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Il est venu le temps de la cathédrale

14 juin 2007, 00:00

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Sur un banc habitué aux âmes recueillies, un pot de peinture prêt à l?emploi. Les tableaux ont été décrochés, les dorures du chemin de croix recouvertes. Partout, de la poussière de bois et du plastique bleu pour protéger les travaux achevés.

La cathédrale Saint-Louis est sous les échafaudages depuis février. Après cinq mois de travaux, le gros du travail, c?est-à-dire le remplacement des tôles, est terminé à 90 %. C?est au plafond que les ouvriers prodiguent désormais leurs soins. Bilan établi hier par Jean Maurice Labour, administrateur de la cathédrale, lors d?une visite du chantier.

Les portes d?entrée massives sont fermées. Nous contournons l?édifice. Dans un coin de la cour : des feuilles de tôle pourrie, des planches hérissées de clous, du verre brisé. Initialement estimés à Rs 6,5 millions, les coûts des travaux tournent désormais autour de Rs 14 millions.

Traitement anti-termites, installation électrique et sonorisation sont parmi les prochaines étapes à accomplir. La restauration des sept tableaux qui ornent la cathédrale a été confiée à Emmanuel Richon, muséologue, alors que celle des vitraux sera l?ouvrage de Guy Lebfevre, maître verrier de l?île s?ur qui a restauré les églises de Sainte-Thérèse à Curepipe et de Notre Dame de Lourdes à Rose-Hill.

?Rien que la TVA nous coûte Rs 1,8 million et le devis pour les vitraux du fond du ch?ur est de Rs 1,5 million?, précise l?administrateur. ?À ce jour, nous avons réuni Rs 3 millions, il nous reste à trouver le solde.? Alors que marteaux et ciseaux résonnent à la place des cloches, la fin des travaux a été fixée au 25 août prochain, jour de la Saint-Louis. Qui sera suivie en décembre du 160e anniversaire de l?accession de cette église au statut de cathédrale. C?est le 7 décembre 1847 en effet que l?église paroissiale Saint-Louis devient la cathédrale Saint-Louis. C?est en prévision de cette célébration ? et pour des raisons de sécurité ? que la rénovation a été entreprise.

?Une fois qu?on a commencé, on ne peut pas s?arrêter, sinon cela coûtera encore plus cher?, explique Jean Maurice Labour, qui se fait le guide de la visite de ce chantier placé sous la responsabilité de Jean Paul Adam, ancien directeur de General Construction.

<B>Démolie trois fois</B>

Des travaux récompensés par la découverte d?une plaque datée 1752, année du début de la construction de l?église à son emplacement actuel. Elle était auparavant située là où se trouve maintenant la Mauritius Commercial Bank. La plaque porte le nom de Gabriel Igou, premier curé de la cathédrale, dont la pierre tombale a été récemment retrouvée lors des fouilles pour la construction du Hawkers? Palace, à la rue La Poudrière.

Au fil de son histoire, la cathédrale a été marquée par des vagues de rénovation successives. À plusieurs reprises, des cyclones endommagent cette église qui sera démolie trois fois pour des raisons de sécurité. En 1928, elle est à nouveau démolie pour les mêmes raisons. La reconstruction du bâtiment actuel fut achevée en 1933. L?autel qui s?y trouve est celui qui était autrefois à l?église de Sainte-Croix et sous lequel le corps du Père Laval a reposé de 1868 à 1870.

Quand l?Histoire se conjugue au présent. La pierre tombale retrouvée sera installée dans la cour de la cathédrale, le jour de la fête patronale.

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