêlées aux forces de sécurité et à la police irakiennes, refusent de déposer les armes à un moment d?intense animosité interreligieuse.
Certains sunnites forment des unités organisées pour faire contrepoids aux milices chiites structurées comme l?organisation Badr et l?Armée du Mehdi de l?imam radical Moktada Sadr.
Washington est impatient de voir les dirigeants chiites, kurdes et sunnites s?entendre sur un gouvernement d?union qui soit en mesure de stabiliser la situation intérieure et de rendre possible un retrait progressif des troupes américaines. Les dirigeants irakiens tenaient de nouveaux entretiens samedi, mais rien ne laissait entrevoir un déblocage rapide. Le ministre des Affaires étrangères Hochiar Zebari a estimé vendredi que les différentes parties étaient maintenant prêtes à des compromis, et il les a engagées à ne pas perdre de temps. ?Si nous n?avons pas de gouvernement accepté par les principaux acteurs et communautés politiques, le pays tombera dans une instabilité encore plus grande, tout le monde prétendra faire la loi lui-même et le pays sera divisé?, a-t-il dit lors d?une réunion de ministres arabes à Khartoum.
Des élections législatives ont eu lieu le 15 décembre, mais un désaccord sur le choix du Premier ministre et la flambée de violence interconfessionnelle ont retardé la formation du premier gouvernement à base légale depuis la chute de Saddam Hussein.
Publicité
Publicité
Les plus récents