Publicité
Ils racontent les sévices qu?ils auraient subis
Par
Partager cet article
Ils racontent les sévices qu?ils auraient subis
Des cagoules, des couteaux, des coups? Tant de coups qu?ils en perdaient connaissance. Des personnes qui affirment avoir été victimes de brutalités policières ont apporté leur témoignage hier lors d?une fonction organisée par l?ONG Justice samedi. Toutes n?ont pas ?dénoncé? uniquement l?équipe de l?inspecteur Raddhoa, mais aussi d?autres unités de la police.
?Zot inn met enn kagoul lor mo latet. Zot inn met mwa touni lor latab. Zot inn bat mwa ziska mo perdi konesans. Zot inn met dilo fre lor mwa pou revey mwa. Zot inn rebat mwa enkor.? Dewa Subbaroyan, père d?un des suspects dans le hold-up à la Mauritius Commercial Bank (MCB), raconte ainsi sa rencontre avec les hommes de la Major Crime Investigation Team (MCIT) en octobre 2005.
Ils sont nombreux à se joindre à lui pour qualifier cette expérience de dégradante et humiliante. D?aucuns disent garder des séquelles physiques de leurs expériences. Tous affirment, en outre, qu?ils souffrent encore des traumatismes psychologiques engendrés par ces ?traitements inhumains?.
Roland Saïd explique avoir été victime d?une erreur sur la personne. Il aurait été arrêté par les hommes de Raddhoa alors qu?il marchait à Curepipe. Le surintendant le tenait, dit-il, pour responsable de l?agression de son frère. Une fois au poste, il aurait été battu de 14 heures à 18 heures. Il aurait, en outre, été victime d?intimidation et de chantage. Ce qui, dit-il, lui a valu deux jours à l?hôpital avec une côte cassée et un pied contus. De plus, il aurait eu à payer une amende de Rs 2 000 pour le canif qu?il avait en sa possession.
Michael Wing Tin dit, lui, avoir subi le même sort le jour de son mariage. Des officiers de la Criminal Investigation Division (CID) se seraient ensuite rendu compte qu?ils s?étaient trompés de personne mais auraient continué à le rouer de coups. Et cela, en plein jour, au marché de Port-Louis.
Jerry Cadine aurait, lui, été cagoulé et battu par la CID de Curepipe après qu?un voleur l?eut identifié comme son complice. Un autre témoin a, pour sa part, raconté comment quatre frères, dont un policier, sont montés dans son bus pour l?agresser avec un couteau et lui donner des coups. Ils auraient même menacé de lui trancher le sexe avant de l?emmener au poste de police le plus proche pour le battre. Il affirme qu?ils n?ont pas voulu le conduire à l?hôpital. Ce qu?ils ont maintenu avoir fait, plus tard, en cour. Le policier, précise-t-il, a, par la suite, était suspendu pour avoir accepté un pot-de-vin de Rs 500.
Pour sa part, Justice tient le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, pour premier responsable d?une situation devenue intenable. ?C?est lui qui est responsable de la conduite de la police et il n?arrive pas à contrôler ses officiers?, a fait remarquer un membre de l?ONG, Me Jean-Claude Bibi. La Commission nationale des droits de l?homme (CNDH) a aussi été mise en cause. Justice a notamment voulu savoir pourquoi la CNDH ne demande pas au DPP des précisions sur les raisons pour lesquelles il n?a pas jugé bon de poursuivre des policiers trouvés coupables de violations des droits humains. Me Bibi a aussi fait remarquer qu?une des responsabilités de la CNDH est de relever les obstacles qui empêchent chaque citoyen de jouir pleinement de ses droits. Et, estime-t-il, la Commission n?assume pas ses responsabilités. Selon lui, les magistrats, les gouvernements, et le président de la République fautent également en gardant le silence.
Justice a ainsi présenté une liste de mesures visant à ?arrêter la violence policière et la torture?. Respect du ?droit au silence?, suspension et arrestation d?officiers impliqués dans la mort d?un suspect, enquête pour découvrir où les ?instruments de torture?, tels les cagoules et les appareils d?électrochocs sont cachés font notamment partie des points soulevés.
Publicité
Publicité
Les plus récents