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Ils sèment à tout vent
Soondiren Murthen, Nadesh pour les intimes, employé comme laboureur sur l?établissement sucrier de Riche-en-Eau, rentre chez lui à vélo, à Batimarais après une dure journée de travail au champ.
Arrivé épuisé à un endroit précis, en fait tout près d?une rivière de la localité, il s?arrête sous un arbre, pour souffler u peu. Il découvre alors, sur un amas de terre et des résidus organiques, une grosse boîte dans laquelle poussent du thym. Il ramasse quelques poignées de terre dans un sac en plastique avant de rentrer chez lui pour tenter une expérience avec ces résidus organiques. Il pense à faire pousser dans des sacs en plastique, des oignons, des échalotes et du thym.
Soondiren fait part de ses idées à son épouse Anuradha, qui travaillait à cette époque, en 2001, dans une firme privée. A cette époque, la propriété sucrière de Saint-Aubin proposait son plan de retraite volontaire (VRS). Son époux va en profiter.
Ensemble
Anudhara trouve lumineuse l?idée de son époux, qui cherchait, en même temps, un autre moyen pour poursuivre ses activités professionnelles dans le domaine agricole. ?Mo fine encouraz li et mo dir li qui li ki si so prozé reussi enn zour nou capav travay ensam?, raconte Anuradha, émue.
Soutenu par sa famille, Soondiren ne tarde pas à se lancer. Il investit dans l?achat de sacs en plastique, des fertilisants, de résidus de la canne, de la bagasse, de l?écume et des pesticides.
Il choisit comme espace, le toit de sa maison, un endroit bien ensoleillé pour produire des plantules saines, robustes avec des racines bien développées.
?Mo fin bizin invente mo propre formule?, raconte Soondiren.
En attendant de trouver la bonne, le cultivateur entreprend des démarches pour étendre son projet sur une plus grande superficie. Il négocie un terrain à bail. Sa demande est acceptée.
Son épouse quitte son emploi pour lui prêter main forte. Anuradha se réveille de bonne heure. Direction Château-Bénarès pour mettre en terre des boutures de thym. ?C?était difficile au début, mais avec le temps je m?y suis habituée?.
Aujourd?hui, c?est d?une main experte qu?elle traite ses plantes, irrigue et applique les fertilisants, de manière rigoureuse, avant de les transférer à Batimarais. La famille Murthen a fini par faire de cette culture l?une de ses principales sources de revenus en livrant des bottes de thym dans les supermarchés et à travers l?île, par leurs propres moyens de transport.
La pub, qui se fait de bouche à oreille, marche impeccablement. Les Murthen n?ont pas pour autant la grosse tête. ?Nou fer tou pou ki nou pas gagn repros?, insiste Soondiren. D?où la décision de placer une étiquette sur chaque plante pour conseiller aux clients les précautions à prendre avant la transplantation des semences.
? Je leur conseille de bien les arroser et d?appliquer avec rigueur les pesticides et d?enlever les herbes qui commencent à envahir le terrain?.
Pour que son business soit plus rentable à long terme, Soondiren a déjà un plan. Chercher d?autres endroits pour cultiver sur une plus grande superficie. ?Je suis convaincu que je vais réussir?, dit-il avant de conseiller aux jeunes sans emploi de prendre l?initiative et de lancer une petite entreprise.
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