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Ile fragile...

28 février 2007, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Coupures d’électricité et de téléphone, routes et ponts submergés, arbres cassés, tôles arrachées, maisons inondées, récoltes détruites, pirogues coulées... Voilà le lot de dégâts que risquent chaque année de laisser derrière eux les cyclones. Chacun fait son maximum pour s’y préparer, mais la violence de tels phénomènes naturels a toujours le dernier mot.

L’environnement naturel de certaines régions de l’île en fait des zones plus fragiles et ainsi, elles connaissent des dégâts plus importants. Les rivières débordent, la mer se déchaîne, les eaux s’écoulent depuis les montagnes. Mais l’état des infrastructures routières joue également un rôle : les routes se transforment en rivières, les carrefours en mares et les trottoirs deviennent de véritables fontaines. Certaines régions deviennent alors des zones isolées du reste de l’île durant des jours, les routes d’accès devenant souvent impraticables, mettant souvent en péril la vie des citoyens.

Lorsque l’alerte cyclonique est levée, la plupart des Mauriciens reprennent leurs activités, sans se méfier des dangers et adapter leurs conduites aux conditions météorologiques. C’est à ce moment-là qu’arrivent de nombreux incidents : électrocutions, noyades et accidents de la route.

Mauvaise visibilité, routes non éclairées, glissantes et mouillées, de nombreuses branches et arbres arrachés obstruant les voies, autant de risques sur la route envers lesquels la population doit être prudente. Cette année encore, on a pu voir des accidents mortels suite aux effets du cyclone. “Les usagers de la route doivent s’adapter aux intempéries, que ce soit la pluie, le brouillard, ou même le soleil... et ils doivent prendre des précautions en fonction du climat qui prévaut”, explique le chef inspecteur Ben Buntipilley.

Certains lieux de notre réseau routier sont connus pour être vulnérables et l’objet d’inondations. Ces endroits appellent à une grande prudence de la part des usagers. Que ce soit au radier de Macondé, Baie-du-Cap, à Bras d’Eau, Poste Lafayette ou au Pont Wooton, l’eau déborde souvent et vient recouvrir les routes, comme c’est le cas aussi de la plupart des routes côtières. La houle amène avec elle des algues et autres obstacles glissants qu’elle laisse sur la route.

“Au radier de Baie-du-Cap, à Macondé, des imprudents n’écoutent pas les conseils de la police et traversent. Ils ne se rendent pas compte des risques qu’ils encourent. Même si le niveau d’eau n’est pas haut sur le pont submergé, la pression de l’eau qui descend de la montagne peut pousser un véhicule, c’est dangereux !” s’insurge Ben Buntipilley.

Des gens en pirogue dans les rues

Les eaux s’accumulent également à certains points du réseau routier où la capacité des drains est dépassée face aux flots de ces inondations. C’est le cas au carrefour de Grande-Rivière menant vers Pointe-aux-Sables ou encore sur la route menant du rond-point du Caudan à Bell-Village. “Il y avait trois pieds d’eau sur la route, les véhicules ne pouvaient pas circuler. L’eau descend de la montagne et se déverse sur la route, comme une rivière”, selon le chef inspecteur de police. Au Morcellement de Chazal, à Flic-en-Flac, on pouvait voir les gens circuler dans les rues en pirogue juste après le passage du cyclone.

De nombreuses routes et ponts à travers l’île devraient être rehaussés, sécurisés par des garde-fous ou l’aménagement de drains plus conséquents. Pourtant, chaque année, en été, les mêmes problèmes d’inondation se posent.

Pendant le cyclone, comme à chaque forte pluie, le radier de Macondé ne peut être franchi. “Ou kone ki kantite mort inn gaign lor radie la ? Sa kantite aksidan... Depi 25 an ena proje pou rezoud sa problem la, me proje la zame inn abouti, peu import ki gouvernman, zot dir li tro cher e zot pa pe fer nangnie”, s’exclame Viswameetre Jugut, caretaker du centre communautaire de Baie-du-Cap. Effectivement le projet de détruire le radier et de le remplacer par un pont est toujours considéré, mais le financement ne suit pas.

