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?Il faudrait un plus grand consensus sur l?éducation?
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?Il faudrait un plus grand consensus sur l?éducation?
● Que pensez-vous de la nouvelle réforme éducative ?
Je crains qu?avec cette nouvelle réforme, il n?y ait, qu?on le veuille ou pas, une concurrence farouche entre les enfants, poussés par leurs parents qui pensent qu?il faut absolument que leurs enfants aillent dans les neuf collèges nationaux qui ne seront pas à pied d?égalité avec les autres collèges. Je ne suis pas pédagogue mais défenseur des droits de l?enfant. Cela dit, beaucoup de pédagogues ont expliqué qu?imposer une telle concurrence à cet âge-là ? des enfants entre huit et douze ans ? entraînera inévitablement de plus longues heures de travail, beaucoup de leçons particulières. Ce qui constitue malheureusement une violence psychologique de l?enfant.
● Avez-vous pu exprimer votre point de vue au ministre de l?Education, Dharam Gokhool ?
Je suis en contact permanent avec le ministre de l?Éducation. Au cours de la semaine suivant sa nomination, je lui ai fait part de toutes mes préoccupations par rapport à l?éducation. Mais en tant qu?Ombudsperson pour les enfants, mon rôle n?est pas de polémiquer publiquement avec les ministres sur certains sujets.
Il est précisément de conseiller tous ceux qui travaillent avec les enfants, y compris les ministres, en leur rappelant surtout les grands principes de la Convention des droits de l?enfant. L?Ombudsperson for Children?s Act de 2003 précise mon rôle. Il dit, entre autres, que je dois défendre les intérêts des enfants et m?assurer que Maurice, qui a signé et ratifié cette Convention, en respecte les clauses. J?ai écrit un article paru dans l?express du 4 janvier dans lequel j?ai rappelé les grands principes de la Convention et où j?ai aussi dit que si l?on respecte le principe de la non-discrimination et celui de l?intérêt supérieur de l?enfant, on ne peut se tromper. C?est à partir de là que tout découle.
Le même jour, j?ai aussi envoyé au ministre de l?Education une copie des deux articles de la Convention qui traitent de l?éducation. L?article 28 1 (b) dit que les Etats signataires doivent encourager l?organisation de différentes formes d?enseignement secondaire, tant général que professionnel, et qu?ils doivent ouvrir et rendre accessibles ces formes d?enseignement à tout enfant. Il y est aussi question de la gratuité de l?éducation. L?article 29 1 (a) stipule que l?éducation sert à favoriser l?épanouissement de la personnalité de l?enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques dans toute la mesure de ses potentialités. Il faut garder tous ces principes à l?esprit.
● Que préconisez-vous ?
J?aurais été en faveur d?un plus grand consensus sur cette question. En lisant les journaux, il est évident qu?il y a deux camps. Sur une question aussi fondamentale que l?éducation, on ne peut faire l?économie d?un consensus. J?attends les précisions du ministre de l?Education prévues pour jeudi mais je lui fais un appel pour qu?il trouve tous les moyens possibles de s?assurer que les intérêts supérieurs de tous les enfants soient respectés, notamment leur santé physique et psychologique, de même que la qualité de l?éducation qu?ils reçoivent, et ce, sans discrimination. Pour moi, l?important est de savoir de quel genre de société nous voulons demain. Ce moment est extrêmement important car nous préparons nos jeunes citoyens qui reprendront le pays dans une quinzaine d?années.
Ce qui m?intéresse le plus, c?est de savoir si l?on va pouvoir former nos citoyens de demain à la vie. S?ils seront équipés, pas seulement sur le plan scolaire, pour répondre aux défis de ce nouveau siècle. Toutes ces questions me préoccupent. Je pense que le ministre doit faire le maximum pour respecter le principe de l?inclusive education et s?assurer qu?il y aura de moins en moins d?enfants boutés hors du système éducatif. Cela ne sert à rien de s?émouvoir quand on voit la situation sociale actuelle : elle est dramatique en termes de violence à l?égard des enfants et de violence entre eux. Tout le monde sait que l?éducation est la clé de toute politique de prévention de la violence.
Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE
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