Publicité

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

6 juin 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Ma première rencontre avec Indiana Jones date d?il y a plus de 25 ans. C?était à des milliers de kilomètres d?ici, dans un pays où les gens participaient activement aux films qu?ils regardaient. Indiana Jones semblait perdu, entouré d?Arabes très hostiles et, planté devant lui, il y en avait un encore plus affreux que les autres qui faisait tournoyer son cimeterre en ricanant d?une manière particulièrement cruelle? La manière dont Indy parvint à s?en sortir provoqua dans la salle un tonnerre d?applaudissements. Personne n?y avait pensé et pourtant, c?était si évident !

Le tout premier Indiana Jones, premier film d?aventures ?moderne? à grand spectacle, marqua durablement les esprits. Non seulement à cause du spectacle, mais aussi à cause du rythme effréné, de la touche rétro, du héros très humain et de ces petits moments complètement inattendus et presque incongrus comme la fameuse scène précitée. La preuve de ce succès étant toute cette flopée de films d?aventures qui s?en sont inspirés durant ces 25 ans. Après tout ce temps, on espérait que ce quatrième tome, Indiana Jones et Le royaume du crâne de cristal vienne non seulement remettre à leur place tous ces films qui avaient eu la prétention d?égaler Les aventuriers de l?arche perdue, mais également surpasser les deux volumes suivants des aventures d?Indiana Jones.

Nous sommes en 1957 et le héros approche la soixantaine même s?il ne le paraît pas. Harrison Ford portant très bien ses 65 ans, il joue toujours aussi bien du coup de poing et peut courir et bondir comme un gamin ou presque. L?époque le voulant, il affronte cette fois non pas des nazis, mais la racaille russe en uniforme ; c?est-à-dire une bande d?affreux cocos qui ne sont là que pour tirer sur les bons (en les ratant à chaque fois) et faire peur aux braves gens. À leur tête, Cate Blanchett méconnaissable dans son personnage de la camarade colonel Irina Spalko : une version encore moins sympathique d?Anna Wintour (la créatrice de Vogue), un as du fleuret et du close-combat, glaciale et pleine de toute cette arrogance qu?on rencontrera à l?est du fleuve Niémen. Et, il y a évidemment le McGuffin (v. Hitchcock) pseudo mystique : après l?Arche d?alliance et le Saint Graal, voici maintenant le fameux crâne de cristal d?Akator.

Il y a donc tout ce qu?il faut avec, pour nous raccorder au passé (après toutes ces années !) le petit avion qui avance sur la carte du monde au son de la petite musique entraînante de John Williams (pas le guitariste, l?autre) et quelques petites allusions ça et là, pas plus qu?il n?en faut. Tout ce joli monde se court après, se tire dessus, se bagarre sur des véhicules en mouvement au milieu de paysages impressionnants, d?immenses masses rocheuses sont mises en mouvement et, fort heureusement, aucun petit singe n?est tué ou blessé dans toute cette histoire. Quelques références appuyées à certains mythes contemporains (colportés notamment par les livres d?Erich von Däniken : Nazca, visiteurs extraterrestres à l?ère pré-colombienne, etc.) viennent remettre la saga au goût du jour. Et, pour ce qui est de l?aspect humain, Indy se retrouve en famille avec Marion / Karen Allen et Mutt Williams / Shia Lebeouf, mais cela ne nous touche pas comme il y vingt ans, avec Sean Connery.

C?est justement ce qui déçoit un peu dans ce quatrième volume. Tout est là, tout est bien fait et même si Steven Spielberg ne se surpasse pas, cela reste quand même du Spielberg. Du beau spectacle, sans temps mort, mais on sera bien en peine de retrouver cette magie d?antan. Serions-nous devenus blasés??

Publicité