L’évacuation des eaux de pluies se fait de façon problématique, spécialement dans les zones urbaines où le béton et le bitume empêchent l’écoulement naturel de l’eau. Des drains ont été prévus pour évacuer l’eau des routes, mais ceux-ci sont bien souvent de capacité insuffisante. Le développement d’un réseau de drains plus important pourrait être une solution aux inondations, ce qui demandera la coopération de nombreuses institutions tels que les municipalités, la Road Development Authority, mais aussi le service de tout-à-l’égout. Les efforts conjoints de ces différents services et un important financement permettront peut-être de subir les futurs cyclones de façon plus vivable.

Maya de Salle ESSOO

Quand la communication passe…

“Gamede” avec ses rafales atteignant 158 km-h a causé quelques dégâts à nos réseaux de télécommunications. Mais des 350 000 lignes téléphoniques du réseau de Mauritius Telecom (MT) seules 8 000 ont été coupées suite au cyclone. Une bonne chose quand on connaît le rôle essentiel que joue la communication dans la réaction aux catastrophes. Les technologies offertes sont le satellite et le câble SAFE. Et comme le précise un porte-parole de MT : “Dans le cas de vents cycloniques de plus de 100 kms-h, on a recours au câble SAFE et la communication est toujours possible tant au niveau national qu’au niveau international. La continuité des liaisons de communications est ainsi assurée.” La mise en service du câble sous-marin SAFE en juin 2002 a révolutionné le secteur des télécommunications à Maurice. En cas de scénario catastrophe, nous ne serons pas coupés du reste du monde. Les fibres optiques contenues dans ce câble ont multiplié les possibilités de communication grâce à une capacité de 120 Gigabits-secondes.

Les nouvelles technologies émergentes telles que le “Global Mobile Personal Communications System” ont permis une meilleure réaction à l’urgence. “Notre réseau est resté opérationnel et nous ne déplorons aucun gros problème”, confirme-t-on au Mahanagar Telephone Mauritius Ltd.

La police est quant à elle déjà dotée d’un système de communication à part entière, qui opère de manière indépendante. Chaque poste de police est équipé de sa propre antenne, ce qui permet de maintenir une communication constante entre les différentes stations. Des radios-téléphones sont utilisées et permettent de contacter d’autres unités telles que la Special Mobile Force, en cas de besoin ou en cas d’urgence.

Premila DOSORUTH

Un réseau électrique inadapté aux cyclones

Aucune coupure d’électricité au plus fort d’un cyclone avec des vents dépassant 250 km-h à Maurice. Une utopie ? Non, si on dispose d’un réseau en majeur parti souterrain. “La technologie des câbles sous terre rend possible un réseau souterrain, y compris pour notre réseau haute tension”, confirme Patrick Assirvaden, “chairman” du Central Electricity Board (CEB). Pour l’instant, seul 6 % de notre réseau électrique est souterrain. Le reste, environ 7 000 kilomètres de câbles, est aérien, ce qui fait qu’il est inadapté à notre climat caractérisé par de fréquents passages de cyclone. “Pourquoi alors ne pas passer à un réseau souterrain, même graduellement, pour éviter un black-out et de coûteuses réparations après chaque cyclone ?” A cette question, le “chairman” du CEB a une réponse qui tient en deux mots : “Trop cher”.

Les câbles et les pylônes électriques du CEB doivent pouvoir résister à des vents de plus de 150 kilomètres. Or, lors du passage de “Gamede”, les rafales ont soufflé à moins de 150 km-h et une bonne partie du réseau a été endommagée. Ainsi, avec des vents de 200 kilomètres, on doit s’attendre à ce la quasi totalité du réseau soit mise hors service. Et dans une telle éventualité, les expériences du passé ont démontré que plusieurs semaines sont souvent nécessaires pour rétablir l’électricité.

Le manque de résistance de notre réseau haute tension vient aggraver la situation. Ce réseau doit pouvoir résister à des vents de 250 km-h. Une partie a été endommagée par des vents de 100 kilomètres du cyclone “Gamede”. Les pertes encourues dans de telles conditions sont énormes pour les entreprises de la zone franche, et catastrophiques pour les centres d’appels.

