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Incinérateur à La-Chaumière : Gamma face aux habitants
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Incinérateur à La-Chaumière : Gamma face aux habitants
«Il faut appliquer le principe de précaution et ne pas aller de l?avant avec ce projet car il y a trop de risques.» Tel est l?avis de Vassen Kauppaymuthoo, ingénieur en environnement. Il s?exprime sur l?implantation d?un incinérateur de déchets à La-Chaumière pour produire de l?électricité. Il intervenait lors d?une réunion de sensibilisation organisée par le Mouvement social pour l?environnement (MSE) et la Plate-forme anti-pollution (PAP), deux associations nouvellement créées. C?était mardi soir à Bambous, devant quelque 80 personnes.
Pour Vassen Kauppaymuthoo, l?incinération demande des mesures complémentaires qui ne sont pas encore disponibles à Maurice. «Les résidus suite à l?incinération donneront un concentré toxique qui demande le même traitement que des déchets radioactifs. Le résidu doit être vitrifié d?abord, mis dans des fûts en polyéthylène et enterré à 200 ou 300 mètres.»
Avis que partage Dr Iqbal Bhugun, docteur en chimie. Il pense qu?il ne faut pas accepter ce projet qui représente «un danger pour la santé à cause de ses émissions de dioxine et de furanne». Ce qui affecterait nappes phréatiques, animaux et légumes. Pour le Dr Bhugun, les pays qui ont de tels incinérateurs ont pris des risques et ils ne peuvent plus reculer. «Ces risques ne peuvent pas être pris ici, vu notre superficie. De plus, nous n?avons pas la technologie requise pour monitor ses implications.»
Sollicitée pour une réaction, Indira Pochun, project development manager chez Gamma s?en défend bec et ongles. «Selon le rapport sur l?émission de dioxine et de furanne, réalisé à Maurice en 2003, les sources majeures d?émission de ces substances sont la production d?énergie à partir de la bagasse (41 %) et les incinérateurs des hôpitaux (33 %)? Puisque nous allons traiter les déchets des hôpitaux, nous allons au contraire contribuer à purifier l?atmosphère de 33 % des émissions toxiques», explique-t-elle. Elle ajoute qu?«un quart des investissements, soit Rs 1,25 milliards, va dans l?Air Control Pollution System». Gaston Lew, autre intervenant, qui travaille dans un laboratoire de toxicologie, dit sa peur : «Y a-t-il un laboratoire qui pourra tester le taux de pollution», demande-t-il.
Indira Pochun assure que Gamma s?est déclaré prête à financer l?installation d?un laboratoire, géré par les habitants eux-mêmes et qui leur permettrait de contrôler quotidiennement les taux de pollution. Elle concède qu?il y a deux types de résidus, dont la fly ash (20 %) toxique. Ce résidu, qui contient des métaux lourds et de la dioxine, subira trois étapes pour éviter tout risque, dit-elle.
<B> Danger des toxines</B>
Vassen Kauppaymuthoo avance que les tests de vent auraient dû être faits sur le site de La-Chaumière et non à Plaisance. Indira Pochun déclare n?avoir pas pu faire «autrement car il n?y a que deux stations climatologiques pour faire ces tests et les conditions de Plaisance se rapprochent davantage de La-Chaumière que l?autre site».
Indira Pochun conteste l?argument du Dr Bhugun qu?ailleurs, il n?y pas d?habitation dans un rayon de cinq kilomètres de ce genre d?incinérateur : «A Newmunster en Allemagne, un incinérateur se trouve en plein c?ur d?une zone résidentielle. Quant à nous, nous avons respecté la distance que stipule l?EIA», relève-t-elle.
Un centre d?enfouissement risque de menacer la nappe phréatique tandis que le principal danger d?un centre d?incinération viendrait des toxines rejetées dans l?air. Le rapport Environment impact assessment de Gamma Civic et à l?expérience de son associé américain, qui opère déjà en Asie, le taux de résidu gazeux (toxine) est inférieur au seuil autorisé. A préciser toutefois que les estimations de tout EIA, dont celui de Gamma Civic, sont basées sur les données, parfois partielles, fournies par le commanditaire de ce rapport.
Pour leur part, la PAP et le MSE ont envoyé au ministre de l?Environnement et au Premier ministre, le 23 mars, une pétition signée par 2 000 habitants de la région. Hedley Pallany, l?un des membres fondateurs de la PAP, lance un appel pour que d?autres se joignent à son mouvement.
MSE est une association qui regroupe des habitants des endroits avoisinants le site proposé, dont Roches-Brunes, Mont-Roches, Camp-Levieux, Albion, Gros-Cailloux et Canot. Hedley Pallany déclare «qu?il n?est même pas question que l?incinérateur s?implante dans une autre région non plus». Ils souhaitent une alternative, tel le compostage. Mais certains déchets ne pourront jamais être traités autrement que par l?enfouissement : pensez au béton?
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