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Images sans complaisance
Laval Plaiche, d?un revers de la main, enlève une légère couche de poussière de son appareil photo et sur son magnétoscope, précautionneusement posés dans une pièce de sa maison.
Devenir photographe et ensuite réalisateur, c?était l?ambition de Laval depuis qu?il faisait le perchiste avec un restaurateur qui faisait aussi des films vidéo dans les mariages, les cocktails ou lors d?autres grands événements.
?Comme c?était une nouvelle technologie qui coûtait cher, peu de gens pouvaient y prétendre. Et j?en profitais également pour apprendre à manier en même temps un appareil photo.?
La persévérance et la détermination de Laval pour réussir dans ce domaine, le poussent à faire plus d?efforts et de sacrifices. Un an plus tard, il achète une caméra avec l?argent qu?il touchait comme assistant pour apprendre les techniques de bases des prises de vues.
Après plusieurs essais dans des fêtes familiales et chez des amis, il finit par se laisser convaincre qu?il faudrait absolument passer par une formation plus poussée pour mieux maîtriser la caméra et le caméscope.
En attendant, Laval prend un immense plaisir à se rendre dans les festivités pour fixer sur pellicule les bons moments vécus par ses amis et ses proches, qu?ils gardent précieusement comme souvenirs.
Au fil du temps, il finit par comprendre que la beauté et la signification des images nettes et précises sont des éléments indispensables pour réussir une bonne photo sous des angles inhabituels.
En 1998, cet habitant de Grande-Montagne prend sa valise, débarque à Maurice et profite du passage du consultant français Michel Virney dans le domaine de l?audiovisuel à la Mauritius
Film Development Corporation (MFDC) pour élargir ses connaissances. Après ce stage de formation, Laval ne tarde pas à découvrir qu?il a le potentiel de développer ses talents de réalisateur.
Pour son premier essai, il s?inspire du quotidien de Rodrigues, son île natale. Il réunit les éléments nécessaires pour réaliser son premier film documentaire dont le titre est ?La femme au travail?.
<B>Conditions inhumaines</B>
Après avoir tenté cette première expérience dans l?audiovisuel, le réalisateur saute sur une deuxième chance qui lui est offerte et cette fois grâce à un atelier de travail plus poussé sur la théorie et la pratique pour les techniques de repérage et les moyens utilisés pour réaliser un court-métrage.
Pour les mettre à l?épreuve, les responsables de cet atelier de travail donnent un délai de deux mois aux stagiaires pour qu?ils réalisent un documentaire.
Témoin de conditions inhumaines dans lesquelles le débarquement se passait à chaque fois que les Rodriguais arrivaient sur le quai à Port-Louis, Laval passait des heures et des heures à cet endroit pour observer toute la scène avant de réaliser son reportage.
?J?ai découvert les souffrances et les peines endurées par mes frères et s?urs rodriguais en arrivant à Maurice?.
Il va braquer son projecteur sur ce problème pour contribuer à changer la situation.
Ce documentaire-témoignage ouvre la porte du succès pour le photographe-réalisateur. Il obtient le premier prix parmi les douze participants à cette compétition. L?appétit vient en mangeant, dit-on.
Il ne tarde pas à fouiller dans les archives pour un autre documentaire et recueillir des témoignages auprès des aînés pour un court-métrage sur la préparation d?un mariage à Rodrigues.
Son effort n?est pas vain. Il participe a un concours organisé par Radio France d?Outre-mer (RFO) à l?île de la Réunion.
Quelques mois plus tard, il s?engage à faire un tournage sur la vie des pêcheurs.
Séduit par la beauté de la mer et animé par le désir de la protéger, le réalisateur-photographe reprend tout de suite après son caméscope pour sensibiliser les enfants à la nécessité de protéger le lagon.
Touché par la misère criarde qu?il découvre à Cité-Patate à Rodrigues, Laval y retourne après une visite pour un tournage sur ?Les enfants de Cité-Patate?.
Ce court-métrage n?échappe pas aux yeux du jury qui siége pour désigner le meilleur candidat pour le Festival du court-métrage. Il obtient le premier prix pour sa première participation à ce concours.
En 2002, Shoals, une organisation non gouvernementale (Ong) basée à Rodrigues, dont une des activités est de sensibiliser les jeunes à l?écologie marine, le sollicite pour un documentaire.
Il obtient une aide financière de l?Union européenne pour aller de l?avant avec ce projet. L?objectif est d?informer les jeunes et les habitants à travers des présentations sur l?écosystème à Rodrigues.
En 2003, l?Union européenne finance un autre projet à Rodrigues. Cette fois, c?est pour décrire la vie des piqueuses d?ourites et les dégâts causés par cette pratique à l?environnement marin. Il participe une nouvelle fois au Festival des films insulaires qui s?était tenu à Mont-Lubin.
Laval qui veut toujours aller plus dans sa quête de reconnaissance pour le travail bien accompli, n?hésite pas à faire acte de candidature au Festival International des Films Insulaires qui a eu lieu en France. ?J?ai beaucoup appris de ces échanges?, reconnaît-il, modestement.
Après ce parcours jalonné de succès, Laval est sûr d?une chose. Il va rencontrer des difficultés pour son documentaire sur la pauvreté à Rodrigues et pour en expliquer les raisons et ses conséquences.
?J?aime laisser parler ma sensibilité. C?est pour cette raison que je déteste être censuré?, dit-il.
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