Remettre en place ces câbles sur les pylônes qui ont tenu et remplacer ceux qui on cédé consiste à reconstruire sa maison en paille, en sachant qu’elle sera de nouveau détruite lors du prochain cyclone. “Nous ne pouvons pas faire autrement, car le câble enterré est sept fois plus cher. Pour certains “integrated resorts scheme”, le CEB a demandé un réseau souterrain auprès des promoteurs. Mais nous ne pouvons pas faire de même pour les morcellements résidentiels. Le terrain coûterait alors trop cher”, explique Patrick Assirvaden.

Le budget du CEB est déficitaire et il n’est même pas question qu’il puisse financer la mise en place d’un réseau souterrain par phase dans les régions les plus vulnérables et sur les points les plus stratégiques. Même pas à Ebène où une mini centrale électrique avec un réseau souterrain pour toute la région a déjà été suggérée. Dans un tel cas de figure, les centres d’appels et autres entreprises auront à suivre les pas de leurs homologues indiens qui sont tous pourvus de coûteux groupe électrogènes pour faire face aux coupures d’électricité quasi quotidienne dans la Grande Péninsule.

Raj JUGERNAUTH

Les endroits à risque

Selon une étude de la police, les routes et régions les plus susceptibles d’être inondées ou l’objet de raz-de-marée sont les suivantes :

■ DIVISION MÉTROPOLITAINE

Terre-Rouge, près du Winners Terre-Rouge, cité CHA Terre-Rouge, Camp La Boue Pont de Terre-Rouge Pailles Bonnefie Canal Dayot GRNW Débarcadère de Pointe-aux-Sables Petit Gamin, Arsenal Route Royale Arsenal, près de Imec Shop Rouillard, Morcellement Illois, Baie-du-Tombeau Complexe NHDC de Cité la Cure et près du pont Auberge de Baie-du-Tombeau

■ DIVISION NORD

Pereybère, près de l’hôtel Anoushka Grand-Baie, près du village hall Camp Caroll, Grand-Baie Dermingham, Triolet Rue John Kennedy, Triolet Cinéma Cassé, Bramsthan Route Trio, Pont Merven, Triolet Route côtière de Trou-aux-Biches, près de l’hôtel Oberoi Pont de Balaclava Plage publique de Anse-la-Raie Route Royale, Poudre d’Or, près de l’hôpital

■ DIVISION EST

Pont Blanc Saint-Remy Cité Hibiscus Débarcadère de Poste-de-Flacq Bel-Air-Rivière-Sèche Médine, Camp-de-Masque Dubreuil Riche-Mare Route côtière, Poste-La-Fayette Route côtière, Belle-Mare Route côtière, Palmar

■ DIVISION SUD

Route Royale, Cité La Chaux Route côtière, près de SSS de Mahébourg Pont de Ferney Vieux-Grand-Port, près du site de crémation Domaine des chasseurs Providence, près du bureau CAB Bois-des-Amourettes, près du village hall Route Royale, Anse-Jonchée Bambou-Virieux, près du terrain de football Pomponette Rivière-des-Gallets Chamouny, près du terrain de football Pont du radier Débarcadère de Baie-du-Cap Saint-Martin, près du pont Baie-du-Cap, près de l’école RCA Route Royale, Rivière-du-Poste Route Royale, Mare-Tabac Route Royale, Cluny Route Royale, Banane Rue Le Bouchon, Carreau Acacia Route Royale, La Flora, près de l’école gouvernementale Route Royale, Grand-Bois, Camp Banane Route Royale, Bois-Chéri, près de l’école gouvernementale

■ DIVISION OUEST

Pont de Petite-Rivière-Noire Radier de Macondé Morcellement de Chazal, Flic-en-Flac Belle-Ile Rivière Bambou Morcellement de Chazal, Albion, près du Kalimaye

■ DIVISION CENTRALE

Route de Belle-Rive à Wooton La Vanille, Réunion, Vacoas Camp Belin Camp Tiffin, Avenue Edoo, Henrietta Cité Mangalkhan à Allée-Brillant Allée Brillant, près du Vidéo Club Jeewan Rue Gustave Bestrel, Forest-Side

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