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Interdiction des sacs plastique : les producteurs s?emballent.

14 septembre 2003, 20:00

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L?ultimatum arrive à échéance pour les producteurs de sacs plastique. A compter du premier octobre, ils ne seront en effet plus autorisés à produire des sacs de moins de 80 microns d?épaisseur.

Une décision qui s?inscrit dans la stratégie du ministère de l?Environnement visant à réduire de façon considérable la pollution à Maurice. L?association qui regroupe les producteurs de plastique affirme que cette décision aura des répercussions sur la zone franche.

Le plastique représente 8 % des déchets générés à Maurice chaque année. Plus de 100 tonnes de matière plastique sont collectées quotidiennement. C?est près de 80 millions de bouteilles de boissons gazeuses et 350 millions de sacs plastique qui se retrouvent ainsi dans les dépotoirs de l?île annuellement. Ces chiffres qui ne cessent de grimper inquiètent le ministère de l?Environnement.

Parmi les mesures prises pour tenter d?endiguer ce flot de déchets : limiter le volume de déchets générés à la source, promouvoir le recyclage, introduire le compostage. Cela permettrait de réduire de 45 % les déchets expédiés à Mare-Chicose et l?incinération de ces ordures pour produire de l?électricité.

Le Conseil des ministres avait avalisé l?interdiction des sacs plastique de 50 sous le 22 novembre 2002. Les fabricants ont donc eu un an pour se conformer aux nouveaux règlements en matière de production plastique. Toutefois, nombre d?entre eux n?ont pas tenu compte de la mesure. Au ministère, on assure que la transition se fera en douceur pour les 22 entreprises concernées par ce marché qui génère 2 000 emplois directs.

?Il nous est difficile de renouveler tout notre équipement?, déclare Mounesh Mareeachalee, directeur de Plaspak Ltd et vice-président de l?association des producteurs. ?L?achat et l?installation de nos machines ont constitué un investissement considérable. Il est impossible de changer de matériel du jour au lendemain. Il nous faut plus de temps?, dit-il. Cependant, Mounesh Mareeachalee se dit prêt à coopérer en augmentant sensiblement l?épaisseur des sacs plastique produits par son usine. L?objectif : permettre aux consommateurs d?utiliser le sac à plusieurs reprises.

Equipements coûteux

Pour ne pas être affectées par l?interdiction, certaines usines, telles que Mauriplastics Co Ltd, ont préféré investir dans de nouveaux équipements. ?Nous avons cessé de produire des sacs plastique ordinaires. Nous nous concentrons maintenant sur la production d?emballages plastique destinés aux usines de la zone franche?, explique Philippe Yeung Shing, responsable de la production chez Mauriplastics. Une mesure qui a nécessité Rs 4 millions d?investissement pour l?achat de nouveaux équipements.

Les producteurs du secteur sont unanimes : l?interdiction des sacs de moins de 80 microns affectera de manière ?néfaste? et leurs entreprises et la zone franche. La raison : la majorité des producteurs de sacs fournissent également à la zone franche des emballages plastiques pour le textile, entre autres. ?S?il nous est interdit de produire des sacs de 50 sous, cela entraînera des pertes d?emplois et la fermeture de certaines usines. Cette situation provoquera à son tour une baisse de la production d?emballage pour les usines de la zone franche?, explique Mounesh Mareeachalee.

Les sacs plastique de la dimension actuelle représentent environ 40 % du chiffre d?affaires du secteur. Les 60 % restant proviennent de la production de sacs d?emballage pour la zone franche. ?Si l?on supprime 40 % de notre chiffre d?affaires en nous obligeant à cesser nos activités, c?est la zone franche qui en fera les frais?, avertit l?association des producteurs.

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