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Ils prennent soin des morts que nous prions

1 novembre 2008, 01:00

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Ce dimanche 2 novembre, donc demain, les familles catholiques, toutes générations confondues, seront réunies «dans le souvenir de ceux qui les ont précédés dans la vie et dans la mort». S?il y en a bien deux qui sont aux petits soins pour nos défunts toute l?année, 24 heures sur 24, ce sont les frères Elie ? Eric et Wesley. Voilà quelques années déjà qu?ils ont pris la relève de leur père Roger, qui lui-même avait succédé au sien, à la tête de l?entreprise de pompes funèbres Elie & Sons Ltd. «Nous faisons tout de A à Z. Nous prenons tout en charge depuis le décès de la personne en clinique ou à l?hôpital jusqu?à l?enterrement ou la crémation», explique Eric Elie.

Mais, à force de côtoyer les morts à longueur de journée, ne pensent-ils pas sans arrêt à? la mort ? Eric Elie est catégorique : «Non. Quand on ferme la porte, la vie continue.» Puis nuance? lorsqu?il enterre un jeune ou une connaissance, il lui arrive d?y penser pendant plusieurs jours. Ce qui l?aide à continuer ? De se dire que «les pompes funèbres sont un business comme un autre». Mais un business où lorsque l?on fait appel à eux, c?est toujours dans des situations pénibles. C?est pour cela qu?il est impératif d?être toujours courtois et à l?écoute des clients. «On leur présente toujours nos sincères condoléances lorsqu?ils nous appellent. Même si nous sommes dans les pompes funèbres?»

Si les fils Elie n?ont pas «honte» d?être dans ce métier, est-ce aisé de recruter ? «Non, c?est un métier comme un autre». La condition sine qua non est de ne pas avoir peur des morts, bien sûr. Et lorsque vous postulez comme chauffeur chez Elie & Sons, il est bon de savoir, que vous serez amené, certes, à conduire un corbillard mais également à baigner et habiller les morts.

Mais, à part croire quelqu?un sur parole quand il vous dit qu?il n?a pas peur des morts, comment vérifier ? «Nous les faisons assister à des enterrements et nous les observons. Nous voyons tout de suite s?ils sont à l?aise.» Le test ultime ? «S?il arrive à habiller la dépouille.» Car cela va de soi, un mort ne s?habille pas de la même façon qu?un vivant?

Comme les pompes funèbres sont «un business comme un autre», les frères Elie misent beaucoup sur l?innovation. Après les «white ladies» et les «white men», ils espèrent concrétiser l?an prochain un projet qui leur tient à c?ur : une chapelle ardente. «Cela aiderait ceux qui vivent en appartement car il est très difficile de faire entrer un cercueil dans un ascenseur? Il manque vraiment une chapelle ardente à Maurice», souligne Eric Elie. Ce projet viendrait compléter la panoplie de services offerts par l?entreprise. Et bien sûr, cela a un prix. «De Rs 4 500 à Rs 90 000.» Bien que les gens aujourd?hui, «veulent donner ce qu?il y a de mieux à leur proches qui partent».

Et, si vous ne voulez pas «laisser vos proches dans l?embarras», il est possible d?opter pour un «plan financier à long terme», de funérailles «pré-payées».

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