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Immobilisé au sol?

28 décembre 2003, 20:00

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La magie des Jeux des îles s?est désormais envolée. À l?heure des bilans, un constat s?impose : jadis étincelant, le judo mauricien a été méconnaissable cette année, que ce soit sur la scène régionale ou continentale. Quant à la Fédération mauricienne de judo (FMJ), elle n?était jamais tombée aussi bas.

Après s?être vantée pendant cinq longues années d?être la meilleure nation du judo dans la région, Maurice a rendu, en août dernier, la couronne prise aux Réunionnais en 1998.

Les Jeux d?Afrique se sont avérés, également, une catastrophe. Pour la première fois depuis son entrée sur la scène africaine en 87, Maurice est revenue d?Abuja sans la moindre médaille en poche.

Aucune excuse n?est permise : l?élite du judo mauricien bénéficie de bourses, de stages et de l?expertise étrangère. Mais après avoir atteint le sommet avec Jean-Claude Raphaël, Marie-Michèle St-Louis ou encore Priscilla Chery-Lebon, notre judo sombre petit à petit dans une léthargie inexplicable et inexpliquée.

Heureusement, qu?il nous reste des judokas de la trempe d?Antonio Félicité qui s?est distingué lors des Jeux des îles grâce à ses deux médailles d?or, de Dolly Namasivayen, ou autre Laval Collet, tous deux, invités-surprises sur le plateau des champions lors des Jeux.

De nombreux observateurs soutiennent que la décadence du judo mauricien s?explique par la mauvaise gestion de la FMJ. Et ils n?ont sans doute pas tort.

Tout au long de l?année 2003, elle a accumulé gaffe sur gaffe. Et certains judokas qui ne sont pas dans les bonnes grâces des dirigeants de la FMJ, se sont souvent plaints d?être lésés. Des bourses ne leur ont pas été attribuées et encore moins pour les sorties internationales.

Un exemple : pendant que le fils de l?entraîneur national, Mike Mounawah, bénéficie d?une bourse de la Solidarité olympique et fait le tour du monde sans pour autant réaliser des résultats, d?autres, à l?image du Rodriguais Antonio Félicité, pourtant médaillé de bronze aux Jeux du Commonwealth, n?ont été sélectionnés que pour un unique déplacement en Afrique du Sud en prélude aux Jeux des îles.

Judo de haut niveau

Autre absurdité : la non-sélection pour les Jeux d?Afrique de Laval Collet, pourtant médaillé d?or des JIOI dans la catégorie des moins de 66 kg. C?est Yannick David, son dauphin aux Jeux, qui avait été, dans un premier temps, retenu pour Abuja. Justice devait finalement être rendue à Laval Collet. Sous la pression du ministère de la Jeunesse et des Sports, instance suprême du sport mauricien, la FMJ est finalement revenue sur sa décision.

Collet n?était pas le seul à faire la une des journaux pour avoir subi les humeurs de ces messieurs de la FMJ. Que dire de Marie-Michèle Ravina ? Elle faisait partie de l?escouade qui avait remporté l?or lors de la compétition par équipe pour les Jeux mais n?a pas encore reçu de prime contrairement à ses co-équipiers. La raison : la FMJ avait omis de la recommander auprès du MJS.

Exprimons un voeu pour 2004: que ces messieurs de la FMJ se montrent désormais un peu plus responsables. Surtout que les Jeux olympiques d?Athènes pointent à l?horizon et qu?il faut s?y préparer sérieusement. La préparation concerne aussi les juniors susceptibles de participer aux Championnats d?Afrique et les potentiels sélectionnés de 14 à 17 ans qui pensent déjà aux Jeux de la Commission Jeunesse et Sports de l?Océan Indien (CJSOI).

À la fin du mois de novembre, la FMJ a proposé au ministère des Sports une nouvelle stratégie de développement du judo à Maurice. Louable initiative. Selon ce document, elle s?engage à développer le judo de haut niveau, à se concentrer sur la formation des jeunes et des entraîneurs, à promouvoir la discipline et d?attacher une attention particulière au comité régional de Rodrigues.

Ces nouvelles dispositions qui visent à restructurer le judo mauricien sont, certes, la bienvenue. Mais le plus important reste une nouvelle distribution des tâches au niveau des dirigeants. La famille du judo mauricien a besoin de sang neuf. Gageons que la FMJ saura faire bon usage de l?expérience de nos étoiles retraitées comme Priscilla Chery-Lebon, Marie-Michèle St Louis ou Eddy André. À bon entendeur, salut.

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