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Interpellations plastiques
Nouvelle configuration de la salle, surtout à l?étage avec une disposition plus agréable pour le regardeur. Plus de 70 ?uvres sont accrochées dans les bâtisses de l?école des Beaux-Arts, des peintures classiques des abonnés de l?événement plastique mauricien. Au rez-de-chaussée, on se heurte à la thématique sur les femmes de Vaco, encore une fois. Une Vénus revisitée, à l?océan Jaune Ocre de Nazroo ou les couleurs du colonialisme.
L?émotion recherchée en dévisageant ses peintures ou installations est absente. C?est en gravissant les marches vers la salle tout au fond de la galerie qu?on se sent envahi de quelque chose de fort. On se retrouve devant des ?uvres qui nous interpellent. On reçoit une claque devant l??uvre de Hans Ramduth, It was a very very rainy rainy day. Une réflexion sur la disparition de cette étudiante morte lors des grosses averses qui se sont abattues sur le pays, il y a quelque temps. Dommage qu?elle est Note for Sale (NFS), sinon l?installation irait bien dans le bureau d?un ministre qui s?est lavé les mains de cette affaire.
Autre oeuvre qui suscite l?attention, c?est l?installation de Florian Grosset, Bobon paret bob- bobon pa bon- d kon ! akot c ki bon ? Amateur de friandises méfiez-vous, il y a un piège dans ces bocaux. «Pran bon pou pa bon, pran pa bon pou bon.» A côté, Gérard, cet artiste qui garde la foi, conserve son Di pin mezon dans un emballage résistant à toute intempérie pour faire face à «letan dir», surtout avec la crise alimentaire annoncée. Vishal Gopal inonde dans le même sens, avec Ser vante. Une installation ingénieuse. Une thématique qui fait penser à cette phrase chantée de Kaya : «Ser vante zenfan, ser vante, ser vante zenfan na pena manze? »
Toujours extrême dans son approche, Nirveda Alleck nous oppose à son être en peinture avec The death of a conflict. Une double confrontation qui finit par la mort. Elle valse entre la vie et la mort de sa personne. Question existentielle. Ô combien essentielle. La Tante Ration de Nirmal Hurry, lauréat du récent concours de sculpture d?Immedia, interpelle aussi. Surtout avec la compensation salariale «honteuse» qui allège ce panier de vie. L?expo est ouverte au public jusqu?au 14 juin.
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