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Immigrants illégaux en prison et aucune ingérence indienne

5 juillet 2004, 20:00

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L’express d’il y a un quart de siècle rapporte que les ressortissants indiens ont été conduits à la prison de Beau-Bassin et que le haut commissaire indien, Kailash Chandra, dément avoir commis la moindre ingérence dans les affaires mauriciennes.

Le jeudi 5 février 1979, les ressortissants indiens arrivés à Maurice, le jeudi 28 juin précédent, en caressant l’espoir de pouvoir y trouver du travail dans l’industrie sucrière, embarquent à Plaisance en vue de leur rapatriement. Au fur et à mesure que se déroulent les opérations d’embarquement, ils commencent à s’agiter en exigeant la présence, à bord de l’avion, d’un certain Dr Premila qu’ils accusent de leur avoir extorqué de l’argent. Le chahut devient tel que bientôt les activités aéroportuaires ne tardent pas à être pratiquement paralysées. Les autorités portuaires doivent faire appel à la Riot Unit. Celle-ci ne parvient pas à faire entendre raison aux immigrants refoulés. Le commandant de l’avion d’Air Mauritius hésite à décoller dans de telles conditions. La police n’a pas d’alternative à conduire manu militari les Indiens ainsi refoulés à la prison de Beau-Bassin.

L’interpellation de ces ressortissants indiens continue à faire des vagues. Le haut commissaire indien doit démentir s’être immiscé dans les affaires internes mauriciennes. Il explique à l’express que, le dimanche 1er juillet 1979, à Goodlands, il a fait appel, non pas à l’unité de l’ethnie hindoue, mais bien à celle de la population mauricienne. Il en veut pour preuve l’enregistrement de son intervention.

M. Kailash Chandra explique avoir fait l’historique de la colonisation de l’Inde par les puissances colonisatrices européennes. Celle-ci a occasionné la désunion de la population indienne et a facilité le pillage d’immenses richesses d’où l’émergence de la pauvreté. Celle-ci occasionna le départ d’un grand nombre de travailleurs agricoles. Les descendants de ces derniers constituent, aujourd’hui encore, 70% de la population mauricienne.

Aux Mauriciens d’origine indienne, il a dit qu’ils doivent être fiers d’appartenir à une nation de durs travailleurs, honnêtes et ne cherchant pas à exploiter leurs semblables ni à asservir d’autres peuples, à les coloniser ou pire encore à les réduire à l’état d’esclavage. Il est fatigué d’entendre ces sempiternelles références à l’appellation de “descendants de coolies”. Celle-ci peut créer en ceux qui les invoquent un complexe d’infériorité. “Dans vos veines coule le sang d’une nation laborieuse et industrielle”.

L’express rappelle que, dans le temps, feu Sookdeo Bissoondoyal a vertement critiqué une déclaration semblable à celle faite par M. Chandra. Elle était l’œuvre d’un autre haut commissaire de l’Inde à Maurice, à savoir M. Sharma.

Le Mauricien du jour maintient, pour sa part, son information de la veille. Il en rappelle d’abord le contexte. Prenant la parole, lors du 15e anniversaire de la section de Goodlands de l’Arya Samaj, le Premier ministre mauricien fait appel à l’unité des hindous face aux ennemis de cette communauté. Il met en garde les hindous que Maurice ne devienne pas une autre Guyane où le pouvoir a été enlevé des mains de leurs coreligionnaires dans ce pays. Le haut commissaire de l’Inde a fait référence à l’avertissement de Seewoosagur Ramgoolam : “Tout ce que avez entre vos mains risque de s’envoler sans l’unité… Une fois perdus, vos droits ne pourront pas être restaurés”. Le Mauricien affirme posséder lui aussi un enregistrement de l’intervention de M. Chandra d’où la confirmation de son information.

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