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Inflation politique
Dans la sphère économique, un acte politique n?engendre pas seulement un effet, mais une série d?effets. Imaginons quelques secondes que Rama Sithanen avait proposé un budget impopulaire, toute l?agitation de ces derniers jours aurait suivi un courant contraire, pour aboutir à un tourbillon politique qui aurait pu engloutir, sous les flots de la contestation, Rama Sithanen lui-même.
Si Nita Deerpalsing toise le troisième exercice budgétaire de Sithanen comme une fille amoureuse. Et Anil Bachoo sort d?un silence assourdissant pour pieusement répandre des fleurs et des louanges. C?est que tous les « wallahs » confondus, au Parti travailliste ou ailleurs, ont eu leur os social à ronger.
Mais le revirement le plus spectaculaire revient, sans conteste, à Tulsiraj Benydin qui a levé le coude ? non pas en protestation ? mais pour siroter un verre avec Rama Sithanen. Qui l?eut cru ? Cette photo d?eux, heureux comme dans un mariage hier impossible, est historique ; elle restera dans les annales des relations syndicats-politiciens. Sa portée politique est aussi lourde que la hausse consentie, en un tournemain, pour l?augmentation « in toto » de la conséquente augmentation des salaires des fonctionnaires. Indépendamment de l?envolée du cours du pétrole.
Celui qui dit que les fonctionnaires font et défont les gouvernements n?a pas tort. Si Rama Sithanen est le bras économique du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, lui, veille à ce que ce soit lui qui active le bras politique. Sithanen a souligné le souhait de son leader politique dans son discours du budget.
Si le troisième budget Sithanen était mauvais, est-ce que Paul Bérenger aurait soulevé la désuète question sur les versets sataniques de Salman Rushdie, qui circulent depuis des lustres sur Internet ? « Les versets sataniques » n?étaient qu?une diversion machiavélique. Le leader MMM a choisi de ne pas se mettre à dos les fonctionnaires tout en essayant de redorer son blason auprès des musulmans ! Il a visé Beebeejaun, mais a eu Gowresoo.
Si Sithanen était aussi impopulaire qu?avant le 6 juin 2008, le PTr aurait été divisé et affaibli. Une alliance MSM-MMM aurait été poussée çà et là, et elle aurait germé sur le terrain contestataire. Navin Ramgoolam aurait eu à lâcher du lest politique.
Mais Sithanen a provoqué une rentrée de dividendes politiques dans les caisses du parti. Pravind Jugnauth et Paul Berenger vont essayer d?en tirer profit en forçant un partenariat stratégique.
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