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Il est soupçonné d?avoir poignardé son épouse
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Il est soupçonné d?avoir poignardé son épouse
Elle croyait avoir trouvé le bonheur. Et c?est la mort que Marjorie Eugène, 21 ans, a trouvée. Le présumé meurtrier, son époux, Jacques, 44 ans l?aurait poignardée à leur domicile, avenue Ollier, Quatre-Bornes, lundi. Il a ensuite ingurgité une certaine quantité de substance nocive.
Margéot Boodiah, âgé de 51 ans et père de la jeune femme, les yeux rougis et la voix remplie d?émotion, explique qu?il s?était opposé à cette union. Mais ?mo pa gagn droi pa dakor, so soi sa.?
Et c?est à deux heures du matin hier qu?il découvre le corps inerte de sa fille. Car celle-ci n?a pas donné signe de vie depuis lundi. Il a même consigné une déposition de ?missing? au poste de police de Stanley.
C?est ainsi qu?il se rend au domicile des Eugène en compagnie de ses proches. Il brise une vitre et ouvre la fenêtre pour pénétrer dans les lieux. Et là, c?est l ?horreur. Sa fille est allongée sur un matelas à même le sol. En enlevant le molleton qui la recouvre, il constate qu?elle porte une profonde entaille au cou et des blessures multiples au corps.
Aussitôt des policiers de Quatre-Bornes arrivent et la Criminal Investigation Division est alertée. L?équipe est suivie du personnel d?une ambulance du Service d?aide médicale d?urgence. Mais le médecin ne peut que constater le décès.
Sur les ordres du Dr Amah Charya Gujjalu, médecin légiste, le cadavre est transporté à la morgue de l?hôpital Victoria, Candos. L?autopsie pratiquée attribue le décès à un ?stab wound to the heart.?
Pour les proches, c?est Jacques, garde de sécurité, qui a fait le coup car il ?avait presque révélé ce qu?il comptait faire?. Au cours d?une conversation avec une tante de Majorie dimanche, il aurait en effet déclaré : ?Mo latet pe fatigue, mo pa kapav sipport sa, mo kapav touy li, touy moi ek sa piti la.? Marjorie est mère d?un garçonnet, âgé d?un an, né de son premier mariage avec Julio Godère.
Rendez-vous avec la mort
La famille Eugène avait élu domicile chez les parents de Marjorie à Stanley. Car leur fourniture d?électricité avait été interrompue à Quatre-Bornes depuis trois semaines.
Et c?est justement pour demander à sa femme de récupérer la carte de pension de son fils, qu?il se rend chez ses beaux-parents, lundi. Il confie la clé de la maison à Marjorie. En fait, le fils de Marjorie reçoit une prestation sociale car son père, Julio, est actuellement en détention.
Marjorie précise ainsi l?heure à laquelle elle se trouvera à leur domicile. Un rendez-vous avec la mort.
Des renseignements obtenus à l?Information Room de la police mèneront les policiers de Bambous à la route Royale de St.-Martin. Ils y découvrent Jacques qui a perdu connaissance. A ses côtés, une fiole qui contiendrait une substance nocive.
Pour Marjona, 23 ans, la s?ur de la victime, ?Jacques ti bien bon, li ti bien kasiet so defo.? Et les parents non plus ne voyaient pas cette union d?un bon ?il notamment à cause de leur différence d?âge. Marjorie ne leur a d?ailleurs présenté son compagnon que trois semaines avant son mariage. Mais Marjorie persiste : ?malgre ki li pa ousi joli mo kontan li, mo kone ki li kontan moi e li bien mature.? Devant son insistance, ses parents ont fini par céder.
Sa cousine, Priscilla, est une des rares personnes à qui Marjorie confiait ses états d?âme. Selon la jeune fille, Jacques serait excessivement jaloux. ?Il surveillait presque tous les mouvements de sa défunte femme ?, confie Priscilla. Il semblerait ainsi que Jacques avait du mal à gérer sa colère et digérait mal les bonjours des habitants du quartier envers sa femme.
Priscilla se souvient encore que Marjorie avait eu une violente prise de bec avec son époux pour avoir infligé une gifle au fils de ce dernier, âgé de six ans. Elle se rappelle avoir rencontré Jacques sur la route et lorsqu?elle lui avait demandé ce qui n?allait pas, Jacques lui aurait répondu : ?Pou mo pa bizin fer krim mo sorti mo ale?.
Marjorie était issue d?une famille de quatre enfants, trois filles et un fils. Elle a été scolarisée jusqu?au Certificate of Primary Education. Sa cousine Priscilla la décrit comme une femme très douce et réservée. Elle avait une passion pour la musique du genre ragga et slow.
Marjorie a travaillé pendant sept ans à l?usine Aquarelle de St-Anne. Après son licenciement, raconte sa cousine, elle n?a pas cessé de faire la navette entre cette usine et son domicile pour toucher une indemnité de Rs 5 000 vendredi dernier.
Les funérailles de Marjorie Eugène ont eu lieu hier après-midi à l?église de Ste-Odile à Camp-Levieux. Elle a été inhumée au cimetière de St.-Martin.
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