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Ifa Bayeza, la vraie voix d??Amistad?
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Ifa Bayeza, la vraie voix d??Amistad?
ET SI les seconds couteaux avaient finalement plus de choses à dire ? Voilà qui prend Spielberg et Hollywood à rebours. Ifa Bayeza, écrivain, scénariste et productrice, elle, a senti le vent tourner. A sa sortie en 1997, le film Amistad a marqué les esprits. Mais quand les lumières se sont rallumées dans la salle obscure Ifa Bayeza? qui a été directrice pendant six ans du Duncan YMCA Chernin Centrer for the Arts à Chicago, membre du conseil d?administration du African Grove Institute for the Arts? est restée sur sa faim.
Les gros plans sur le héros, Cinque, lui ont semblé surfaits. Dans la cale du négrier Amistad, ce sont cent cinquante désespoirs, cent cinquante souffrances, cent cinquante chairs meurtries qui ont traversé l?Atlantique. Alors, pourquoi un seul cri ? Celui de Cinque, le meneur des victimes des esclavagistes cubains.
Ifa mène sa propre enquête. A Chicago où elle vit, elle a entendu parler du projet de film avant sa sortie. Mais s?attaquer au sujet choisi par un géant du cinéma américain, il fallait oser. Son angle : la richesse de l?expérience de groupe. ?L?épisode historique d?Amistad est l?un des plus documentés de toute la période de l?esclavage. Cette période se caractérise par la perte de repères, d?identité. Le procès pour décider du sort des esclaves du navire Amistad est une exception qui a permis de recueillir des témoignages à la valeur inestimable.?
Trois ans durant, Ifa Bayeza parcourt les procès-verbaux, les lettres de Cinque et de ses compagnons. Pour faire émerger la voix cristalline de Margru, une enfant de 9 ans qui faisait partie du cargo de chair humaine ballotté d?Afrique en Amérique par l?Amistad. ?Pour moi, elle a la voix la plus pure, la plus éloquente de ce groupe de captifs. Alors que des adultes autour d?elle, se suicident pour échapper à leur condition, elle garde espoir, avec cette naïveté touchante propre aux enfants. Comment a-t-on pu ignorer ce qu?elle avait à dire ??
Faire résonner la voix des sans-voix. Une démarche payante pour Ifa Bayeza depuis la création de la pièce Amistad Voices en février 2000 au Chernin Center for the Arts de Chicago. Une ?uvre classée parmi les vingt-cinq meilleures pièces présentées à Chicago en 2000 par le Gay Chicago Magazine. Amistad Voices tourne toujours aux Etats-Unis. Elle a été reprise en juillet 2003 au Chicago Shakespeare Theater à l?occasion de la visite de la réplique de l?Amistad.
L?auteur, qui anime régulièrement des séances de lecture de son ?uvre, a eu l?occasion de le faire à Maurice le mois dernier. Invitée à la fête de fin d?année de la Mauritian Writers? Association, Ifa Bayeza a profité de l?occasion pour lire Amistad Voices pour la première fois en terre étrangère. ?La réaction de ceux présent a été très positive. Un organisateur de spectacle a même émis le souhait de monter la pièce localement.?
Musique afro-américaine
En attendant, Ifa Bayeza profite de l?hospitalité de sa s?ur Bisa Williams, chargée de mission adjointe à l?ambassade des Etats-Unis à Maurice. Ce qui ne l?empêche pas de plancher sur le livre qu?elle co-écrit avec son autre s?ur Ntozake Shange. Roman intitulé Some Sing, Some Cry, l?intrigue s?attache à l?histoire et l?influence de la musique afro-américaine, en filigrane dans l?histoire d?une famille racontée sur sept générations. De Josephine Baker à Alicia Keys en passant par Tina Turner, Chakka Khan et Janis Joplin, ce sont les destinées des femmes de la famille Mayfield qui servent de support à une rétrospective magistrale de la black music.
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