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Internet outil de communication pour les terroristes
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Internet outil de communication pour les terroristes
Les groupes islamistes liés à Al-Qaïda et leurs sympathisants semblent depuis quelques mois avoir fait d?Internet leur principal canal de communication afin de mener un véritable «jihad électronique». Ils utilisent les services du Web pour diffuser leur propagande, recruter ou encore collecter des fonds.
Des recherches menées séparément par Gabriel Weimann, expert de l?Institut américain de la paix et par l?université de Dartmouth montrent que les terroristes utilisent Internet de plusieurs manières.
D?abord comme un outil de propagande, pour revendiquer des actions, chercher à susciter la sympathie ou à inspirer la peur. Le Web leur permet aussi de diffuser des images choc, par exemple récemment l?enregistrement vidéo de la décapitation de l?otage américain Nicholas Berg en Irak.
Ils utilisent également le Net pour recruter. Ils surveillent les sites de discussion en direct, les «chats», envoient des questionnaires aux candidats potentiels. Ceux-ci doivent toutefois passer de nombreux tests en ligne et hors ligne avant d?être acceptés.
Certains sites sollicitent des dons pour des organisations caritatives derrière lesquelles peuvent se cacher des groupes terroristes. Les extrémistes islamistes utilisent également le courrier électronique pour communiquer entre eux, via des messages souvent codés.
«Les hommes politiques et les intérêts commerciaux utilisent Internet pour faire passer leur message, séduire et attirer des contributions financières», souligne Brian Jenkins, un expert du terrorisme à l?institut de recherche Rand. «Ces groupes terroristes agissent de la même manière.»
Il est difficile de dire si les extrémistes sévissant sur le Net sont des militants actifs ou de simples sympathisants, mais il est clair qu?ils profitent de sites ouverts à tous où se tiennent des discussions n?ayant rien de répréhensible.
Plutôt que d?inciter directement à la violence, beaucoup des documents extrémistes diffusés en ligne sont des déclarations générales véhiculant un message de haine et imprégnées d?antiaméricanisme, qui ne sont pas en eux-mêmes illégaux aux Etats-Unis. Le département américain de la Justice observe avec attention de tels sites, mais n?intervient que s?ils sont directement liés à des groupes terroristes connus ou mènent des opérations de blanchiment d?argent ou d?autres activités illégales, souligne Marcus Sachs, ancien responsable de la lutte antiterroriste à la Maison-Blanche.
Brian Jenkins souligne que plutôt que de tenter de supprimer les liens Internet permettant aux groupes terroristes de collecter des fonds, il serait peut-être plus productif que les autorités concentrent directement leurs efforts sur le démantèlement de ces organisations. Dans l?Idaho, le parquet fédéral a récemment poursuivi le webmestre de certains forums plutôt que les internautes ayant diffusé certains documents. Il était accusé d?avoir utilisé ses compétences en informatique pour encourager le terrorisme. Ses avocats ont expliqué que ce bénévole musulman n?avait rien à voir avec la création des documents litigieux et un tribunal l?a acquitté le 10 juin.
Les autorités américaines ont peu agi pour fermer les sites utilisés par les militants extrémistes, notamment parce qu?ils peuvent fournir aux enquêteurs des indices précieux. «Il est plus efficace d?utiliser ces sites pour collecter des renseignements que de chercher à les fermer», souligne Michael Vatis, ancien directeur pour la cybersécurité au FBI.
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