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Incompréhensions

3 juillet 2004, 20:00

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On distribue, sur une base hebdomadaire, bons et mauvais points. On restructure ici. On réforme là. On nous annonçait aussi un retour de la confiance. D?un regard panoramique, on donnait à voir un paysage socioéconomique empreint d?espoir. La présentation du dernier budget tendait en ce sens. L?opinion publique se disait qu?on allait lui donner le temps et l?espace pour respirer. Puis la population s?est réveillée vendredi avec le même sentiment désagréable de se laisser rattraper par l?inflation des prix. Il était cette fois-ci question du prix de l?essence et du diesel.

Jeudi soir les files d?attente devant les stations-serviceserpentaient le long des routes. La même impression de lassitude regagnait la population. Les remarques sarcastiques fusaient. L?aigreur perçait des commentaires. C?était une autre désaffection. Dans les regards se lisait un profond désenchantement qui disait lucidement un refus de croire que, dans trois mois, le prix de l?essence et du diesel pourrait être revu à la baisse. Certes, dans ce dernier cas, le mécanisme de correction avait été annoncé. Mais cette hausse est interprétée comme la première man?uvre pour commencer à reprendre ce qui avait été offert dans le sillage du dernier budget. Il y a des décisions qui dépassent l?entendement de l?opinion. La hausse du prix de l?essence et du diesel n?en est pas la seule.

À cause de la pusillanimité des précédents gouvernements, l?actuelle réforme du secteur sucrier arrive difficilement à répondre aux défis que représentent les propositions de réforme du Régime Sucre de l'Union européenne. Avec l?annonce par la Commission d?une baisse du prix du sucre de 37 % d?ici 2007, Maurice est engagée dans une lutte où elle laissera inévitablement des plumes. Les faits sont là et ils témoignent des difficultés du secteur sucrier mauricien.

Cela dit, pour avoir été trop laudatif sur le deal Illovo et pour avoir donné l?impression qu?il avait déjà réussi la restructuration de l?industrie sucrière, le gouvernement est la cible aujourd?hui de critiques acerbes. Tout ne pouvant être mis au compte des impérities de l?opinion, il faudra désormais convaincre que, faute d?avoir su se préparer et anticiper, nous pouvons être de bons sapeurs-pompiers. Lorsque l?un des piliers, sinon le pilier, de son économie est menacé, il est de mauvais ton de faire dans le sarcasme. Mais un minimum de discernement commandait une intervention prompte sur un secteur qui est directement menacé. Cela ne relève plus d?une question de perception de l?opinion, mais de manque de prévoyance.

De lucidité et de courage, c?est ce qu?il faudra aussi pour proposer la nouvelle loi qui revisitera l?Industrial Relations Act. Depuis 1973, les gouvernements se sont accommodés d?une loi qui fait figure d?épouvantail dans le monde du travail. On appréhende toujours d?octroyer le droit de grève et la liberté d?expression, entre autres. Des peurs, comme tant d?autres, qui racontent en pointillés ces mêmes histoires de promesses non tenues. Ces peurs qui disent le même refus de prendre la voie du réformisme, car cette route est parsemée d?épreuves où il faut souvent lutter contre les obscurantistes, sans réellement bénéficier du soutien des esprits dits éclairés. Mais cela, c?est l?histoire d?une incompréhension qui atteint son paroxysme?

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